Le vrai cœur de Pragmata, c'est sa relation entre les deux protagonistes. Elle évolue naturellement tout au long de l'aventure pour aboutir à quelque chose de touchant et de sincère. C'est sans doute le point fort le plus marquant du jeu, et il suffit à lui seul à justifier le voyage.
Le gameplay vient solidement appuyer cette dynamique. Le jeu vous demande de jongler en permanence entre trois actions : pirater, tirer et esquiver. Une mécanique exigeante au départ, mais qui trouve rapidement son rythme. Pour ceux qui peinent à orchestrer les trois simultanément, le jeu propose heureusement des options pour simplifier la combinaison, une attention appréciable. Dommage cependant que l'équilibrage des armes ne soit pas à la hauteur : certaines se démarquent tellement des autres qu'on finit par les utiliser en quasi-exclusivité, appauvrissant un peu la variété tactique.
Le système de soin mérite aussi d'être mentionné. Les consommables ne se rechargent qu'au Shelter, le hub central du jeu, ce qui oblige à y revenir régulièrement. Une contrainte qui aurait pu créer un vrai rythme, mais qui se ressent davantage comme une obligation que comme un choix de game design assumé.
Côté scénario, c'est la déception. L'univers de Pragmata regorge de potentiel, mais l'histoire reste trop sage, trop linéaire. On comprend la prudence d'une nouvelle licence, mais on ne peut s'empêcher de regretter ce gâchis. Enfin, les dialogues en cours de jeu, incessants et impossibles à désactiver sans sacrifier les voix des cinématiques, finissent par lasser. Entendre la même phrase à chaque coup final, encore et encore, relève du supplice.
Malgré tout, Pragmata reste une expérience courte (~10 heures) mais généreuse en émotions. Une première entrée prometteuse dans une licence qu'on espère voir s'étoffer.