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"Tu vas l'oeil provocant, le pied galant et prompt, à travers le sarcasme et l'ignoble huée..."

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54 livres

par Aurea

"Femme de la nuit aux yeux de fard, tu es la putain au grand coeur"

De Maupassant à Musset, de Balzac à Flaubert en passant par Zola et Dostoïevski, ils l'ont tous décrite, la prostituée au grand coeur, qui se vend mais se garde, pure et digne, sachant aimer jusqu'au sacrifice, voire au péril de sa vie.

"Avant de condamner on doit toujours entendre! Mon état fait horreur! J'en conviens! Je dois vendre
Mon corps pour quelques sous, et je vais, chaque jour,
Flétrir les mots sacrés de tendresse et d'amour." Evariste Carrance (La Prostituée) 1842-1916

Henri Gervex, Rolla 1878 en couverture, la citation du titre est de Sully Prudhomme

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  • Moll Flanders (1722)

    The Fortunes and Misfortunes of the Famous Moll Flanders

    Sortie : 1722.

    Livre de Daniel Defoe

    "Je me détournai, car mes yeux se remplissaient aussi de larmes, et lui demandai la permission de me retirer un peu dans ma chambre. Si j’ai eu une once de sincère repentir pour une abominable vie de vingt-quatre années passées, ç’a été alors.
    – Oh ! quel bonheur pour l’humanité, me dis-je à moi-même, qu’on ne puisse pas lire dans le cœur d’autrui ! Comme j’aurais été heureuse si j’avais été la femme d’un homme de tant d’honnêteté et de tant d’affection, depuis le commencement !
    Puis il me vint à la pensée :
    – Quelle abominable créature je suis ! Et comme cet innocent gentilhomme va être dupé par moi ! Combien peu il se doute que, venant de divorcer d’avec une catin, il va se jeter dans les bras d’une autre ! qu’il est sur le point d’en épouser une qui a couché avec deux frères et qui a eu trois enfants de son propre frère ! une qui est née à Newgate, dont la mère était une prostituée, et maintenant une voleuse déportée ! une qui a couché avec treize hommes et qui a eu un enfant depuis qu’il m’a vue ! Pauvre gentilhomme, dis-je, que va-t-il faire ?"
  • Mémoires de Fanny Hill, femme de plaisir (1749)

    Fanny Hill, or Memoirs of a Woman of Pleasure

    Sortie : 1749. Roman.

    Livre de John Cleland

    "Pour créer le personnage de Fanny Hill, Cleland s'est inspiré de Fanny Murray, une prostituée de 17 ans qui était l'idole des aristocrates londoniens.
    Sous la plume du romancier, Fanny raconte ses expériences à travers deux longues lettres où elle décrit sa vie misérable à la campagne, son arrivée sans le sou dans la capitale, son initiation dans une fameuse maison close puis sa spécialisation dans les orgies les plus débauchées.
    On suit donc au fil des pages la transformation d'une oie blanche en prostituée de luxe. Mais le récit s'attarde également sur les considérations liées au savoir-vivre. Fanny insiste longuement sur la bonne attitude à adopter face à une clientèle haut de gamme et exigeante. L'intérêt réside aussi dans l'évolution de la jeune fille.
    D'abord pure et innocente, elle acquiert vite l'expérience suffisante pour comprendre comment profiter au mieux de sa situation.
    Fanny devient une forte femme, intelligente, clairvoyante. Loin d'être une incontrôlable nymphomane (comme les prostituées de Pierre Louÿs par exemple), Fanny ne dédaigne pas le plaisir, mais elle place aussi la vertu au-dessus du vice, ne perdant jamais de vue le fait que ses nombreuses expériences lui ont surtout permis de trouver sa place dans le monde et n'ont pas fait d'elle une débauchée."
  • Marion Delorme (1831)

    Sortie : 1831.

    Livre de Victor Hugo

    "Marion, connue sous le prénom de Marie, s’est retirée à Blois où elle expie la « faute » de la vie de débauche qu’elle avait menée auparavant (« Tous ces brillants péchés qui, jeune, m’ont séduite, / N’ont laissé dans mon cœur que regrets trop souvent ») et trouve pour la première fois l’amour auprès de Didier, un homme mélancolique et mystérieux, d’origine inconnue. Chacun se pense indigne de l’autre : Marion, pour des raisons morales, Didier, pour des raisons sociales.
    Marion se croit « purifiée » par l’amour qu’elle porte à Didier, mais ne peut pas pour autant s’empêcher de croire en la nature inéluctable de sa faute, qui sert, à ses yeux, de catalyseur à la tragédie qui leur advient."
  • Les Chants du crépuscule (1835)

    Sortie : 1835. Poésie.

    Livre de Victor Hugo

    Oh ! n’insultez jamais une femme qui tombe !

