Arrêté au bout de dix heures.
Ambiance exceptionnelle, gameplay exigeant mais gratifiant à prendre en main, sentiment d'accomplissement incroyable en surmontant l'impossible mais...C'est juste trop dur pour moi. :p De deux choses, le jeu retranscrit très bien la patience et la détermination nécessaires pour un accomplissement sportif; deux qualités dont je suis généralement dépourvu pour les activités physiques (fort heureusement pas pour les activités mentales). Mais je trouve également la gestion de la difficulté assez maladroite avec un PIC (hohoho) de challenge beaucoup trop abrupt (hohoho) à partir de la séquence du Péril; une ascension qui a visiblement découragé plus d'une personne sur Internet et j'en fais malheureusement parti.
Dans les défauts plus concrets que je pourrais reprocher à ce jeu, je trouve regrettable qu'un titre aussi exceptionnel soit une fois encore plombé par une narration assez médiocre; entre l'excellence du gameplay et la maladresse des cinématiques, j'avais parfois l'impression de basculer du Sommet des Dieux manette en main avec un téléfilm de M6 lors des dialogues. Que la mise en scène et les modèles des personnages soient de mauvaise facture, je peux le comprendre car ce n'est pas la spécialité du studio (encore que les cinématiques de Furi m'avaient laissés le souvenir d'une réalisation beaucoup plus soignée, y compris dans l'écriture) mais l'écriture est vraiment gênante par moments, en enfilant tous les clichés des productions modernes, à commencer par une héroïne évidemment détestable et antipathique car c'est visiblement le seul moyen pour les scénaristes d'aujourd'hui de construire des personnages forts.
La direction artistique de Mathieu Bablet est excellente mais je ne suis pas du tout convaincu de son travail en tant que scénariste (y compris dans les BD que j'ai lu de son œuvre).
La cinématique de la mort du chat, notamment, j'ai trouvé ça complètement ridicule; je comprends bien que l'idée est de jouer justement sur le décalage entre le stress vécu par l'héroine à l'instant présent et les problématiques insignifiantes de ces correspondants à distance mais là, l'effet était juste grotesque, de surcroît au moment où la difficulté du jeu monte d'un cran, justement. Sans vouloir verser dans le pathos excessif, annoncer la mort d'une grand mère, d'un cousin éloigné ou d'une lointaine connaissance aurait déjà été un peu plus pertinent dans le cadre de la scène.
J'avoue que malheureusement, cette écriture maladroite a été un défaut rédhibitoire pour poursuivre l'aventure au moment où la progression commençait à devenir trop méticuleuse pour moi, malgré l'excellence du gameplay (si on arrive à passer outre le côté contorsionniste de l'héroine parfois un peu ridicule dans le rendu des animations.)
Bref, une belle expérience atypique et à essayer clairement une fois dans sa vie car c'est une production qui se démarque réellement du reste de la concurrence (surtout à une époque où Death Stranding a renié purement et simplement son concept en annihilant tous les enjeux de son escalade et de la progression ardue du premier opus). Mais je suis peut être passé à côté du jeu, malheureusement; et en toute honnêteté, j'aurais peut être dû passer plus de temps dans la salle d'entrainement avant de débuter véritablement l'ascension. :p