C’est un oiseau ? C’est un avion ?
Non, c’est bien le retour du mythe héroïque le plus connu de notre monde. Un retour attendu, censé raviver (peut-être )la flamme d’un univers DCEU plongé depuis des années dans un purgatoire cinématographique jusqu’à une terrible chute en 2023.
Difficile d’oublier les quelques lettres de noblesse offertes par un seul et unique auteur : Zack Snyder. Un réalisateur pleinement investi, qui a tenté de bâtir un récit épique, puissant, mais imparfait.
De Man of Steel, bancal mais passionnant, à Batman v Superman, fouillis mais ambitieux, jusqu’au trop long mais savoureux Zack Snyder’s Justice League, le réalisateur stylistique aura donné corp et âme afin de pleinement adapter sa vision super-héroïque des plus grand héros du Comics Book.
Après des années de changements de cap, de visions et d’auteurs, la mort du DCEU (2013-2023) a été officiellement actée en décembre 2023. Ses dernière exécution ? Aquaman : Le Royaume Perdu : aussi oubliable que symptomatique d’un univers gâché tout autant qu’un The Flash pullulant de mauvais goût (VFX) et de véritable catharsis de tout les personnages de son univers.
Un univers qui aurait pu rivaliser avec Marvel, tout en proposant une alternative plus sombre, réaliste et connectée.
Mais Warner , refusant de suivre la vision de Snyder , décidèrent de tout balayé, pour tout recommencer. Et c’est ainsi qu’est arrivé James Gunn, le “sauveur” autoproclamé, accompagné de son complice Peter Safran à la production.
James Gunn mérite en partie ce titre. En effet , il a su redonner de l’élan à des franchises à bout de souffle.
Même si The Suicide Squad n’a pas convaincu tout le monde ( votre serviteur) il a surpris, par son ton irrévérencieux, son côté gore (un peu surjoué), et son énergie brute dans un univers devenu fade.
Plus récemment, il a quitté Marvel en beauté avec Les Gardiens de la Galaxie Vol. 3 : probablement le moins abouti des trois films, mais aussi le plus humain.
Un film qui touche par sa sincérité, ses thématiques sombres, ses personnages brisés mais attachants. Un Marvel avec de l’âme, même si l’humour y est parfois inégal.
Finalement, James Gunn, c’est presque une métaphore héroïque à lui tout seul. Un outsider, venu de nulle part, qui s’est imposé par sa sincérité, sa passion, et une touche d’humanité dans un monde cynique.
Oui… ça fait très Superman, tout ça !
Et justement : Superman est le premier projet du nouvel univers qu’il orchestre.
La première phase, intitulée Gods and Monsters, démarre avec ce film ambitieux.
Un pari risqué : relancer l’homme d’acier dans notre monde contemporain, sans refaire une origin story, tout en introduisant une galerie de personnages encore jamais vus à l’écran.
Guy Gardner (Green Lantern), Hawkgirl, Mr. Terrific, Métamorpho…
Un défi casse-gueule : comment tout développer en 2h10 sans noyer le spectateur ?
Gunn devra faire preuve d’un grand sens narratif qu’il a déjà montré avec les deux premiers Gardiens de la Galaxie. Mais ici, sa vision s’oppose frontalement à celle de Snyder.
Fini le Superman sombre et quasi divin.
Place à un héros plus jeune, plus humain, presque fragile. Un homme en doute, souvent dans une posture de loser, ce qui a divisé à la vue des bandes-annonces.
Certaines images intriguent, d’autres inquiètent :
Krypto le chien, des VFX particuliers, des plans de caméra excentriques rappelant The Flash (même chef op), ou encore un David Corenswet, physiquement proche d’Henry Cavill, mais moins impressionnant selon certains angles.
Est-ce voulu ?
Peut-être. Peut-être que Gunn cherche à montrer un Superman imparfait. Un homme qui devra surmonter ses peurs, ses échecs, ses failles.
Un super-homme en devenir. Une légende à construire.
À l’image des Gardiens, qu’il qualifiait de “losers magnifiques”.
Alors, ce Superman signé James Gunn sera-t-il le renouveau tant espéré du genre super-héroïque ?
Sera-t-il une bouffée d’humanité dans un paysage saturé ?
Ou bien une nouvelle désillusion, un coup d’épée dans l’eau, dans un système qui ne fait plus rêver, où Marvel enchaîne les échecs et les contenus opportunistement puérile ?