    Qui sait sous quel fardeau la pauvre âme succombe !

    Qui sait combien de jours sa faim a combattu !

    Quand le vent du malheur ébranlait leur vertu,

    Qui de nous n’a pas vu de ces femmes brisées

    S’y cramponner longtemps de leurs mains épuisées !

    Comme au bout d’une branche on voit étinceler

    Une goutte de pluie où le ciel vient briller,

    Qu’on secoue avec l’arbre et qui tremble et qui lutte,

    Perle avant de tomber et fange après sa chute !



    La faute en est à nous. A toi, riche ! à ton or !

    Cette fange d'ailleurs contient l’eau pure encor.

    Pour que la goutte d’eau sorte de la poussière,

    Et redevienne perle en sa splendeur première,

    Il suffit, c’est ainsi que tout remonte au jour,

    D’un rayon de soleil ou d’un rayon d'amour !
  • Les Carnets du sous-sol (1864)

    Записки из подполья (Zapiski iz podpol'ia)

    Sortie : 1864. Roman.

    Livre de Fiodor Dostoïevski

    "Le petit fonctionnaire recherche l’estime de ceux qu’il méprise et qui le méprisent quand il est confronté à eux. Mais incapable de leur plaire, ni même de provoquer un duel ou d’assumer un affrontement seulement verbal, il se venge sur une pauvre jeune fille, Lisa, plus faible que lui, et l’humilie pour oublier sa propre humiliation. Pis encore, quand se présente à lui la possibilité de se sauver en la sauvant, il libère toute la violence et la cruauté qu’il a accumulées et se condamne à un désespoir perpétuel."

    Elle part sans un mot mais dans son for intérieur lui pardonne.

    Très bel extrait de cette superbe prostituée qu'est Lisa :

    "La frayeur et le ressentiment avaient disparu de son visage, qui n’exprimait plus qu’une surprise désolée. Quand je me traitai de vaurien et de cochon, et quand mes larmes recommencèrent à couler, – car je pleurais en débitant toute cette tirade ! – ses traits se crispèrent convulsivement, elle voulut se lever et m’interrompre. Et quand j’eus fini, elle ne s’arrêta pas à mes cris, elle ne parut pas entendre que je lui reprochais d’être encore là, mais sa physionomie exprimait avec évidence qu’elle sentait seulement combien je devais moi-même souffrir en lui disant tout cela. Et d’ailleurs, la pauvre créature était tellement
    humiliée, elle s’estimait si incomparablement inférieure à moi qu’il ne lui venait pas même à l’esprit de s’offenser. Dans une sorte d’élan à la fois irrésistible et timide, elle fit un pas vers
    moi, puis, n’osant s’approcher davantage, me tendit les bras… Mon cœur se serra. Elle vit ma physionomie changer, se jeta vers moi, enlaça mon cou de ses mains et se mit à pleurer. Je n’y pus tenir moi-même, et je sanglotai comme jamais cela ne m’était arrivé."

    Un grand merci Hailwidis
  • Crime et Châtiment (1867)

    Преступление и наказание (Pryestupleyniye i nakazaniye)

    Sortie : 1867. Roman.

    Livre de Fiodor Dostoïevski

    "Sonia, dans Crime et Châtiment,se prostitue pour subvenir aux besoins de sa famille.
    Sa prostitution se révèle la mise en oeuvre paradoxale de ses valeurs chrétiennes. Son renoncement à soi est symbole de charité et d'humilité, à savoir se mettre "en vacance" afin de se perdre en Dieu et se remettre à lui.
    Elle représente en quelque sorte"la conscience" de Raskolnikov."
  • Les Fleurs du mal (1857)

    Sortie : . Poésie.

    Livre de Charles Baudelaire

    Je n'ai pas pour maîtresse une lionne illustre

    Je n'ai pas pour maîtresse une lionne illustre :
    La gueuse, de mon âme, emprunte tout son lustre ;
    Invisible aux regards de l'univers moqueur,
    Sa beauté ne fleurit que dans mon triste coeur.

    Pour avoir des souliers elle a vendu son âme.
    Mais le bon Dieu rirait si, près de cette infâme,
    Je tranchais du Tartufe et singeais la hauteur,
    Moi qui vends ma pensée et qui veux être auteur.

    Vice beaucoup plus grave, elle porte perruque.
    Tous ses beaux cheveux noirs ont fui sa blanche nuque ;
    Ce qui n'empêche pas les baisers amoureux.
    De pleuvoir sur son front plus pelé qu'un lépreux.

    Elle louche, et l'effet de ce regard étrange
    Qu'ombragent des cils noirs plus longs que ceux d'un ange,
    Est tel que tous les yeux pour qui l'on s'est damné
    Ne valent pas pour moi son oeil juif et cerné.

