Paradoxalement, Stefan Zweig, adieu l'Europe ne va intéresser que les admirateurs de la prose ciselée de l'auteur viennois et hélas rien ne leur apprendre de nouveau au fil d'un récit qui raconte de façon morne l'exil et l'errance d'un écrivain qui a fui le nazisme et la guerre. La question de l'engagement des intellectuels face à la barbarie est bien abordée mais sans passion, comme s'il fallait coller à l'humeur de Zweig dans les 6 dernières années de son existence entre le Brésil et New York, en passant par Buenos Aires. Sa vie sentimentale occupe également une partie de son film, sans qu'on y voit un véritable intérêt mais rien ou presque sur son métier d'écrivain. Pourtant, la prestation de Josef Hader est des plus convaincantes et l'on se réjouit de revoir la grande Barbara Sukowa. Mais la mise en scène est tellement plate qu'elle ne suscite, la plupart du temps, qu'un profond ennui. Mieux vaut (re)lire les nouvelles et biographies de cet immense auteur du XXe siècle.