Dès ses premières minutes, Superman version James Gunn affiche clairement ses intentions : bâtir un nouvel univers cinématographique empreint de fantastique, tout en réinventant un personnage
Populaire sans tomber dans le piège de l’origin story. Le film se veut à la fois énergique, dense et rapide, presque trop parfois, tant le rythme effréné laisse peu de place à la respiration ou au développement de certains personnages secondaires.
Mais au-delà du spectaculaire, c’est surtout l’approche humaine du mythe de Superman qui marque. James Gunn choisit de dépeindre un héros faillible, vulnérable, souvent en échec dans sa quête de vérité. C’est cette fragilité assumée qui fait la force du film. Oui, ici Superman est un looser magnifique : il chute, il perd, il faiblit, mais il se relève toujours — non pas seul, et c’est là un des paradoxes du film, mais souvent aidé par ses alliés (notamment Krypto ou les membres de la Justice Gang), ce qui peut surprendre pour un héros censé être “le plus fort du monde”.
L’interprétation de David Corenswet participe pleinement à cette humanisation : il offre un Superman sensible, touchant, parfois même naïf jusqu’au ridicule, mais toujours sincère. En parallèle, Lex Luthor, incarné sympathiquement par Nicolas Hoult , s’impose comme un antagoniste intelligent et profondément détestable, ce qui ancre solidement le film dans une tension efficace qui peut pour autant vriller dans la surjeu rappelant ainsi la prestation catastrophique de Jesse Eisenberg dans BvS.
Cependant, tout n’est pas maîtrisé. La volonté de trop bien faire mène parfois à une forme de dispersion. Le film se perd dans un trop-plein de personnages : certains, comme Krypto, sont surexploités sans réelle profondeur, tandis que d’autres — Lois Lane, Guy Gardner ou Hawkgirl — sont sous-exploités voire complètement oubliés en cours de route. Lois, notamment, pourtant très intéressante dans la première moitié, disparaît presque dans la seconde.
Autre point de déception : les parents de Superman, dont le traitement reste superficiel, voire frustrant, alors qu’ils sont habituellement un ancrage fort du personnage. Même constat du côté de la musique de John Murphy , qui, bien que proposant quelques instants de bravoure (notamment en fin de film), manque globalement de puissance et de mémorabilité.
Visuellement, le film oscille entre fulgurances et ratés. Les effets spéciaux sont tantôt solides, tantôt brouillons, parfois même franchement laids. Les choix de mise en scène — notamment les plans de caméra vertigineux lors des combats — peuvent diviser : pas toujours parfaitement maîtrisés, ils participent néanmoins à une volonté sincère de sublimer l’action, que ce soit dans les airs ou au sol.
L’un des grands mérites de Gunn est sans doute d’avoir su insuffler une véritable dimension géopolitique à son récit, chose rare dans les films de super-héros récents.
Tout comme son univers pensé, étoffé, riche en enjeux. Cette ambition de construire un monde cohérent et dense se ressent à chaque instant, quitte parfois à reléguer Superman lui-même au second plan.
On sent aussi un profond respect pour le matériau d’origine : Gunn veut faire du comic book un langage visuel, et c’est globalement très réussi. L’esthétique, les enjeux, la narration semblent dialoguer avec les cases d’un comics, ce qui séduira assurément les fans mais pas forcément ceux qui attendent un bon film de super-héros.
En revanche, cette ambition entraîne un trop-plein : le film ressemble parfois à un gâteau à trop de couches, difficile à digérer tant il multiplie les pistes, les tons, les directions. Il en résulte une certaine incohérence, et un sentiment d’indigestion.
Malgré cela, Superman version Gunn reste un film émouvant, porté par des valeurs fortes : l’espoir, la gentillesse, la tendresse, la volonté de bien faire, de se surpasser et de devenir meilleur. Ce ton résolument optimiste, presque naïf parfois, tranche avec le cynisme ambiant du genre super-héroïque. Et surtout, il ne donne jamais l’impression d’un produit opportuniste ou mercantile — c’est un film sincère, porté par une vision
En résumé , SUPERMAN de James Gunn est une œuvre qui va profondément diviser par son ton , sa vision ou encore sa réalisation.
Le film souffre d’innombrables problèmes issue d’une ambition parfois démesurée pour simplement une introduction, le film paraît indigeste à première abord mais semble pour autant respirer le sens de l’espoir par les valeurs transmissent dans le long métrage de Gunn.
Ce n’est pas une réinvention , mais bien une nouvelle visions du Mythe que beaucoup vont détester et d’autres vont adorer qui laisse ainsi de beau jours pour l’homme d’acier et ses compagnons si toutefois le grand public accepte cette vision pour ainsi démarrer une nouvelle ère ….. Look Up !
SUPERMAN : 6,5 / 10