Dragon's Dogma: Dark Arisen
7.2
Dragon's Dogma: Dark Arisen

Jeu de Capcom (2013 · PC)

Une centaine d'heure à mon actif


Et si on commençait par quelques banalités ?

Dragon's Dogma : Dark Arisen (qui est en réalité le nom du DLC apporté au jeu Dragon's Dogma, premier du nom) est un jeu de Fantasy Épique comme on les aime développé par Capcom et sorti en 2012 (2013 étant la sortie du DLC) - soit un an après The Elder Scrolls V - Skyrim (je sais, ça va devenir maladif de toujours opposer certains jeux de Fantasy avec le cinquième opus d'une des meilleures franchises du studio Bethesda Game Studios, d'autant que la plupart du temps, le comparatif que je permets de faire n'est généralement pas "fairplay"). Et bien entendu, comme la plupart des jeux critiqués à travers les pages de mon profil, il s'agissait d'un jeu vidéo prenant la poussière sur mon compte Steam ! Et dans une optique de dépoussiérer le tout, je me suis lancé dans une nouvelle aventure, sachant que j'avais déjà pu observer quelques morceaux de gameplay par le biais de quelques youtubers, il y a bien plusieurs années ! Mais je me souviens très bien avoir été plus que curieux, ce qui m'avait poussé à l'acquérir. Sachant qu'entretemps, j'avais également pu visionner la série Netflix Dragon's Dogma que j'avais plutôt bien appréciée et qui avait confortée mon envie d'y passer quelques temps. Et de ce fait, que pouvons-nous dire sur les heures passés dans ce monde fantastique ?


Nous sommes un habitant du petit village de Cassardis lorsqu'un dragon nous attaque. Essayant de nous défendre, ce dernier nous vole notre cœur avant de disparaître. A notre réveil, un "Pion" vient se présenter à nous, nous amenant alors dans une aventure qui viendra nous mettre de nouveau face au dragon chapardeur.

Pas plus de spoil, comme à mon habitude.


Et commençons donc directement par l'histoire que nous qualifierons d'acceptable. Mais je dois avouer avoir été un peu déçu quant au scénario : on parle tout de même de l'apparition d'un dragon qui vole notre cœur - déjà, ça, ce n'est pas rien - et l'on se retrouve à devoir effectuer des tâches pour le compte du Duc de Gran Soren, capitale de Gransys (la région où se déroule le jeu), qui certes ne sont pas dénuées d'épiques mais qui semblent faire de l'apparition draconitique un samedi matin ordinaire. En même temps, on peut trouver un semblant d'explication dans le fait que le royaume est en pleine chasse aux Wyrm : d'énormes créatures dangereuses dont les carcasses servent à remplir la salle aux trophées de notre fameux Duc. Quand bien même, à force de discussion avec les différents PNJs, le fait qu'un dragon vole au dessus de Gransys affole bel et bien, de part son caractère unique et de ce fait terrifiant. Mais l'on préfère plus s'occuper de cette chasse aux Wyrm ainsi qu'à démanteler une secte de nécromanciens qui, à leur dire uniquement, est responsable de la venue du dragon. Ainsi, on reste toujours avec des événements mettant en scène, ou du moins faisant mention du dragon mais le tout est assez faible... Ce qui offert un contraste frappant entre l'introduction et la conclusion assez épiques et un milieu de jeu qui inconsciemment peut-être dédramatise les événements provoquées par cette venue des cieux. Outre ce decrescendo un peu dommage, force est de constater que pour l'ensemble de la quête principale, pour le nerf scénaristique de ce jeu, on reste sur du potable qui sait à certains moments mettre du dynamisme et quelques belles confrontations sur notre écran. Mais l'aspect et sensation "montagnes russes" desserrent à mon sens l'expérience de jeu, ou du moins l'immersion pour ce qui est de la quête principale. Mais RPG oblige, nous avons également la possibilité d'accomplir des quêtes secondaires, histoire d'en apprendre plus sur ce monde et d'ajouter un peu plus d'heures de jeu. Sauf que ! Habitué aux RPGs type The Elder Scrolls, je m'attends d'un jeu de cette trempe à un bon nombre de quêtes, ce que Dragon's Dogma comprend sous le nombre... d'une trentaine de quêtes secondaires... Alors, je ne dis pas, la plupart sont sympathiques mais il est vrai que l'on aurait préféré un plus large choix de quêtes, ce que l'ajout des quêtes tertiaires (généralement des escortes, de la collecte ou du massacre de grosses créatures) tentent de faire. Quoi qu'il en soit, l'histoire reste assez inégale quand bien même elles se révèlent plaisantes avec quelques rebondissements bienvenus plutôt bien servis par une mise en scène intéressante.