    Elle n'a que vingt ans ; - la gorge déjà basse
    Pend de chaque côté comme une calebasse,
    Et pourtant, me traînant chaque nuit sur son corps,
    Ainsi qu'un nouveau-né, je la tette et la mords,

    Et bien qu'elle n'ait pas souvent même une obole
    Pour se frotter la chair et pour s'oindre l'épaule,
    Je la lèche en silence avec plus de ferveur
    Que Madeleine en feu les deux pieds du Sauveur.

    La pauvre créature, au plaisir essoufflée,
    A de rauques hoquets la poitrine gonflée,
    Et je devine au bruit de son souffle brutal
    Qu'elle a souvent mordu le pain de l'hôpital.

    Ses grands yeux inquiets, durant la nuit cruelle,
    Croient voir deux autres yeux au fond de la ruelle,
    Car, ayant trop ouvert son coeur à tous venants,
    Elle a peur sans lumière et croit aux revenants.

    Ce qui fait que de suif elle use plus de livres
    Qu'un vieux savant couché jour et nuit sur ses livres,
    Et redoute bien moins la faim et ses tourments
    Que l'apparition de ses défunts amants.

    Si vous la rencontrez, bizarrement parée,
    Se faufilant, au coin d'une rue égarée,
    Et la tête et l'oeil bas comme un pigeon blessé,
    Traînant dans les ruisseaux un talon déchaussé,

    Messieurs, ne crachez pas de jurons ni d'ordure
    Au visage fardé de cette pauvre impure
    Que déesse Famine a par un soir d'hiver,
    Contrainte à relever ses jupons en plein air.

    Cette bohème-là, c'est mon tout, ma richesse,
    Ma perle, mon bijou, ma reine, ma duchesse,
    Celle qui m'a bercé sur son giron vainqueur,
    Et qui dans ses deux mains a réchauffé mon coeur.
  • Le Spleen de Paris (1869)

    Sortie : 1869. Poésie.

    Livre de Charles Baudelaire

    La belle Dorothée

    Pourquoi a-t-elle quitté sa petite case si coquettement arrangée, dont les fleurs etles nattes font à si peu de frais un parfait boudoir; où elle prend tant de plaisir à se peigner, à fumer, à se faire éventer ou à se regarder dans le miroir de ses grands éventails de plumes, pendant que la mer, qui bat la plage à cent pas de là, fait à ses rêveries indécises un puissant et monotone accompagnement, et que la marmite de fer, où cuit un ragoût de crabes au riz et au safran, lui envoie, du fond de la cour, ses parfums excitants?

    Peut-être a-t-elle un rendez-vous avec quelque jeune officier qui, sur des plages lointaines, a entendu parler par ses camarades de la célèbre Dorothée. Infailliblement elle le priera, la simple créature, de lui décrire le bal de l'Opéra, et lui demandera si on peut y aller pieds nus, comme aux danses du dimanche, où les vieilles Cafrines elles-mêmes deviennent ivres et furieuses de joie; et puis encore si les belles dames de Paris sont toutes plus belles qu'elle.

    Dorothée est admirée et choyée de tous, et elle serait parfaitement heureuse si elle n'était obligée d'entasser piastre sur piastre pour racheter sa petite soeur qui a bien onze ans, et qui est déjà mûre, et si belle! Elle réussira sans doute, la bonne Dorothée; le maître de l'enfant est si avare, trop avare pour comprendre une autre beauté que celle des écus!
  • Boule de suif (1880)

    Sortie : . Recueil de nouvelles.

    Livre de Guy de Maupassant

    "La femme, une de celles appelées galantes, était célèbre par son embonpoint précoce qui lui avait valu le surnom de Boule de suif. Petite, ronde de partout, grasse à lard, avec des doigts bouffis, étranglés aux phalanges, pareils à des chapelets de courtes saucisses, avec une peau luisante et tendue, une gorge énorme qui saillait sous sa robe, elle restait cependant appétissante et courue, tant sa fraîcheur faisait plaisir à voir.
    Sa figure était une pomme rouge, un bouton de pivoine prêt à fleurir; et là-dedans s'ouvraient, en haut, deux yeux noirs magnifiques, ombragés de grands cils épais qui mettaient une ombre dedans; en bas, une bouche charmante, étroite, humide pour le baiser, meublée de quenottes luisantes et microscopiques.
    Elle était de plus, disait-on, pleine de qualités inappréciables."

    "On n'attendait plus que Boule de suif. Elle parut.

    Elle semblait un peu troublée, honteuse, et elle s'avança timidement vers ses compagnons, qui, tous, d'un même mouvement, se détournèrent comme s'ils ne l'avaient pas aperçue. Le comte prit avec dignité le bras de sa femme et l'éloigna de ce contact impur."
  • La Maison Tellier (1881)

    Sortie : 1881. Recueil de nouvelles.

