Exit, le commando bourré de testostérone de McTiernan, le Predator new generation affronte aujourd'hui une bande de soldats traumatisés tout droit sortis de l'asile. Sur le papier, l'idée était prometteuse, mais comment se fait-il que les gros machos masculinistes de 1987 restent mille fois plus attachants que ces doux dingues pourtant censés être plus sympathiques ?
La faute à une tentative de caractérisation complètement foirée, qui annule toute empathie envers eux. La faute aussi à une interprétation qui n'est clairement pas au niveau (Thomas Jane, je t'aime bien d'habitude, mais là, tu étais vraiment nul à chier).
En fait, tout le film est comme ça, les bonnes idées (car il y en a !) sont sans cesse enterrées sous un monceau de conneries qui nous fait impérativement lever les yeux au ciel toutes les cinq secondes.
Comme quoi, par exemple, du coup ?
Et bien le predator renégat, c'était vraiiiment sympa ouais. Pourquoi ne pas avoir imaginé une alliance avec les humains au lieu de le faire mourir comme un vulgaire figurant ?
C'est dommage, on avait enfin (!) un prétexte pour développer un peu le lore de cette race extraterrestre évoluée, mais non, on se contente juste de balancer le concept sans aucunement creuser la piste.
L'armure predator "ultra évoluée" autour de laquelle tourne le film entier, justement offerte par le renégat à l'humanité pour contrer l'invasion extraterrestre, est complètement expédiée lors d'une révélation finale digne d'un teaser Marvel.
Même constat avec cette idée d'évolution génétique : les Predators chasseraient en fait depuis le début pour améliorer leur espèce... Bon, le coup de l'évolution, on a déjà vu plus original, j'avoue, mais ça avait pour mérite de vouloir donner un coup de neuf rétroactif à la saga. Sauf que ça débouchera uniquement sur un "mega-predator" qui est juste ridicule à souhait.
Autre sujet autrement plus délicat, le film essaie de nous faire croire que l'autisme est la prochaine étape de l'évolution humaine... Hum, alors pardon, mais sans volonté aucune de heurter qui que ce soit, je trouve quand même ce parti-pris extrêmement peu crédible et très mal traité de surcroît.
C'est dommage, si le scénario n'avait pas été autant au ras des pâquerettes et mal maîtrisé, le film aurait potentiellement pu passer la barre des 6 ou 7, car visuellement, il n'est pas si dégueu (si on fait abstraction des chiens de l'espace incongrus). En outre, les mises à mort sont gores à souhait et regorgent d'inventivité.