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le 4 juil. 2025
SuivreLa mère adoptive maléfique...
Un frère et une sœur, placés chez une nouvelle mère adoptive dans une maison isolée, découvrent un rituel terrifiant qui bouleverse leur réalité et les confronte à des forces...
Soul qui pleut (100 % spoiler)Et voici donc cette critique qui va clôturer mon rattrapage 2025 ; et pour finir l'année en beauté, un film qui parle de la maltraitance enfantine : je pense que c'est plutôt un bon programme.
Aujourd'hui, il sera question de Substitution (Bring Her Back en VO) ; et pour le coup, que ça soit le titre français ou le titre original, les deux capturent très bien ce qu'est le film dans deux sens différents ; et ça, c'est plutôt intéressant sans trop en dire non plus, même si on se voit dès que tu comprends le principe : finalement, l'un comme l'autre, le titre spoil le film.
Alors, je vois que c'est réalisé par deux frères, les frères Philippou : je ne les connais absolument pas ; c'est la première fois que je vois un de leurs films et ce n'est pas leur premier film.
Résumé de l'histoire : un frère et une sœur, suite à la mort de leur père, vont être placés dans une famille d'accueil qui est plutôt une femme seule d'accueil.
Qui elle-même a perdu sa fille il y a quelques temps ; et cette dernière va très vite commencer à agir étrangement et tout faire pour piéger le grand frère pour s'accaparer la petite sœur.Comme toutes mes critiques sont avec spoiler, autant rentrer dans le vif du sujet : cette femme veut juste ramener à la vie sa fille morte grâce à un rituel occulte qui est sur des cassettes qu'elle regarde, de vieilles VHS qui semblent contenir une sorte de rituel pour échanger et ramener l'âme d'un mort dans le corps d'un vivant.
Pour cela, l'être vivant doit, je pense, ressembler ou avoir des attributs identiques à la victime et surtout mourir de la même façon.
Et ça tombe bien : la jeune sœur, tout comme la fille de cette femme, est non voyante ou plutôt malvoyante.
Tout le film tourne autour de ça ; et autre élément important : c'est que, pour transférer ou remettre l'âme d'un mort dans un nouveau corps, il faut qu'il y ait une sorte de corps messager.
Tu auras comme responsabilité de manger la chair du corps mort pour la faire avaler au corps vivant : c'est comme ça que le rituel doit marcher.
Et cet individu, eh bien, c'est aussi un enfant, un jeune enfant disparu qu'elle retient prisonnier et dont elle semble avoir le contrôle tant qu'il est dans la zone marquée par un cercle blanc ; et ça tombe bien, toute la maison ainsi que les alentours de la maison est entourée d'un immense cercle blanc.
Tous les éléments réellement horrifiques, voire même body horror, vont arriver par rapport à ce jeune enfant vu que c'est limite une espèce de pantin un peu zombifié : c'est à lui qu'il va arriver les choses les plus graphiques.
Genre se planter un couteau dans la bouche et s'ouvrir la lèvre avec, en s'éclatant une dent.
Genre se manger le bras.
Le film, à ce niveau-là, ne nous épargne rien : chaque scène est montrée face caméra.
Mais n'allez pas pour autant penser que c'est un film juste gore car, concrètement, c'est tout ce qu'il y a : juste ces deux scènes où ce corps, cet enfant, se mutile.
Le reste, c'est plutôt de l'horreur psychologique parce que, eh bien, le message principal du film, c'est comment faire son deuil.
Que ça soit le frère et la sœur qui doivent faire le deuil de leur père ou bien celle qui les accueille, la méchante donc, qui doit, elle, faire le deuil de sa fille et qu'elle n'arrive pas à faire, fatalement.
Mais plus que ça, ça parle aussi de l'enfant de substitution : c'est pas pour rien que le titre français est comme ça ; c'est peut-être même le meilleur titre, finalement, vu que je pense que les deux mots se disent la même façon.
Mais oui, il y a aussi cette thématique de la substitution après un deuil : elle voit en la jeune sœur sa fille ; tout le film est une métaphore par rapport à ça, finalement : c'est rendre fantastique un élément qui est psychologique.
Elle transpose les souvenirs de sa fille avec une autre personne qui lui ressemble, sauf que c'est poussé à l'extrême ; et ils ont créé un concept horrifique qui va avec : ça me rappelle le film que j'ai vu il n'y a pas si longtemps que ça par rapport au mariage, qui lui aussi avait transformé un concept simple en quelque chose d’horrifique.
