Superman 2025, réalisé par James Gunn, suscite un sentiment partagé. Le traitement du personnage principal pose de sérieux problèmes. L'intention de James Gunn de rendre Superman plus humain est compréhensible, mais l'exécution paraît déséquilibrée. Superman y apparaît fréquemment diminué, à la fois sur le plan moral et symbolique. Il s'énerve pour des détails, agit de manière impulsive et parfois même contraire à l'éthique attendue du personnage : scènes d'interrogatoire musclé, homicides, réactions puériles. Ce choix de caractérisation dilue ce qui fait l'essence même de Superman : un modèle de vertu, capable d'inspirer et de représenter une forme d'idéal inaccessible mais souhaitable.
Les personnages secondaires souffrent également d'un traitement inégal. Lex Luthor, campé par Nicholas Hoult, manque de crédibilité en antagoniste. Sa motivation principale, une jalousie enfantine envers Superman, paraît trop simpliste pour porter le récit. Le Justice Gang introduit de nouveaux héros qui peinent à exister : Hawk Girl, Green Lantern version Guy Gardner, Mister Terrific, tous se contentent d'occuper l'espace sans réelle utilité narrative forte. L'humour associé à certains d'entre eux est souvent redondant, voire contre-productif. On citera en exemple la fameuse porte du hangar de Mister Terrific, dont la lente ouverture devient un gag expliqué à l'écran, soulignant une forme de lourdeur dans l'écriture.
Lois Lane, quant à elle, est dépeinte de façon peu engageante. Elle paraît distante, souvent dans l'opposition systématique face à Superman. Leur relation manque d'alchimie perceptible, et leur dynamique questionne sur la cohérence du lien amoureux censé exister entre eux.
Sur le plan narratif, plusieurs éléments restent superficiels ou traités trop rapidement. La révélation d'un message kryptonien suggérant que Superman aurait été envoyé pour anéantir l'humanité est évacuée sans développement conséquent. De même, la présence d'un clone de Superman ou encore la place de Krypto sont autant de pistes effleurées sans réelle exploitation. Le film souffre d'une accumulation d'intrigues secondaires, sans réussir à établir un fil conducteur solide.
Musicalement, le film n’impose aucun thème mémorable. Des clins d’œil sont faits au thème classique de Superman, mais sans y apporter une nouvelle identité musicale forte.
En conclusion, Superman de James Gunn se révèle un projet dépourvu de la force narrative et symbolique que l'on attendrait d'une nouvelle itération du héros. James Gunn propose une vision plus humaine et imparfaite du personnage, mais cette approche peine à convaincre de part une écriture pauvre et inutilement explicite. Le film reste regardable, mais il lui manque l'impact et la profondeur nécessaires pour marquer nous marquer durablement.