Après le succès du remake de "Massacre à la Tronçonneuse" (et le semi-échec de celui de "Amityville"), Michael Bay reprend sa casquette de producteur et poursuit sa série de reboots des classiques de l'épouvante des années 70, 80. Jason Voorhees a donc droit lui aussi à son relooking pour ce qui sera finalement, non pas un remake stricto sensu mais une relecture insolite des origines du tueur au masque de hockey.
Le scénario expédie l'histoire du film de 1980 dans le pré-générique et propose donc par la suite, une nouvelle aventure recyclant plusieurs évènements survenus dans les second, troisième et quatrième épisodes de la saga originale.
Un choix somme toute logique car Jason étant le véritable héros de la série, il aurait été surprenant que ce "remake" revienne entièrement sur un premier chapitre axé uniquement sur la mère du tueur. Rappelons que Jason ne fait sa première véritable apparition que dans le second film...
Echaudé par la déception "Amityville", Michael Bay rappelle derrière la caméra Marcus Nispel qui avait fait un excellent boulot sur "Massacre...".
Et une nouvelle fois, Nispel a accomplit sa tache de la meilleure des manières. On y retrouve sans conteste ce qui faisait l'essence de la saga. Mieux, grâce à la photographie magnifique de Daniel Pearl, il construit une ambiance à la fois angoissante et craspec qui faisait souvent défaut dans les épisodes précédents. Il apporte également une autre dimension au personnage de Jason qui n'est plus uniquement une machine à tuer, bête et méchante. Il est ici plus rapide, malin, méthodique, réfléchit et finalement, encore plus dangereux.
Si l'intrigue reste conventionnelle (Jason va, une nouvelle fois, s'attaquer à une bande de jeunes décervelés venus passer du bon temps sur son territoire), on ne peut qu'être séduit et emballé devant ce travail exceptionnel fait sur et autour ce mythique personnage.
Nispel assure avec des scènes de meurtres assez violentes, voire impressionnantes sans pour autant tomber dans la surenchère. Une initiative appréciable, Nispel parvenant très bien sans ça, à créer une ambiance suffisamment oppressante.
Plus qu'un remake, ce nouveau "Vendredi 13" est donc un excellent slasher dans la plus pure tradition du genre qui relance à merveille (dans sa version longue de 106 min) une saga à bout de souffle.