Tellement proche de Jusant dans l'esprit, mais tellement plus abouti, ne serait-ce que dans le gameplay de grimpe. On retrouve la même ouverture vers la transcendance, le même cheminement solitaire et initiatique, sauf qu'ici on croise quand même quelques protagonistes pour éviter de sombrer dans l'autisme absolu. Le périple gagne en humanité, se révèle bien plus épique. Visuellement ça sent le Moebius qui ne cesse de biberonner la jeune garde française en une succession féconde. L'ensemble est très immersif, dés lors qu'on met le doigt sur la prise, on n'aura de cesse d'atteindre la cime. La progression est savamment pensée, laissant souvent le choix de se compliquer la vie par plaisir ou d'y aller en mode plus pépère, selon l'humeur. J'avoue avoir rarement autant insulté la protagoniste que je jouais, soit parce qu'elle chutait un peu trop facilement, soit parce qu'elle pleurnichait abusivement (j'ai faim, j'ai froid...). Mais c'est juste le signe que j'étais à fond dedans.
Donc un grand merci à l'équipe de The Game Bakers qui aura oeuvré derrière ce Cairn. J'apprécie ce que les frenchies en règle générale proposent à travers ce média ces dernières années, apportant un supplément d'âme à l'industrie numérique, une singularité dans leurs obsessions, leur façon d'appréhender le monde.