Au lieu de profiter de l'éclipse, je me suis éclipsé au cinéma (problème de lunettes spéciales). Par contre j'ai profité d'un très bon petit film bien fichu.
UNDERTONE repose sur un concept, on ne va pas dire original mais intéressant, le principe de la paréidolie, des hallucinations sonores. Réalisé pour un tout petit budget, encore moins cher qu'OBSESSION, UNDERTONE réussit à installer une ambiance oppressante, claustrophobe où la maison est une prison, un piège. Toute l'action se passera dans un lieu unique et là où l'on pourrait s'attendre à des jumpscare faciles et attendus, le réalisateur décide de plus suggérer et de faire passer la peur par le hors champs. Attention le film n'est pas plat, Ian Tuascon s'amuse à jouer avec les angles de caméra, les hors champs et les bords cadres (souvent les apparitions se font quasiment presque en dehors du cadre mais toujours un petit bout reste pour montrer une menace). Cette façon de répéter certains angles renforce ce sentiment d'insécurité et plonge le spectateur dans une forme d'appréhension.
Jusqu'aux dernières minutes du film qui flirte avec la possession, ce final pourrait faire penser à MISTER BABADOOK avec cette montée en puissance et cette suggestion du croquemitaine.
Après le plus frustrant, c'est la passiveté de l'héroïne et son déni face aux situations qui lui arrivent. J'aurais aimé qu'elle soit plus active même en se disant que tout ce qu'elle entreprend ne marche pas mais ne reste pas ce personnage presque fantomatique qui ne fait rien.
Mais l'actrice joue vraiment bien donc ça compense l'écriture du personnage.
Après j'avoue si l'on parle beaucoup du son et de son utilité dans UNDERTONE, cela ne représente qu'une part de l'intrigue, ce n'est pas réellement le moteur de l'histoire, car l'utilisation du son pour créer la peur existe déjà (déformation sonore, voix énigmatiques enregistrements vocaux).
Mais UNDERTONE est un film bien réalisé, prenant, qui fonctionne. Le film faisant 1h30, il n'est jamais ennuyeux et fonctionne comme des montagnes russes émotionnelles.