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le 10 sept. 2025
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"The Astronaut" est un thriller/film d'horreur à huis clôs mélangé à de la SF. On suit dans son processus de réadaptation l'astronaute Sam fraîchement de retour sur Terre. L'histoire commence en jouant sur l'ambiguïté entre la réadaptation à la gravité terrestre et le fait d'avoir contracté une maladie suite à une probable contamination lors du retour sur Terre.
Un parallèle s'installe dès le début entre Sam forcée de vivre dans une maison qui n'est pas la sienne, une maison qu'elle ne connaît pas, une maison impersonnelle, une maison qui réagit grâce à ses technologies, une maison vivante mais qu'elle ne contrôle pas, et son corps sur lequel elle perd son emprise, son corps qui s'aliène d'elle. Le film développe "l'horreur de ne plus être chez soi dans son propre corps" comme l'a formulé avec justesse une autre critique. Mais cette bonne idée n'est pas menée jusqu'au bout, à peine effleurée, encore moins explorée. Et ce parallèle qui nous touche à la frange de notre inconscient, car aborde des sujets intimes, le rapport à son propre corps, le rapport à son propre chez-soi, est progressivement grignotée par la maladresse du film, jusqu'à être totalement éventrée par la résolution arbitraire.
Le film essaie de faire monter artificiellement la peur, en faisant en sorte que ses protagonistes se mettent en danger sans aucune mise en place, de façon gratuite du point de vue diégétique. Mais un tel procédé dégrade la qualité du film, et l'on se détache du protagoniste concerné, et l'on se sent bien moins impliqué dans le film, dans son histoire, dans son propos. Et l'on commence à s'en foutre du film, et l'on commence à rire du film, pour dédramatiser les émotions que le film tente de forcer.
Et puis, bordel, les jumps-scare, c'est encore et toujours une facilité pour provoquer la peur. C'est de la peur de bas étage, c'est de la peur provoquée par des agressions physiques, des agressions sensorielles, à commencer par des agressions auditives. Les jumps-scare prennent le spectateur par la tête et lui hurlent à l'oreille "Aie peur !". Les jumps-scare, c'est le film qui donne un ordre, faute de pouvoir monter une atmosphère de peur honnête. Ça fait depuis combien de temps que les films US nous en abreuvent, de jumps-scare ?
L'atmosphère de peur est bien trop inégale. Sam, la protagoniste principale, vit des choses absolument terrifiantes la nuit, puis une fois le jour venu, elle agit comme si rien ne s'était passé. Rien n'est mis en place pour justifier une telle bancalité. Et ce ne sont pas les propos de son amie qui dit de tout minimiser qui justifieraient un tel comportement.
Rien ne permet non plus de dire que Sam serait persuadée que tous ces événements se passeraient dans sa tête. Et quand bien même Sam aurait été persuadée que tout ça se passait dans sa tête, comme des sortes de rêves/cauchemars éveillés, hé bien Sam devrait se sentir encore plus terrifiée, et refléter une fragilité que l'on a tous, la peur de sombrer dans la folie, la peur de se faire trahir par son propre cerveau, par ses propres perceptions.
Et la résolution dégonfle l'atmosphère de peur comme un soufflet au fromage, en reniant toutes les émotions que le film aura tenté d'instiller. En portant en plus un message totalement idiot.
La résolution c'est "Oh, on t'a fait peur, mais non... Souviens-toi, on est les gentils, on est ta famille. Et ton faux papa terrien, c'est lui le méchant." Vraiment...
Les ET ont un design désuet. Et leurs technologies inexpliquées et arbitraires sont conçues pour permettre la résolution incongrue qui arrive comme un cheveu sur la soupe.
D'ailleurs, il y a un indice plutôt grossier dans le film qui fout en l'air l'ambiguïté entre réadaptation et contamination extra-terrestre, je détaille cet indice dans la zone spoiler ci-dessous. Même si la résolution donne encore une autre explication à cet indice, je ne vois pas où reste la surprise, si tant est que vouloir provoquer la surprise doit être le but de l'élaboration d'une atmosphère de peur.
L'équipe médicale fait une radio de Sam, et le film laisse voir pendant quelques secondes cette radio, qui met en évidence un squelette qui n'est pas humain.
On a donc Sam, une astronaute qui se croit humaine. Dans le film, comme dans la réalité, les astronautes ne sont pas des glandus lambdas. Et ils sont soumis à des tests intenses, et Sam ne se serait jamais doutée de rien, pendant toute sa vie ? Trop farfelu pour être pris au sérieux.
Le comportement du papa militaire n'apporte rien d'intelligent à l'histoire.
Et puis, j'ai du mal avec les films US qui parlent d'ET, car trop souvent la vie extra-terrestre y est source d'horreur, d'une horreur projetée, désincarnée. Avec en plus ces putains de jumps-scare. Trop peu de fois ces fameux ET sont sources d'émerveillement. Encore moins de films US traitent les ET comme sources d'émerveillement, et sont de bonne qualité.
Sinon, la réalisation est bonne, voire léchée, si l'on oublie le design des ET et quelques passages inégaux.
Kate Mara s'en sort très bien malgré les incohérences du protagoniste de Sam. L'actrice enfant qui joue Isabelle, Scarlet Holmes, c'est un petit bout de chou qui joue très bien son rôle. Elle apporte une touche d'innocence rafraîchissante dans une ambiance oppressante. Ce contraste est un bon point pour le film.
Aussi, un passage particulier a plutôt bien fonctionné, c'est quand Isabelle apparaît de nulle part et passe dans l'arrière-plan pour se diriger vers un danger potentiel. Ce passage aurait encore mieux fonctionné si le film avait mieux maîtrisé son atmosphère. Et ce passage a bien fonctionné car le personnage d'Isabelle est cohérent.
Laurence Fishburne et Gabriel Luna s'en sortent (beaucoup) moins bien.
De tout ça il ressort deux idées mal développées pour amener une résolution qui fout tout en l'air. Et merde, encore des jumps-scare...
Bon, c'est un film US dans lequel il n'y a pas de religion, ça fait des points en plus.
Créée
le 12 juin 2026
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