Il fut un temps où le cinéma abreuvait les spectateurs de thrillers mettant en scène des tueurs en série et des agents du FBI hantés par leurs enquêtes. Pris d’un élan de nostalgie, je me suis donc replongé dans Suspect Zero. Mauvaise idée.
Le film s’enlise rapidement dans un scénario nébuleux qui, à force de vouloir cultiver le mystère, finit surtout par frôler l’absurde. Rien ne semble vraiment tenir ensemble, comme si l’intrigue improvisait ses propres règles au fil des scènes. Les acteurs, pourtant capables de bien mieux, paraissent abandonnés à eux-mêmes et jouent chacun dans leur propre film. Quant à la mise en scène, elle manque cruellement de tension et avance d’un pas lourd, sans jamais parvenir à instaurer le malaise ou la fascination qu’exige ce type de récit.
Le plus décevant reste sans doute l’accumulation de clichés : profileur torturé, serial killer “visionnaire”, atmosphère poisseuse fabriquée à la chaîne… tout y passe, sans jamais être réinventé. Là où ces thrillers des années 90 savaient parfois créer une véritable obsession, Suspect Zero ne provoque qu’une lassitude polie.
Certaines nostalgies gagnent décidément à rester intactes.