Mon passif compliqué avec le Dragon
Mon histoire avec Yakuza a longtemps été une suite de rendez-vous manqués. Pas de PS2 à l'époque, la barrière de la langue, puis une tentative mitigée sur Yakuza 0 en 2018 (lâché après 6h) et un Like A Dragon apprécié mais abandonné en cours de route. Bref, j'attendais l'alignement des planètes. L'arrivée de la traduction française sur ce remake du tout premier épisode a été le déclic. Avec sa promesse d'une durée de vie maîtrisée (une vingtaine d'heures), c'était le moment ou jamais.
Une technique propre, sans être éblouissante
Soyons clairs : le travail de remastérisation est très propre, mais nous ne sommes pas sur un remake à la FF7 Rebirth. C'est une transposition du jeu original dans le moteur de Yakuza 0, répondant aux standards d'un jeu de 2013-2015.
Testé sur un écran 108" en 4K avec une RTX 5080, le jeu tient les 60 FPS sans broncher. Si la modélisation des personnages trahit son âge par un manque de polygones et que certains intérieurs font "vides", Kamurocho reste franchement jolie, avec des textures nettes et des effets de lumière sympatoches la nuit.
Un polar diesel qui finit par emporter la mise
Le scénario coche toutes les cases du genre : code d'honneur, trahisons et guerre des clans. Si le prologue démarre fort, le rythme retombe ensuite assez lourdement. J'ai passé 5-6 heures à errer sans me sentir impliqué, noyé sous une avalanche de noms.
Heureusement, la machine finit par s'emballer : complots et MacGuffin tissent une toile narrative prenante. Mention spéciale à Goro Majima. Je l'adore autant que je le déteste. Il apporte un décalage rafraîchissant, mais son omniprésence via le système "Majima de Masse" finit par lasser, au point que je n'ai même pas fini son arc, qui proposait pourtant des situations vraiment très otiginales.
Gameplay : De la baston technique et du karaoké
Côté activités annexes, Kiwami a la décence de ne pas être invasif. J'ai aimé le karaoké, trouvé le circuit de voitures miniatures nul et le jeu de cartes "MesuKing" assez cringe. Tout est optionnel, et c'est tant mieux.
Le cœur du jeu, la bagarre, demande un temps d'adaptation. Suite à un événement scénaristique, on perd tout et il faut reconstruire son héros via 4 arbres de compétences. C'est un peu la jungle : des compétences vitales (comme les actions de ferveur pour contrer la regen des boss) sont noyées au milieu de passifs inutiles, c'est pour moi une vraie maladresse de game design.
Cependant, une fois amélioré et maîtrisé, le combat est exigeant. Il faut jongler entre les styles :
- Rapidité pour les ennemis vifs.
- Bestial pour gérer la foule avec le mobilier urbain.
- Bagarreur pour le tout-venant.
- Le style Dragon, en revanche, m'a semblé inefficace (probablement par manque d'XP).
Petit coup de gueule : les boss avec des armes à feu. Ces combats sont frustrants, cassés et inintéressants au possible.
Conclusion
J'ai beaucoup apprécié mes 25 heures dans Kamurocho. Malgré des défauts de caméra et quelques boss pénibles, j'ai été bluffé par la mise en scène finale et je me suis attaché aux personnages. Yakuza Kiwami m'a enfin permis de mettre un pied dans la série (autant que dans la gueule de mes ennemis).
Je ferai la suite avec plaisir. Si vous êtes curieux et n'avez jamais touché à la saga, c'est une excellente porte d'entrée.