Lectures 2026
23 livres
créée il y a 4 mois · modifiée il y a 3 joursSon Excellence Eugène Rougon (1876)
Sortie : 1876 (France). Roman
livre de Émile Zola
jujupjt a mis 8/10.
Annotation :
Plongée cette fois dans le monde politique du 19eme siècle où l'on suit les succès et les déboires d'Eugène Rougon qui ne vit que pour le pouvoir. Ses amis, ou plutôt ce qui s'apparente à sa cour personnelle, tantôt l'admirent ou le critiquent et font et défont les carrières grâce à leur influence. Les amis d'un jour ne le sont pas forcément le lendemain et l'opportunisme est au rendez-vous. Zola décrit une société parisienne où la loyauté prime sur le mérite. Au milieu de ces personnages ingrats, on a le personnage féminin de Clorinde, sorte de girlboss du 19eme. Je dirais qu'elle vole presque la vedette au personnage principal en utilisant de son charme et de son intelligence pour arriver à grimper dans la société. Un personnage très moderne je trouve pour un roman qui a plus de 150 ans !
C'est toujours un plaisir à lire, très subtil, une fine critique de l'époque et de nombreuses situations qui portent à sourire.
Rêves de garçons
Boy Heaven
Sortie : 12 avril 2007 (France). Roman
livre de Laura Kasischke
jujupjt a mis 3/10.
Annotation :
Avec cette auteure, on passe du meilleur au pire et après avoir adoré l'un de ses livres l'année dernière, j'ai été très déçue de celui-ci. Ce roman très court ne va nulle part. Il ne se passe quasiment rien jusqu'au 20 dernières pages, la fin est alors accélérée pour résumer la vie du personnage principal sur quelques pages. Les autres personnages sont assez caricaturaux. Puis le récit est entrecoupé de chapitres sur le passé de Kristi, le personnage principal, qui sont sans intérêt pour l'intrigue, trop nombreux et qui cassent le rythme. Je ne sais pas ce qu'on doit tirer de la fin de ce livre honnêtement
Un sang d'aquarelle (1987)
Sortie : 1987 (France). Roman
livre de Françoise Sagan
jujupjt a mis 5/10.
Annotation :
J'ai clairement eu du mal à rentrer dans ce roman pourtant court qui m'a paru très long. Situé pendant l'occupation, on suit Constantin un réalisateur allemand dans le déni complet des horreurs de la guerre, de ce que fait son pays. Ce personnage va être confronté à la réalité ce qui va le pousser à se mettre en danger pour protéger celui qu'il aime. La fin est est trépidante comparé au reste du roman que j'ai trouvé ennuyeux (notamment les longues parties sur les pensées du personnage). J'ai aussi eu du mal avec le ton légèrement décalé par rapport à cette période tragique de l'histoire.
La Nuit. Le Sommeil. La Mort. Les Étoiles (2021)
Night. Sleep. Death. The Stars
Sortie : 14 octobre 2021 (France). Roman
livre de Joyce Carol Oates
jujupjt a mis 7/10.
Annotation :
Dans ce livre, il est question du deuil vécu différemment par chacun des membres d'une famille, selon sa place dans la famille mais aussi selon sa personnalité, son caractère. Bien que reliés par les liens du sang et par l'amour familial, le livre nous rappelle que la perte d'un être cher est toujours une épreuve solitaire. Les récits des différents personnages sont donc assez individuels. Il y a des réflexions intéressantes sur le deuil, comment vivre l'après, la culpabilité de passer à autre chose sans trahir la mémoire, mais on touche aussi du doigt des sujets comme le racisme ou les violences policières. Etant donné la taille du livre (900 pages), on évite pas quelques longueurs qui nous font finalement traverser cette période en dehors du temps avec les personnages.
j'ai beaucoup aimé quelques phrases :
"Tout adulte n'est qu'un enfant quand l'un de ses parents meurt."
"Cet instant où vous réalisez, au moment où la vie s'éteint dans un être, que c'est la vôtre propre qui s'étiole et expire."
L'Amour aux temps du choléra (1985)
El amor en los tiempos del cólera
Sortie : 1987 (France). Roman
livre de Gabriel García Márquez
jujupjt a mis 4/10 et a écrit une critique.