Pour les personnages, commençons par le nôtre.

La conception de notre personnage est assez basique, mais on a un beau panel de caractéristiques physiques disponibles pour créer notre héros légendaire. On a également la possibilité de le faire choisir une classe, là également basique (guerrier, rôdeur/chasseur, mage), que l'on peut améliorer au fur et à mesure de notre aventure en débloquant diverses compétences et passifs. Sachant que, en fonction de la classe choisie, des armes et armures nous serons attribuées ; à comprendre qu'on ne pourra pas utiliser toutes les armes ou vêtir toutes les armures que l'on récoltera/trouvera au cours des différentes missions ou au cours des expéditions dans les différents lieux secondaires - on revient à un RPG classique où, de manière logique, un mage ne pourra pas se battre avec une masse d'arme à deux mains. On aura tendance à préférer se spécialiser dans notre classe, même si le changement de classe est disponible à tout moment. Il en va de même pour nos "Pions" : ce sont des aides de camp que l'on peut recruter quand on veut, moyennant finance ou non. Il est possible d'avoir trois Pions à la fois : notre Pion principal, que l'on créer de la même manière que notre personnage, et deux Pions créés par les autres joueurs que l'on peut recruter en fonction de leurs classes, compétences, niveaux... et qui rendent les affrontements contre les Wyrm beaucoup plus "simples". Mais de ce qu'il faut retenir de cet aspect, c'est que l'on retrouver véritablement la construction et l'évolution du personnage joueur tel que l'on peut le retrouver dans les jeux de rôles, et force est de constater qu'il y a un certain plaisir à se retrouver dans une situation où notre personnage ne deviendra pas extrêmement puissant dans toutes les catégories.

S'il fallait donner un aspect négatif cependant dans cette catégorie là, ce serait en ce qui concerne la parole des "Pions". Autant notre "Pion" principal, il y a possibilité de "l'éduquer", de configurer de manière plus ou moins role play sa façon de parler, quand parler, pourquoi parler... Autant pour les autres "Pions", je n'ai pas trouver ce genre de réglage, ce qui m'a rapidement gonflé : entendre h24 nos compagnons de route s'exclamer sur le moindre pont, le moindre ennemi insignifiant et raconter quarante fois la même anecdote à propos de ce pan de muraille effondré... Au bout d'un moment, on en vient à regretter leur présence...


Pour l'aspect graphique et technique du jeu.

Commençons par les graphismes : et il n'y aura pas grand chose à souligner outre le fait que nous sommes face à un jeu plutôt beau et qui tourne relativement bien.

Concernant la technique, il m'a été très agréable pour des raisons que j'affectionne particulièrement mais dont je peux concevoir qu'elles peuvent crisper une majorité de joueurs : ce jeu est relativement réaliste. Je m'explique ! Par exemple, notre endurance est limitée. Quand on court jusqu'à la limite de notre endurance, notre personnage s'essouffle, il ralenti, titube, jusqu'à s'arrêter complètement pour reprendre son souffle. Lorsque l'on tombe de trop haut, notre personnage s'écrase au sol tout en recevant une bonne dose de dégâts, et quand il se remet debout, il titube légèrement. Lorsque l'on marche ou court, notre personnage tourne la tête en direction des ennemis rencontrés, des PNJs ou des lieux intriguant. Lorsque l'on traverse une rivière, ses vêtements se mouillent, et lorsque l'on tombe dans de l'eau ou que l'on passe une cascade, il est entièrement trempé. On peut prendre dans nos bras un grand nombre d'objets (caisse, pierre, mobilier...), les utiliser comme projectiles en combat ou lors d'infiltration. On peut transporter des cadavres pour s'en servir d'appât, ou transporter nos alliés inconscients pour les sortir d'une mauvaise situation. On peut récupérer un grand nombre d'objets, comme déclarés précédemment, et surtout, on peut en assembler énormément pour confectionner d'autres objets. Et, mention vraiment spéciale qui change vraiment la vie, lorsque notre personnage est bloqué dans une texture ou dans un coin exigu de la carte, le jeu le déplace juste à côté pour le libérer de ses spasmes !

Ce sont, comme ça, de petits détails immersifs et pratiques qui vont de ce jeu - pour ma part - une grande réussite en terme de liberté. C'est également ce genre d'apport dans un jeu qui - et là, je vais radoter - me font toujours réfléchir sur le titre offert au jeu The Elder Scrolls V - Skyrim comme étant le "RPG ultime". Sauf que lorsque l'on regarde ce que Dragon's Dogma : Dark Arisen est capable de faire, pour n'être sorti qu'une petite année après le bijou de Bethesda Game Studios, il y a de quoi arquer un sourcil !

