Enfin un nouveau Silent Hill, une saga que j'adore mais qui n'a pas résisté à la génération PS4 certainement en crise avec son studio concepteur.
L'année dernière, j'ai terminé Silent Hill 2 et 3, puis le fabuleux remake du 2, et cette année j'ai terminé Downpour qui était jusque là le dernier silent hill original en date de 2012.
Silent Hill F prend le risque de se démarquer loin des décors typiques de la saga, bienvenue dans un Japon rétro et rural, le résultat est magnifique, le jeu est beau, prenant, assez psychologique avec bon nombres d'énigmes. Chapeau bas pour l'ambiance, la musique et la belle introduction avec les chants d'enfants (assez glaçante comme ambiance).
Première critique que je cherche à contrer : Ce n'est pas un Silent Hill. Je tiens à apporter ma théorie dans le même temps, selon moi, c'est un pur Silent hill alors oui on est loin de la ville et même pas dans la bonne époque, mais on a à faire avec une Héroïne en tourmente qui prend des médicaments et qui souffre au sein de sa famille de violence conjugal, de harcèlements scolaires, elle souffre, elle hallucine, elle est vulnérable face aux monstres, le bestiaire s'adapte à ses cauchemars comme James dans le 2. Tout le long du jeu elle tente de fuir mais le drame la rattrape, dans ce sens, on a cette double interprétation rationnelle et surnaturelle, comme toujours le fond des tueries n'a jamais d'explications réelles, la police ne retrouve rien, on explique pas le drame. Silent Hill F laisse le joueur se faire sa vision des choses, suicide, meurtre, dépression, le jeu joue avec le joueur, c'est un réel tourment et on prend tout de même plaisir à avancer pour connaitre la fin ou les différentes situations finales.
Sur le gameplay, il est lourd, elle est vulnérable dans ses déplacements, un monstre ralenti l'héroïne et l'autre n'hésite pas à enchainer les coups, sur ce point, c'est pas si facile par moment sauf dans l'autre monde où l'héroïne devient un démon capable du pire. Le jeu possède aussi des moments assez glauques, je le trouve excellent à ce niveau et on est pile dans les critères de forces de la saga. A noter que le monde irréel se mélange quasiment avec le réel.
Bestiaires : C'est un total renouvellement, j'aime beaucoup la prise de risque et puis les monstres correspondent avec les cauchemars de l'héroïne, le plus gros monstre étant la représentation de son père qui la bat. Mais je n'ai pas retrouver de monstre aussi percutant et marquant que Pyramid Head, après tout, c'est pas forcément ce qu'on demande à un nouveau Silent Hill du moment qu'il se renouvelle. Un peu trop de combats aussi sur la fin mais on est pas sur un resident evil, il y a toujours une explication tordu et malsaine à Silent Hill face à ce chaos.
Ce monde cauchemardesque peut trouver des racines partout dans le monde, pas seulement dans la ville Silent Hill, après tout, on commence bien dans un centre commercial dans le 3, on est loin de Silent Hill dans d'autres jeux. En tout cas, j'apprécie cet écart qui empêche la lassitude.
Pour conclure, le jeu traite de thèmes comme le patriarcat, la violence contre la femme, la place de la femme dans la société japonaise, le harcèlement, la jalousie, il est assez malsain, tourmenté, on en ressort conquis après une telle écriture à double lecture.