Annotation :
Commençons par le positif, ce livre est indéniablement bien écrit, les phrases sont sophistiquées, avec des passages poétiques très beaux. La structure du livre qui jongle entre différents passages du passé est bien faite. Maintenant l’histoire m’a profondément dérangé. A commencer par celle entre Florentino et Fermina, qui débute lorsqu’il a 18 ans et elle 13 et qui s’apparente pour moi à du harcèlement et une obsession malsaine qu’on veut faire passer pour de l’amour. Ça verse carrément dans l’illégalité lorsque Florentino, 76 ans fréquente une jeune fille de 14 ans !! Ce qui me gêne ce n’est pas tant qu’une histoire problématique comme celle-ci soit relatée, car malheureusement cela existe dans la vie. Le problème c’est que c’est romantisé. Il n’y a pas de mise à distance de la part de l’auteur, pour dénoncer ça. Les corps des jeunes filles sont sexualisés et ça m’a dérangé. Sans parler de Léona Cassiani qui espère retrouver son violeur car c’est « le seul homme avec qui elle pourrait vivre ». Il faut être totalement à côté de la plaque pour faire dire une chose pareille à un personnage féminin (culture du viol bonjour). Les nombreuses aventures de Florentino sont redondantes et prennent beaucoup de place. Les parties sur Fermina m’ont largement plus intéressées (désillusion du mariage, transfuge de classe, infidélité du mari), mais là encore son mari l’aura à l’usure et c’est présenté comme de l’amour… Bref une vraie déception pour ce livre qui m’a souvent révolté et peu passionné par son intrigue.
Fun fact : saviez-vous que l’on peut trouver le mot bistouquette dans ce livre ? Certains choix de traduction m’ont parfois fait sourire dans un livre au langage si poétique.
L'Argent (1891)
Sortie : 1891 (France). Roman
livre de Émile Zola
jujupjt a mis 7/10.
Annotation :
Je continue la saga des Rougon-Macquart avec ce nouveau volet consacré à Aristide Rougon et sa ruée sur la Bourse. Sujet qui ne me passionne pas particulièrement à la base. J'ai d'ailleurs trouvé certains passages un peu techniques pour une non-initiée comme moi. Malgré cela, le roman comporte des intrigues palpitantes avec des personnages toujours aussi bien travaillés et en nuance. Il y a une véritable réflexion sur le rôle de l'argent dans notre société : à la fois source de projets et de progrès et aussi de corruption et d'avidité sans fin. A l'image du personnage d'Aristide complètement obnubilé par le succès financier et la richesse jusqu'au bout, prêt à tout et sans scrupule pour ceux qui l'entourent. En filigrane, dans ses discours on assiste aussi à la montée de l'antisémitisme dans la société française.
Tovaangar (2025)
Sortie : 20 août 2025. Roman, Science-fiction
livre de Céline Minard
jujupjt a mis 5/10 et a écrit une critique.
Annotation :
Quelle ambition de raconter le monde tel qu'il serait après la chute de l'espèce humaine. C'est pourtant ce à quoi s'attaque Céline Minard dans ce roman qui se place du point de vue de la nature, des animaux, des créatures et des plantes qui ont survécu et ont depuis oublié notre civilisation. A tel point qu'ils le regardent avec des yeux nouveaux et interrogatifs.
C'est donc une belle promesse, j'avais hâte de m'y plonger, pourtant très vite j'ai été déstabilisée par ce vocabulaire créé pour le livre, comme une évolution de notre langue. Des allers-retours vers le glossaire ont été nécessaires ce qui a alourdi la lecture, mais il faut reconnaître que l'auteure a essayé de créer un véritable univers via ce langage. Les descriptions sont tellement foisonnantes que j'ai eu du mal parfois à me représenter vraiment ce dont on parlait, ce qui a fini par me lasser, voir m'agacer. Les personnages sont aussi trop nombreux et un peu "lisses" et finissent par se perdre dans la longueur du récit. On a quand même de belles réflexions sur le monde, l'écologie, la place de l'homme et sa déchéance du fait de son mode de vie. Céline Minard nous propose une vision un peu trop utopiste, à mon goût, d'un futur où la nature serait en complète harmonie.
Malgré tout ça, il manque un petit quelque chose qui fait qu'on s'attache aux personnages et qui fait qu'on a envie de tourner la page. Je reste avec cette impression que le livre ne démarre vraiment jamais et qu'il ne nous emmène nul part. Les 200 dernières pages m'ont vraiment paru interminables.
Et la joie de vivre (2026)
Sortie : 17 février 2026. Récit, Politique & économie
livre de Gisèle Pelicot et Judith Perrignon
jujupjt a mis 9/10.
