Ce qui rend ce blockbuster insupportable, ce n’est pas seulement l’échec total de la réalisation, le rythme catastrophique ou les dialogues plats, débiles et sans vie. Le point central et le plus obscène est l’effacement systématique des victimes racialisées. Moins d’une minute d’images dispersées, sans voix, sans agence, sans profondeur, des corps jetés dans l’histoire comme des accessoires sacrificiels. C’est l’écriture coloniale à l’état brut : un cinéma qui nie la subjectivité du Sud global, le réduisant à un simple décor de souffrance pour donner une fausse gravité au mythe blanc.
Hollywood ne représente pas le Sud, il l’efface. Les vies détruites par l’Empire n’existent pas, elles ne méritent ni histoire ni mémoire. Les victimes racialisées apparaissent comme des ombres interchangeables, dépouillées de toute capacité politique, privées de toute résistance. Ce n’est pas simplement du racisme structurel, c’est une idéologie impérialiste mise en scène. Le Nord global continue de coloniser l’imaginaire, continue de naturaliser les hiérarchies raciales, continue de produire rien d’autre que du vide à la place de l’histoire.
Pendant ce temps, les sionistes s’approprient Superman, se projetant sur lui, revendiquant une victimisation imaginaire, doublant l’effacement par une inversion obscène.
C’est le capitalisme culturel poussé à l’extrême : une machine produisant du spectacle vide, un système pré-IA, incapable de créer autre chose que de la fiction morte, arrogante, dépolitisée.
Ce n’est pas simplement un mauvais film ; c’est une opération culturelle de domination. Chaque plan répète l’impératif de l’Empire : effacer les vraies victimes, remplacer le politique par un divertissement creux, transformer la violence coloniale en spectacle blanc. Ce cinéma n’est pas du divertissement, c’est une usine d’amnésie.
Le film est la preuve d’un échec systémique : échec esthétique, échec culturel, échec de fun, échec politique, échec moral. C’est la vulgarité effrontée de l’impérialisme culturel, qui ne sait plus produire autre chose que son propre vide. Un vide vendu comme universel, imposé comme la seule histoire, métastasant à travers l’Occident.
Je pense que les américains ont complètement perdu le fil de ce qui fait une œuvre grand spectacle, et tout public, et ce qui était le fun, que les gens sont devenus stupides dans leur rapport à l'entertainment, qu'ils regardent plus "un film" mais des sortes de petites phrases / scenettes et signifiant sociologiques complètement creux.