    Livre de Guy de Maupassant

    "« La Maison Tellier » est une nouvelle de la transgression, du renversement complet et volontaire des codes moraux communément admis, et en particulier, à l'époque De Maupassant. Celui-ci s'exposait donc sciemment à choquer, à indigner son lectorat.
    Dans cette nouvelle, la maison close est présentée comme une institution de salut public, les notables comme une espèce de vermine prête à s'adonner aux plus viles débauches et dont la fréquentation assidue des prostituées permettrait le maintien dans les limites acceptables de leurs tendances bestiales.

    Les cocottes prennent, dans la modeste église de campagne où est célébrée une communion, le statut de dévotes exemplaires suscitant la piété du restant de la population, peu encline à la béatitude. le prêtre lui-même, le plus ancien du diocèse, prétend n'avoir jamais rencontré, en sa longue carrière, pareil moment de grâce.
    Sorties de « leur jus » citadin, auprès des humbles ruraux, le bataillon bigarré de prostituées prend des allures d'opulence et de respectabilité et Maupassant ironise à fond sur la célèbre maxime attribuée à l'empereur Vespasien : « l'argent n'a pas d'odeur »"

    "Femmes de joie" n'aura jamais mieux porté son nom que dans cette nouvelle où les galantes sont le symbole de la joie de vivre, voire d'une certaine pureté.
  • Mademoiselle Fifi (1882)

    Sortie : 1882. Recueil de nouvelles.

    Livre de Guy de Maupassant

    "L'héroïne de Mademoiselle Fifi se prénomme Rachel comme la prostituée qui dans Bel-Ami ne fait pas payer Georges pour ses prestations.
    Cette nouvelle met en valeur l'héroïsme d'une fille du peuple qui fait preuve de plus de courage face à l'occupant que la majorité des bourgeois qui ne pensent qu'à leurs intérêts matériels. La nouvelle évoque la répression prussienne à travers la prise d'otages et leur exécution et le sadisme du commandant prussien."

    Merci No_Hell
  • Le lit 29 (1884)

    Sortie : 1884. Recueil de nouvelles.

    Livre de Guy de Maupassant

    Une prostituée patriote décide de ne pas se faire soigner de la syphilis afin de contaminer le plus grand nombre de Prussiens

    "Elle ne se taisait pas. Elle criait :

    — Ah ! oui, tu es un joli poseur. Je te connais, va. Je te connais. Je te dis que je leur ai fait plus de mal que toi, moi, et que j’en ai tué plus que tout ton régiment réuni… va donc… capon !

    Il s’en allait, en effet, il fuyait, allongeant ses grandes jambes, passant entre les deux rangs de lits où s’agitaient les syphilitiques. Et il entendait la voix haletante, sifflante, d’Irma, qui le poursuivait :

    — Plus que toi, oui, j’en ai tué plus que toi, plus que toi…

    Il dégringola l’escalier quatre à quatre, et courut s’enfermer chez lui.

    Le lendemain, il apprit qu’elle était morte."
  • Bel-Ami (1885)

    Sortie : 1885. Roman.

    Livre de Guy de Maupassant

    "Rachel est une prostituée des Folies Bergère.
    Elle apparaît peu dans le roman et est qualifiée de « grosse brune»
    Sa relation avec Georges Duroy:
    C'est la première femme qu'il rencontre dans le roman.
    Séduite par lui, elle ne le fait pas payer mais l'humilie quand il ne la salue pas car il est avec Mme de Marelle.
    A travers son personnage, on peut juger du pouvoir de séduction de George Duroy, mais aussi de la personnalité de Rachel."
  • La Dame aux camélias (1848)

    Sortie : 1848. Roman.

    Livre de Alexandre Dumas fils

    "Marguerite commence à danser puis s'interrompt, prise soudain par l'une de ses crises de phtisies. Elle demande à rester seule. Armand Duval, toutefois, veut rester avec elle. Il lui déclare alors son amour. Marguerite, malgré son trouble, relativise :

    « .. aimez moi comme un bon ami, mais pas autrement. Venez me voir, nous rirons, nous causerons; mais ne vous exagérez pas ce que je vaux, car je ne vaux pas grand chose. Vous avez un bon cœur, vous avez besoin d'être aimé; vous êtes trop jeune et trop sensible pour vivre dans notre monde; aimez une autre femme ou mariez-vous…».

    Puis Marguerite offre à Armand un camélia qu'il doit lui rapporter le lendemain "quand il sera fané" dit-elle.

    "Il vous sera beaucoup pardonné, car vous avez beaucoup aimé"
    sera le mot de la fin, prononcé par Nanine, la servante.
  • Les Misérables (1862)

    Sortie : 1862. Roman.