Le Temps d’après
Here in This Next New Now
Sortie : 15 janvier 2025 (France). Roman
livre de Jean Hegland
jujupjt a mis 8/10.
Annotation :
Coincidence de la pile à lire, j'enchaine sur un second livre post-apo. Je l'attendais avec impatience puisque c'est la suite d'un de mes livres préférés "Dans la forêt". L'histoire est cette fois racontée du point de vue de Burl, né après l'effondrement de notre société. De ce fait, l'auteur a fait subtilement évolué son langage, mais cela reste très lisible et même plaisant par moment grâce aux jeux de mots créés. J'ai dévoré le livre en quelques jours, on peut donc dire que cela m'a plu. On retrouve la belle plume de Jean Hegland qui met beaucoup de poésie et de douceur dans son récit. Mon seul regret est que, si le début de l'histoire prend le temps d'installer l'intrigue et de faire de nombreux flashbacks utiles, la fin de l'histoire s'accélère d'un coup et laisse un goût de "pas fini", probablement pour ouvrir la possibilité d'une suite. J'aurai préféré que le rythme assez lent soit conservé jusqu'à la fin quitte à ce que le livre soit plus long.
Moi qui n'ai pas connu les hommes (1995)
Sortie : 1 décembre 1995. Roman
livre de Jacqueline Harpman
jujupjt a mis 9/10.
Annotation :
J'ai été littéralement happé par ce livre dont j'ai lu 150 pages en une journée. Ce roman aux airs de science-fiction post-apocalyptique (encore décidemment) m'a plongé aux côtés de l'héroïne, successivement dans l'espoir et le désarroi, obligée d'avancer pour continuer à vivre et espérer trouver des réponses à ses questions. Le livre, sans chapitre, de par sa noirceur créée un sentiment d'oppression et de spirale de désespoir. J'ai ressenti une grande tristesse pour le destin de la narratrice, tristesse qu'elle même ne semble pas vraiment subir, peut-être car comme ces femmes qui l'accompagnent et ont connu le monde d'avant, je la regarde à travers mon prisme. Le livre nous questionne sur la liberté : qu'est-ce que la liberté infinie quand on a aucun but ? Qu'est-ce qui nous rend humain ? C'est la curiosité et la soif d'apprendre qui permettront de donner un sens et de la joie à l'héroïne. Le manque d'explications ne m'a pas gêné mais je peux comprendre que ca soit frustrant pour certains. Pour ma part, c'est un livre qui m'a bouleversé.
La Nuit ravagée (2025)
Sortie : 13 mars 2025 (France). Roman
livre de Jean-Baptiste Del Amo
jujupjt a mis 7/10.
Annotation :
Véritable hommage à Stephen King et au cinéma d'horreur des années 90, ce livre nous plonge dans la nostalgie de ces années là et dans une sorte de "teen movie" horrifique. Les références sont multiples et toutes les ficelles classiques du genre sont utilisées. Et plutôt bien car c'est véritablement effrayant par moment. Mais n'y voir qu'un simple roman horrifique serait une erreur car au-delà de cet aspect, l'auteur explore l'adolescence, ses craintes et ses peurs. Les amitiés qui se font et se défont. Chaque personnage fait face à ses propres difficultés (harcèlement scolaire, sexualité, violence familiale...) et les portraits de chacun sont plutôt justes. Comme dans toutes les œuvres du genre, on peut légitimement se demander "que font les parents?!", mais ce n'est justement pas le propos. En les tenant volontairement lointains et déconnectés de ce que vivent leurs enfants, l'auteur nous rappelle ce qui fait l'essence de cette période de la vie entre désir d'indépendance, fragilité et émotions exacerbées. Le livre est aussi un portrait de la France des lotissements et des classes moyennes des années 90, qui sent bon le tube cathodique et le paquet de gitane. Le récit prend le temps d'installer le décor mais le rythme est bien tenu, j'ai eu du mal à lâcher le livre !
Le Choix de Sophie (1979)
Sophie's Choice
Sortie : 1981 (France). Roman
livre de William Styron
jujupjt a mis 7/10.
