Je suis désolé Primordia. J’aurais adoré t’aimer, vraiment. Mais tu n’as rien fait pour.
Dans un élan d’hommage aux jeux LucasArts, avec leurs logiques implacables, du genre à vous demander de combiner un aspirateur et un coussin pour fabriquer un écran LCD ouvrant une trappe, Primordia s’applique à multiplier les puzzles alambiqués. Une aventure qui aurait tenu en deux heures se retrouve ainsi étirée à dix, simplement parce qu’on vous force à faire des bonds de logique improbables.
J’ai résisté autant que possible, mais au bout de quelques heures j’ai rendu les armes. J’ai ouvert un guide, juste pour enfin profiter d’un univers pourtant très réussi.
Les amateurs de point & click old-school y verront peut-être un défi à la hauteur de leurs attentes. Mais pour ma part, même si j’aime être mis au défi, ce n’est pas vraiment ma définition du “challenge”.
Un code à entrer dans un détonateur lors d’une séquence sans échappatoire ?
Si vous ne l’avez pas noté trois heures plus tôt en prévoyant exactement ce qui allait arriver… tant pis pour vous. Un design validé par Nostradamus en personne.
Et malgré la frustration qui monte, on reste accroché, avec un guide sous les yeux, parce que ce monde de robots livrés à eux-mêmes, sans humains, pose de vraies questions philosophiques. La direction artistique steampunk post-apo, elle, fonctionne très bien.
Mais la navigation via un inventaire peu ergonomique n’arrange rien : on passe un temps ridicule à tourner en rond, à cliquer sur des pixels microscopiques, dans l’espoir de débloquer une interaction oubliée par le destin.
C’est là que se révèle l’autre grand problème du jeu : son style rétro, trop poussé, trop pixélisé. Jusqu’à rendre certaines scènes pratiquement illisibles. La DA en souffre, car on devine qu’elle aurait pu être bien plus marquante sans cette fidélité aveugle aux œuvres micro-Amiga.
Ce qui surprend, c’est de lire une avalanche d’avis très positifs… où la majorité reconnaît pourtant que les énigmes sont tirées par les cheveux, et qu’avancer sans guide relève presque du masochisme.
Ai-je détesté le voyage ? Non. Mais uniquement parce qu’au tiers du jeu, j’ai choisi d’abandonner les énigmes et de me concentrer exclusivement sur le récit.
Je comprends les bonnes notes si l’on baigne dans ce type de jeux depuis trente ans. Mais personnellement, la souris m’en tombe des mains.
Les nombreuses fins, en revanche, valent vraiment le détour.
Cependant je ne recommande pas nécessairement.