    Livre de Victor Hugo

    Fantine

    "En 1817 à Paris, Fantine a été séduite par un étudiant puis abandonnée avec sa petite Cosette, qu'elle a confiée à un couple de sordides aubergistes de Montfermeil, les Thénardier. Elle est contrainte de se prostituer."

    "Le lendemain matin, comme Marguerite entrait dans la chambre de Fantine avant le jour, car elles travaillaient toujours ensemble et de cette façon n’allumaient qu’une chandelle pour deux, elle trouva Fantine assise sur son lit, pâle, glacée. Elle ne s’était pas couchée. Son bonnet était tombé sur ses genoux. La chandelle avait brûlé toute la nuit et était presque entièrement consumée.

    Marguerite s’arrêta sur le seuil, pétrifiée de cet énorme désordre, et s’écria :

    – Seigneur ! la chandelle qui est toute brûlée ! il s’est passé des événements !

    Puis elle regarda Fantine qui tournait vers elle sa tête sans cheveux.

    Fantine depuis la veille avait vieilli de dix ans.

    – Jésus ! fit Marguerite, qu’est-ce que vous avez, Fantine ?

    – Je n’ai rien, répondit Fantine. Au contraire. Mon enfant ne mourra pas de cette affreuse maladie, faute de secours. Je suis contente.

    En parlant ainsi, elle montrait à la vieille fille deux napoléons qui brillaient sur la table.

    – Ah, Jésus Dieu ! dit Marguerite. Mais c’est une fortune ! Où avez-vous eu ces louis d’or ?

    – Je les ai eus, répondit Fantine.

    En même temps elle sourit. La chandelle éclairait son visage. C’était un sourire sanglant. Une salive rougeâtre lui souillait le coin des lèvres, et elle avait un trou noir dans la bouche.

    Les deux dents étaient arrachées."
  • Illusions perdues (1839)

    Sortie : 1839. Roman.

    Livre de Honoré de Balzac

    Coralie, prostituée au grand coeur

    « Coralie montrait une sublime figure hébraïque, ce long visage ovale d'un ton d'ivoire blond, à bouche rouge comme une grenade, à menton fin comme le bord d'une coupe. Sous des paupières chaudes et comme brûlées par une prunelle de jais, sous des cils recourbés, on devinait un regard languissant où scintillaient à propos les ardeurs du désert. [...]
    Mais Coralie, semblable à beaucoup d'actrices, était sans esprit malgré son nez ironique et fin, sans instruction malgré son expérience ; elle n'avait que l'esprit des sens et la bonté des femmes amoureuses »

    "Dans Illusions perdues, elle est comédienne et maîtresse de Camusot avant de devenir celle de Lucien de Rubempré. Richement entretenue par Camusot, elle espère que sa célébrité au théâtre (soutenue par les journalistes amis de Lucien) et le succès de son amant en littérature lui permettront d'en finir avec la prostitution."
  • Splendeurs et misères des courtisanes (1847)

    Sortie : 1847. Roman.

    Livre de Honoré de Balzac

    Esther

    "Comme une courtisane au cœur d'or caractéristique, Esther renonce à sa vie de commerce sexuel par amour pour un homme, dans ce cas le jeune provincial Lucien de Rubempré. Malheureusement, le don d'Esther comme courtisane se trahit, alors que l'antagoniste Vautrin l'utilise pour séduire le baron de Nucingen dans un complot prévu afin de le sauver de ses dettes.
    D'après ses desseins, Esther, avec son charme attirant, va procurer au baron la plus grande somme d'argent possible en lui vendant son corps. Dès le début du roman, l'écrivain Étienne Lousteau décrit ce pouvoir magnétique d'Esther sur les hommes. :

    A dix-huit ans, cette fille a déjà connu la plus haute opulence, la plus basse misère, les hommes à tous les étages. Elle tient comme une baguette magique avec laquelle elle déchaîne les appétits brutaux si violemment comprimés chez les hommes qui ont encore du coeur en s'occupant de politique ou de science, de littérature ou d'art. Il n'y a pas de femme dans Paris qui puisse dire comme elle à l'Animal : « Sors!... » Et l'Animal quitte sa loge, et il se roule dans les excès. »
  • Marthe (1876)

    Sortie : 1876. Roman.

