On est tout de suite happé par cette aventure très brute, dénuée de dialogue et filmée au plus près de sa protagoniste. Comme Robert Redford dans All is Lost, Susanne Wolff capte à elle seule l’attention du spectateur grâce à la force de son personnage et à son jeu particulièrement juste. Elle est très bien aidée par la réalisation qui filme au plus près son odyssée et son combat face aux éléments.
Lorsque Rieke se retrouve subitement confrontée à la civilisation, l’intérêt redescend d’un cran. L’idée d’aborder la problématique des migrants clandestins sous l’angle d’un survival aurait pu être originale, mais pour peu qu’on suive l’actualité, on est en terrain malheureusement connu. Le réalisme quasi documentaire de ce voyage cède place à des situations quelque peu téléphonées, qui s’enchaînent mécaniquement pour illustrer la grande hypocrisie et l’inhumanité avec laquelle sont traités les migrants clandestins. Certes, le réalisateur Wolfgang Fischer tente d’universaliser la question des migrations, en orientant son récit sur l’océan Atlantique vers l’île de l’Ascension, dont la végétation a été artificiellement « repeuplée » par Charles Darwin au 19ème siècle, mais on a quand même l’impression qu’il raconte une situation quotidienne en Méditerranée.