Le programme réservé par They Will Kill You, par son affiche et sa bande-annonce, semblait joué d'avance : il devait s'agir d'une nouvelle baston chorégraphiée au format maousse dans la lignée de John Wick.
Soit un énième seul contre tous opportuniste.
A la sortie de la séance, il faut avouer qu'il y a de ça, en effet. Mais pas que. Et en enlevant l'épithète "opportuniste".
Tout d'abord, il faudra reconnaître que la bande-annonce ne mentait pas : They Will Kill You offre un quota d'action et de baston très généreux et roboratif parsemé de quelques images spectaculaires et impressionnantes. A ce titre, le film offre au moins une idée un peu neuve à l'horizon, dans un éclairage assez original d'une scène.
Le carnage est lisible, dense et adopte un rythme infernal, tandis que le sang inonde souvent l'écran dans toute la violence des affrontements mis en scène. Sokolof s'amuse et fait feu de tout bois, iconisant au passage son personnage principal qui adopte la rage et la détermination qui animaient La Mariée chez Quentin Tarantino.
They Will Kill You en reprendra par ailleurs certains tics de narration, comme ses flashbacks explicatif et son découpage en pseudo chapitres. Et j'allais oublier la sélection musicale, en forme de jukebox euphorique mettant le feu à la pellicule.
Mais ce que je n'attendais pas, c'est que le film face autant référence à la malice et au gore décomplexé des premiers Evil Dead, accouchant de séquences joyeusement potaches et trash qui feront rigoler plus d'une fois le spectateur amateur d'oeil baladeur.
They Will Kill You s'imposera donc bien plus comique que réellement effrayant au bout du compte.
Et après avoir eu le plaisir d'explorer un hôtel louche de fond en comble, pointera celui de revoir quelques têtes comme Tom Felton, mais surtout Patricia Arquette et Heather Graham, qui avaient un peu disparu des salles obscures.
L'immense capital sympathie de l'ensemble éclipsera ainsi sans mal les menus défauts du film, comme une intrigue que l'on voit venir de loin ou un boss final légèrement déceptif. Et il éclatera sans effort des œuvres au thème légèrement voisin telles que Wedding Nightmare, en apparaissant beaucoup moins gratuit et timoré.
Le défouloir proposé par Kirill Sokolov ne souffre que de peu de complexes est réussit à tenir ses promesses d'action et de sourires généreusement repeints couleur sang. Il n'en fallait pas plus au masqué pour l'apprécier sans réserve.
Behind_the_Mask, Zazie dans le plumeau.