    Livre de Joris-Karl Huysmans

    "Marthe, ouvrière dans un atelier de fausses perles a"des ardeurs étranges, un dégoût de métier, une haine de misère, une aspiration maladive d'inconnu, une désespérance non résignée." (p. 22)
    Lascive et paresseuse, elle cherche la vie facile. "Un beau soir, la faim la roula dans la boue des priapées ; elle s'y étendit de tout son long et ne se releva point. [...]
    L'apprentissage de ce nouveau métier était fait ; elle était passée vassale du premier venu, ouvrière en passions." (p. 37)

    Après un passage dans une maison close qui lui meurtrit l'âme et imprime en elle la haine de la condition de fille, elle monte sur les planches du théâtre de Bobino. Belle et légère, elle sait que "tous les yeux étaient braqués sur elle, tous flamboyaient en honneur de sa gorge." (p. 17)

    Un soir, elle se laisse prendre aux doux mots de Léo, journaliste et écrivain sans talent. "Léo vivait de sa plume, autrement dit, il vivait de faim." (p. 41) Mais le concubinage entre l'écrivaillon et la putain chanteuse n'est pas aussi magique que promis. Léo en souffre le premier et se dégoûte de sa belle, "ce suicide d'intelligence que l'on nomme "un collage" commençait à lui peser." (p. 53)

    Revoilà le ruisseau pour Marthe, ruisseau qui charrie ses regrets, ses remords et ses pudeurs vaines et tardives."

    Merci No_Hell
  • La Femme pauvre (1897)

    Sortie : mai 1897. Roman.

    Livre de Léon Bloy

    Une prostituée rachetée par la grâce

    "Roman divisé en deux grandes parties, on y apprend la triste histoire de Clothilde Maréchal, fille pieuse mais tourmentée, simple mais déchue, courageuse malgré son horrible tartuffe de mère ainsi que son alcoolique de compagnon revendiquant le droit d'être son père.
    Celui-ci est déjà mort depuis longtemps et sa mémoire est salie par la mère de Clothilde. Vivant dans une froide misère, Clothilde est obligée de pourvoir aux besoins de sa famille, qui ne cesse de lui reprocher quantité de choses. C'est finalement en étant obligée de poser nue pour un peintre que Clothilde prend enfin un autre chemin.
    Pélopidas Gacougnol artiste peintre exubérant et un peu grossier au premier abord, se prend rapidement d'affection pour cette étrange pauvrette dont l'âme n'en est pas moins riche et humble. Ensemble, ils rencontrent Caïn Marchenoir, le héros d'un précédent roman – le Désespéré – et aussi une des incarnations de Léon Bloy."
  • Novembre (1842)

    Sortie : 1842. Nouvelle.

    Livre de Gustave Flaubert

    Marie, jeune prostituée au grand coeur


    "Flaubert avait 20 ans quand il écrivit Novembre, une œuvre qui n'a été éditée qu'en 1910.
    Dans le passage qui suit, Marie raconte au narrateur son enfance et ce qui l'a conduite à se prostituer. On y trouve déjà l'enfance à la campagne, l'éveil de la sensualité, le « catholicisme amoureux », la première communion, la lecture de Paul et Virginie, les reines infortunées, la tentation du suicide, etc...

    "Quand je l'ai priée de me raconter son histoire, elle me dit :
    « À toi, je le peux bien. Les autres mentiraient et commenceraient par te dire qu'elles n'ont pas toujours été ce qu'elles sont, elles te feraient des contes sur leurs familles et sur leurs amours, mais je ne veux pas te tromper ni me faire passer pour une princesse ; écoute, tu vas voir si j'ai été heureuse ! Sais-tu que souvent j'ai eu envie de me tuer ? une fois on est arrivé dans ma chambre, j'étais à moitié asphyxiée. Oh ! si je n'avais pas peur de l'enfer, il y a longtemps que ça serait fait. J'ai aussi peur de mourir, ce moment-là à passer m'effraie, et pourtant, j'ai envie d'être morte !"
  • Isidora (1846)

    Sortie : 1846. Roman.

    Livre de George Sand

    "L'histoire d'une femme à deux visages : Julie, nommée également Isidora. La première, femme de jour, semble incarner la vertu. La seconde, femme es nuit, est une véritable courtisane, ayant mauvaise réputation au sein de la société et de sa belle-famille.
    Elle sera sauvée par Alice, soeur de son défunt mari, qui va accepter de la considérer comme sa propre soeur."

    "La bonté des femmes est immense. D'où vient donc que la bonté n'a pas de droits à l'action sociale en législation et en politique"
  • L'Éducation sentimentale (1869)

    Sortie : 1869. Roman.

    Livre de Gustave Flaubert

    "La double fréquentation de Mme Arnoux et de Rosanette "faisait dans sa vie comme deux musiques", avoue Frédéric. (p.171)
    L'une pour l'âme, l'autre pour la corps et les plaisirs.
    Frédéric ne s'engagera jamais auprès de Rosanette, y compris après la naissance de son fils, et même si elle rêve mariage et vie conjugale, elle sait que ce n'est pas son statut, d'ailleurs elle ne se comporte pas comme une victime.
    La pauvre -c'est notre vision mais pas celle du romancier- sera aisément sacrifiée par Frédéric odieux, même à la mort de l'enfant."

    Merci fleurblanche
  • Les Mystères de Paris (1842)

    Sortie : 1842. Roman.