Quoi qu'il en soit, force est de constater que ce jeu est des plus plaisants pour tous ces apports qui renforcent notre immersion et notre plaisir de jeu.


Pour les combats, là aussi, rien à redire : c'est dynamique, que ce soit lors des affrontements "basiques", contre des loups, des brigands ou autres créatures, ou lors des gros combats contre des Wyrm. Ces derniers ont d'ailleurs plusieurs phases et plusieurs points faibles qui peuvent endiabler le combat ou le réduire drastiquement. Et le fait de coupler les affrontements ou possibilités offertes par l'aspect précédents apporte de nombreuses manières de mettre en terre nos ennemis ; l'environnement servant parfaitement à cette tâche !


Pour ce qui est des lieux et décors, s'il est indéniable que nous sommes face à des places-fortes et lieux plus sombres et mystérieux bien travaillés, on peut souligner le fait quelque peu paradoxal que nous sommes face à un univers que l'on peut qualifier de vide... Alors, nous rencontrons des ennemis à tout va ! On rencontre quelques marchands au bord des routes mais... ça s'arrête là. Très peu, si ce n'est aucun événement pour nous sortir de la torpeur que peut nous provoquer à la longue le jeu. Puisqu'il faut souligner que, si il est possible d'accéder à des voyages rapides au fur et à mesure du jeu, on va passer bien la moitié de notre temps à faire les voyages à pied, et la carte est très grande. Donc, le fait de déambuler dans un monde qui, affrontements à part, n'a pas quelques activités annexes à proposer, ne permet pas - ou très peu - d'actions ou d'événements qui pourraient rendre le monde plus organique et vivant... C'est un peu triste. Le seul exemple que je peux donner, mais en une centaine d'heure de jeu, ce n'est clairement pas assez, c'est un PNJ qui s'est fait dévorer par un loup sous mes yeux. C'est ce genre d'événement que j'aurais apprécié voir plus souvent mais bon... Tant pis.


Pour les musiques, nous avons le droit à quelques belles compositions. Chaque lieu possède une tonalité musicale qui instaure une ambiance particulière, et c'est franchement plaisant.


Avant de conclure, je tiens à dire quelques mots concernant le DLC Dark Arisen, vu que j'ai testé les deux.

Ce dernier nous envoie sur le Récif d'Amertume pour libérer ce lieu d'une présence démoniaque, pour ne pas spolier plus que ça. Et je pense avoir été quelque peu influencé par la saga Dark Souls mais on retrouve vraiment cette patte graphique et cette atmosphère que FromSoftware a choisi pour sa série phare. Ce qui appuie véritablement le propos et l'aventure proposée. Et si cette dernière est passionnante, avec ces décors lugubres, ces musiques et chants émouvants... il faut avouer qu'en terme d'ennemis... alors, on en a de nouveaux, certes... mais bon dieu ! Ce sont des sacs à PV ?! Le DLC est bien, mais on a l'impression que les développeurs ont gonflé la vie des créatures du Récif de l'Amertume pour gonfler la durée de vie de leur DLC... Même au niveau maximal, on galère à passer certaines salles !

Mais dans l'ensemble, le DLC est vraiment bon, contrastant d'une certaine manière avec le jeu principal.


Dragon's Dogma : Dark Arisen est un excellent jeu !

Cela faisait un petit moment que je ne m'étais pas retrouvé avec un RPG de cette trempe, et cela fait plaisir ! On saura néanmoins faire remarquer quelques faiblesses pour l'histoire principale, mais tous les petits ajouts pour rendre le jeu plus fluide, plus complet... pour donner une chance à chaque approche des joueurs est également à souligner et, pour ma part, c'est la principale force de ce jeu. D'autant que les différents modes de jeu apportent là aussi pas mal de nouveautés ou de challenge pour mettre à profit tout ce que l'on a pu découvrir au fur et à mesure de notre aventure. Bien évidemment, à la suite d'une telle expérience, je ne peux que recommander chaudement ce jeu, le DLC compris même si ce dernier peut rapidement se trouver rébarbatif...

Un "retour aux sources" qui fait le plus grand bien et que j'aimerai retrouver plus souvent !

Et n'oubliez pas que la Fantasy nous appartient !

PhenixduXib
8
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Créée

le 17 mars 2026

Modifiée

le 20 mars 2026

Critique lue 3 fois

PhenixduXib

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