Et puis bien sûr, il y a cette volonté de ne pas accepter la mort et de vouloir ramener l'être cher : c'est ce qui va driver tout le film, finalement ; cette femme va se noyer dans sa douleur au point de se perdre elle-même et de faire du mal à ce qu'elle n'aurait jamais fait avant, c'est-à-dire les enfants.
Elle va tuer le grand frère, traumatiser à vie la petite sœur et faire subir des choses horribles au petit garçon qu'elle a kidnappé.
Tout ça dans l'espoir de pouvoir à nouveau être avec sa fille.
En quoi le film a un côté mélancolique, il a un côté salement poétique : ça, c'est l'horreur qui me parle ; je préfère clairement l'horreur de ce style, beaucoup plus psychologique, beaucoup plus dans l'ambiance, qui parle de sujets assez lourds et qui va à fond dedans plutôt que de films un peu cons juste pour du gore, même si je peux aimer ça aussi.
À la fin, la jeune fille survit ; et je sais pas si, finalement, j'aurais pas préféré que le rituel se fasse et que le film se conclue sur la fille de cette femme qui se réveille dans un nouveau corps et ne le supporte pas.
Je pense que ça aurait été une punition bien plus sévère pour le personnage de la méchante que ce qui lui est réservé pour finir son arc : en gros, elle se suicide pour aller retrouver sa fille.
Parce que le film est plutôt radical : comme dit plus haut, le personnage principal, c'est le grand frère ; et pourtant, il meurt : sa mort est plutôt horrible, pas graphique, mais par rapport à son traumatisme vu qu'il a presque maintenant la phobie de l'eau, mourir noyé.
Et d'ailleurs, eh bien, elle qui voulait à tout prix noyer la jeune sœur, elle a noyé le frère ; mais sans se rendre compte que, finalement, elle s'est noyée elle-même depuis longtemps.
Elle n'est déjà plus qu'elle était avant : elle a coulé complètement ; c'est pour ça que utiliser le terme de la noyade est là aussi plutôt intéressant et une bonne métaphore de la transformation du personnage.
Mais surtout, le sujet, comme je disais plus haut, c'est la maltraitance : on apprend que le père du héros et de sa sœur maltraitait le héros ; par exemple, on sait que la méchante maltraite le jeune garçon qu'elle a kidnappé parce qu'elle lui fait subir au quotidien, pas seulement physiquement, mais le fait d'en faire un pantin.
Elle maltraite bien entendu la petite sœur aussi : elle tente de la tuer, elle tue son frère.
Et tout ça, c'est lié au fait qu'il doit sûrement y avoir une critique des services sociaux qui, très souvent, donnent des enfants à des personnes qui ne devraient plus s'approcher d'enfants.
Le film n'appuie pas trop là-dessus et je trouve ça dommage : il aurait peut-être été plus puissant si ce message-là aussi avait été plus important, une critique du système en plus de tout le reste.
Dans sa folie pour ramener sa fille à la vie, le personnage de la mère donc m'a beaucoup fait penser à Sho Tucker, l'un des personnages de Fullmetal Alchemist, surtout dans le premier animé car, dans le manga et dans l'animé canon au manga, à savoir Brotherhood, il meurt juste après son arc, une fois qu'il a tué sa propre fille.
Dans le tout premier animé qui prend des libertés sur le manga, toute la deuxième partie du manga, il cherche à faire revenir à la vie sa fille en créant des corps artificiels et en essayant d'implanter son âme à l'intérieur.
Je trouve qu'il y a un lien entre les deux personnages dans leur obsession et dans le fait qu'ils deviennent fous par rapport à ça.
C'est un film qui prend son temps, qui peut être très dérangeant, plutôt malsain : il y a un côté poétique assez mélancolique ; mais c'est de la bonne horreur : c'est pas de la très grande horreur, mais c'est de la bonne ; ça ressemble pas mal à ce qu'on peut trouver dans le cinéma japonais.
Donc, concrètement, pour finir : oui, je le conseille, ce film ; il est pas très long en plus, il fait à peu près 1 h 44 ; après, si effectivement vous êtes sensibles aux scènes un peu violentes et aux mutilations de corps, passez votre chemin ; malgré tout, il est plutôt impressionnant à ce niveau-là, surtout que c'est fait sur des enfants, pour rappel.
Mais si ça vous dérange pas, si vous voulez voir un très bon film d'horreur, eh bien foncez : voilà, c'était la dernière critique de l'année ; ça donne le moral, il y a pas de doute.
Merci d'avoir lu !
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Créée
le 30 déc. 2025
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