    Livre de Eugène Sue

    Fleur de Paris, une image virginale de la prostituée

    "Au coeur de la nuit dans les rues de Paris, le prince Rodolphe de Gérolstein, grimé en homme du peuple, tire Fleur de Marie, une jeune prostituée, des mains brutales du "chourineur".
    Pourtant Fleur de Marie et le chourineur se liant avec Rodolphe, lui racontent dans une taverne, où ils échouent tous trois, leur triste destinée. le meurtre et la prostitution ne sont que les tristes conséquences d'une enfance abandonnée à la misère.

    Rodolphe qui, durant un moment de folie, a lui-même menacé son père de son épée, décide de venir en aide à ses deux nouveaux amis. Il les aidera à sortir de ce milieu qui les avilit.
    Pour cela il devra affronter "la chouette" à qui Fleur de Marie fut confiée enfant et "le maître d'école" son associé maudit. Aidé du "chourineur", auquel il offre la rédemption, il vole au secours des pauvres et des opprimés qu'il rencontre au gré de ses errances dans Paris."

    Mais le mystère s'épaissit : qui est vraiment Fleur de Marie?
  • Poésies nouvelles (1850)

    Sortie : 1850. Poésie.

    Livre de Alfred de Musset

    3ème partie de Rolla (Réflexion sur la corruption de la pure jeune fille prostituée par sa mère)

    Ô chaos éternel ! prostituer l’enfance !
    Ne valait-il pas mieux, sur ce lit sans défense,
    Balafrer ce beau corps au tranchant d’une faux,
    Prendre ce cou de neige et lui tordre les os ?
    Ne valait-il pas mieux lui poser sur la face
    Un masque de chaux vive avec un gant de fer,
    Que d’en faire un ruisseau limpide à la surface,
    Réfléchissant les fleurs et l’étoile qui passe,
    Et d’en salir le fond des poisons de l’enfer !

    Oh ! qu’elle est belle encor ! quel trésor, ô nature !
    Oh ! quel premier baiser l’Amour se préparait !
    Quels doux fruits eût portés, quand sa fleur sera mûre,
    Cette beauté céleste, et quelle flamme pure
    Sur cette chaste lampe un jour s’éveillerait !

    Pauvreté ! Pauvreté ! c’est toi la courtisane.
    C’est toi qui dans ce lit a poussé cet enfant
    Que la Grèce eût jeté sur l’autel de Diane !
    Regarde, — elle a prié ce soir en s’endormant…
    Prié ! — Qui donc, grand Dieu ! C’est toi qu’en cette vie
    Il faut qu’à deux genoux elle conjure et prie ;
    C’est toi qui, chuchotant dans le souffle du vent,
    Au milieu des sanglots d’une insomnie amère,
    Es venue un beau soir murmurer à sa mère :
    Ta fille est belle et vierge, et tout cela se vend !
    Pour aller au sabbat, c’est toi qui l’as lavée,
    Comme on lave les morts pour les mettre au tombeau ;
    C’est toi qui, cette nuit, quand elle est arrivée,
    Aux lueurs des éclairs, courais sous son manteau !

    Hélas ! qui peut savoir pour quelle destinée,
    En lui donnant du pain, peut-être elle était née ?
    D’un être sans pudeur ce n’est pas là le front.
    Rien d’impur ne germait sous cette fraîche aurore.
    Pauvre fille ! à quinze ans ses sens dormaient encore ;
    Son nom était Marie, et non pas Marion.
    Ce qui l’a dégradée, hélas ! c’est la misère,
    Et non l’amour de l’or. — Telle que la voilà,
    Sous les rideaux honteux de ce hideux repaire,
    Dans cet infâme lit, elle donne à sa mère,
    En rentrant au logis, ce qu’elle a gagné là.
  • L'Assommoir (1877)

    Sortie : 1877. Roman.

    Livre de Émile Zola

    Gervaise, femme au grand coeur, travailleuse toute dévouée aux autres : elle sombrera par lassitude dans la misère, l'alcoolisme et la prostitution.

    " Elle était au bord d’un puits; Coupeau la poussait d’un coup de poing, tandis que Lantier lui chatouillait les reins pour la faire sauter plus vite. Eh bien, ça ressemblait à sa vie.

    Gouget est le troisième homme dans la vie de Gervaise. Il est le seul modèle de vertu, il représente une sorte d’ouvrier idéal, cependant, dans l’intrigue romanesque, il demeure impuissant à sortir Gervaise de l’engrenage tragique où elle se débat: il incarne, apparemment, une vie meilleure possible dans un ailleurs que Gervaise, aliénée, ne peut pas accepter. Nous nous en irons, nous vivrions quelque part, en Belgique si vous voulez.

