Grand Theft Auto 4, redécouvert sur PC en 2026 après une premièreexpérience sur PS3 il y a 15 ans, se révèle être une œuvre étonnamment intacte. Sous une grisaille permanente, même quand le soleil brille sur Liberty City, se cache l'un des jeux les mieux écrits et les plus aboutis de sa génération. Et le plus troublant, c'est que ses quelques défauts techniques, des bugs bien identifiés, n'ont jamais été corrigés malgré les années qui passent, comme si cette version PC avait été abandonnée à son sort.
Ce qui frappe d'abord, c'est cette atmosphère si particulière, une Liberty City froide et jamais joyeuse, où l'ambiance pesante voulue par les développeurs tient de la première à la dernière heure de jeu, sans jamais fléchir. Les voitures suivent le même chemin, magnifiquement modélisées, bien proportionnées, encore une référence aujourd'hui. Mais c'est surtout Niko Bellic qui porte le jeu, un personnage traversé par un paradoxe permanent, un homme qui ne boit jamais et refuse toute proposition dans l'histoire principale, entouré pourtant d'amis alcooliques et instables, tout en commettant les pires horreurs pour de l'argent. Une éthique personnelle intacte au milieu du chaos qu'il sème lui-même. Les deux fins possibles laissent d'ailleurs Niko brisé quoi qu'il arrive, sans échappatoire heureuse, ce qui donne tout son poids à cette histoire. Autour de lui, des personnages secondaires marquants, Vlad, le cousin Roman, Dimitri Rascalov en grand méchant, le braquage, tout ça reste énorme. Et puis il y a ce détail tout bête mais génial, pouvoir importer ses propres morceaux MP3 pour se créer sa radio perso, une petite touche qui en dit long sur l'attachement qu'on peut développer pour ce jeu.
Mais à côté de cette réussite, quelques ombres viennent ternir le tableau. La conduite des motos, franchement pénible à chaque mission qui en impose une. Des bugs qui cassent l'immersion, des textures qui disparaissent dans un tunnel, et surtout ce bug bloquant sur la mission de l'hélicoptère vers la fin du jeu, qui a nécessité de bidouiller la configuration PC pour pouvoir avancer, juste avant le climax de l'histoire, et qui n'a jamais été réglé depuis. Il y a aussi cette économie complètement décorative, l'argent ne sert quasiment à rien, on a déjà tous les appartements dont on a besoin, contrairement à GTA 5 qui corrigera bien ce point plus tard. Et vers la moitié du jeu, la densité de nouveaux personnages devient parfois un peu confuse.
Mon expérience. Quarante heures de jeu sur PC, l'histoire principale terminée pour la première fois, avec la sensation étrange et agréable de redécouvrir un classique tout en le découvrant vraiment pour la première fois. Le sentiment que ce jeu a posé les bases de GTA 5, parfois même en allant plus loin sur certains détails, comme laphysique des véhicules et des PNJ, ou encore ramasser des objets au sol dans la rue, une possibilité disparue dans l'épisode suivant.
À qui je le recommande. À n'importe qui, curieux ou nostalgique, prêt à passer une trentaine d'heures sur un jeu qui, replacé dans son contexte technologique, tient une place au panthéon du jeu vidéo.
Ma note finale. Huit sur dix, entre une ambiance et une écriture exceptionnelles d'un côté, et des défauts persistants, jamais corrigés, de l'autre.