    Ce personnage permet à Zola de mettre en place un jeu d’antithèses avec le duo Coupeau/Lantier aussi bien physique que moral. Tout de même, l’effacement progressif de Goujet dans la vie de Gervaise, alors que «Coupeau et Lantier l’usaient (…) la brûlaient par les deux bouts, comme on dit de la chandelle» concrétise l’échec d’une vie et la victoire du mal. En définitive, le système des personnages révèle une convergence négative pour Gervaise par indifférence, par impuissance, par parasitisme, par volonté de nuire, tous les personnages conduisent Gervaise vers la niche de la misère et de la lassitude."
  • La fille Elisa (1877)

    Sortie : 1877. Roman.

    Livre de Edmond De Goncourt

    "Cet homme, je ne sais pas si je l'aime, mais il me dirait : ta peau, je la veux pour m'en faire une paire de bottes, que je lui crierais : Prends-la! "

    Elisa, folle amoureuse puis déçue, en femme simple et entière, choisira la solution extrême, finissant ses jours en prison

    "Je regardais attentivement la femme au masque paralysé, aux yeux aveugles, et dont la bouche seule encore vivante dans sa figure tendait vers la garde des lèvres enflées de paroles qui avaient à la fois comme envie et peur de sortir.

    ― « Mais, messieurs, m’écriai-je, avec un peu de colère dans la voix, est-ce que, même à l’agonie, vous ne permettez pas à vos prisonnières de parler ? »

    ― « Oh, messieurs !... N’est-ce pas, cher directeur, que nous sommes plus élastiques que ça ? » fit d’un ton léger, le sous-préfet, qui, s’adressant à la mourante, lui dit : « Parlez, parlez tout à votre aise, brave femme. »


    La permission arrivait trop tard. Les sous-préfets n’ont pas le pouvoir de rendre la parole aux morts."
  • Bubu de Montparnasse (1901)

    Sortie : 1901. Roman.

    Livre de Charles-Louis Philippe

    "Le Paris du début du XXème siècle est restitué sans fard. La violence, la pauvreté, les ravages de la syphilis, la condition des femmes publiques, rien n'est occulté. Berthe est un personnage féminin qui vous poursuivra longtemps. Cette oie blanche devenue prostituée par amour pour Maurice, va très vite comprendre que plus jamais elle ne pourra échapper à sa condition. Son homme la bat ? Elle l'accepte car « un homme est un gouvernement qui nous bat pour nous montrer qu'il est le maître, mais qui saurait nous défendre au moment du danger. » Et quand Maurice vient la rechercher en sortant de prison, c'est une sorte de lucidité qui prend le pas sur l'amertume : « Elle partait dans un monde ou la bienfaisance individuelle est sans force parce qu'il y a l'amour et l'argent, parce que ceux qui font mal sont implacables et parce que les filles publiques en sont marquées dès l'origine comme des bêtes passives que l'on mène au pré communal ».
    Ni populaire ni populiste, Bubu de Montparnasse est un roman du peuple, tout simplement. Et c'est déjà beaucoup."
  • Keetje (1930)

    Sortie : 1930. Roman.

    Livre de Neel Doff

    "Impossible de ne pas comparer Keetje à Gervaise Macquart, héroïne de "L'assommoir" de Zola. Et il est vrai que ce roman, à première vue, ressemble à du Zola, mais ça n'en est pas.
    Dans le roman de Neel Doff, une chance est donnée à la jeune femme, sans cette inévitable chute qui a été celle de Gervaise, de Nana ou de Renée.
    Certes, Keetje n'est pas épargnée par les vicissitudes de la vie, ses douleurs, ses coups durs. Mais elle demeure humaine, modeste, dans le succès comme dans le malheur."

    Merci de m'y avoir fait penser, Ratdebibli
  • Pays de neige (1935)

    雪国 (Yukiguni)

    Sortie : 1935. Roman.

    Livre de Yasunari Kawabata

    "C'est l'histoire d'un homme, Shimamura, qui ne sait que recevoir, qu'être choyé. Un homme de la ville qui découvre les choses simples de la vie des montagnards, touriste dans une auberge. C'est l'histoire d'une « femme excellente », Komako, geisha de son état, ce qui ne lui permet pas d'espérer et pourtant, elle l'attend."

    "De quoi me plaindrais-je, reprit Komoko. Il n'y a que les femmes pour savoir aimer après tout."
  • La P... respectueuse (1946)

    Sortie : 1946. Théâtre.

    Livre de Jean-Paul Sartre

    "Fred, d'autres hommes, puis le sénateur entreprennent à tour de rôle de manipuler Lizzie. Mais, même si on peut acheter son corps, celle-ci ne veut pas vendre sa conscience. D'où le titre de la pièce, composé d'un superbe oxymore. Où on peut être une putain et être respectueuse."

    Merci fleurblanche
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