Annotation :
Une lecture pas des plus simples de par le sujet traité, la longueur du livre, la densité des histoires et le tragique des événements. Il y a presque 3 livres en un dans ce roman. Le jeune narrateur qui cherche à devenir écrivain, fraichement débarqué à New York et qui cherche surtout à perdre sa virginité. Cette légèreté côtoie l'histoire d'amour de Nathan et Sophie, relation pour le moins toxique et dramatique. Puis il y a le passé de Sophie, qui a survécu à Auschwitz et relate son vécu par bribe. Ce récit, dur à lire, est entrecoupé donc de scènes du présent où le narrateur n'a qu'une envie : coucher avec elle ou tout autre être féminin qui se présenterait. Et ce mélange de genres m'a parfois dérangé, tant il est incongru de passer d'une ambiance à l'autre en quelques lignes. Si on dépasse cela et le fait que le livre a un peu vieilli, on a malgré tout une histoire complexe, faite de mensonges créés pour tenter de survivre. Les réflexions suscitées par ce livre sont vraiment très nombreuses. Le tout est écrit dans un style très sophistiqué, parfois pompeux, mais globalement agréable à lire. Et réussit le tour de force de nous plonger aussi bien dans le New York d'après guerre, que dans l'enfer d'Auschwitz (certains passages m'ont évidemment fait penser à "La zone d'intérêt") ou encore dans un Varsovie dévasté.
Le Bruit et la Fureur (1929)
The Sound and the Fury
Sortie : 1938 (France). Roman
livre de William Faulkner
jujupjt a mis 7/10 et a écrit une critique.
Annotation :
Le bruit et la fureur n'est pas un simple roman, une simple histoire, c'est une expérience de lecture, pas tout le temps agréable, tant elle est déstabilisante. Heureusement qu'il y avait une préface que j'ai bien du relire 5 fois au cours de ma lecture pour avoir quelques repères, surtout sur les 2 premières parties du livre. Car Faulkner nous embarque dans ce drame familial comme un enquêteur qui tente de comprendre ce qu'il lit, de trouver des indices sur ce qu'il s'est passé, des clés de compréhension.
Les 2 premières parties ont donc été un enfer à lire pour moi, alternant sans cesse entre passé, présent, sans savoir qui parle, qui est qui, quand se situe l'action, faisant fi de la ponctuation. Les 2 autres, bien plus classiques dans le style sont d'une puissance émotionnelle telle qu'on ne peut être qu'embarqué.
Je me demande tout de même, sans cette fameuse préface, aurais-je abandonné le livre au bout de 50 pages ? Qu'aurais-je vraiment compris à ce drame fait de non-dits, d'absents et de ressentiments. J'en sors avec le sentiment d'avoir lu quelque chose qui me dépasse un peu, qui nécessiterait une deuxième lecture (que je ne ferai probablement jamais) mais avec la satisfaction d'avoir poussé jusqu'au bout. Comme le dit la préface, ce livre n'est pas pour le lecteur paresseux, se pose donc la question suivante : un livre doit-il être agréable à lire pour être bon ? Vous avez 3 heures.
Le Rêve (1888)
Sortie : 1888 (France). Roman
livre de Émile Zola
jujupjt a mis 5/10.
Annotation :
rès différent des autres romans de Zola que j'ai pu lire, ce livre apparait comme un roman d'amour, un conte de fées, à la limite du roman à l'eau de rose. Il est presque dépourvu de contexte sociétal et politique, qui font la richesse des autres œuvres de Zola. Très orienté sur la religion, j'avoue avoir été lassée par les descriptions des histoires des saints. Les personnages et l'histoire ont un côté très lisse, presque naïfs. Une seconde lecture, peut être un peu trop subtile, peut être cependant faite des personnages qui sont en souffrance dans leur vie (les parents adoptifs, l'évêque) et/ou ont des défauts (avarie, égoïsme, lâcheté). Il n'en reste que le roman a peiné à m'embarquer dans cette histoire et à m'attacher aux personnages. Je comprends le contexte dans lequel il a été écrit (Zola répondant à ses détracteurs sur son incapacité à écrire des personnages à l'âme pure...), mais c'est clairement en dessous du reste pour moi.
Une machine comme moi (2019)
Machines like me and people like you
Sortie : 9 janvier 2020 (France). Roman
livre de Ian McEwan
jujupjt a mis 7/10.
Annotation :
Nous voila plongés dans une uchronie qui nous place en 1982, dans un monde qui a déjà accès aux hautes technologies telles que Internet ou l'IA, où les Beatles sont encore ensemble et où le contexte politique de la Grande Bretagne est en plein chamboulement. On suit Charlie, un mec un peu paumé, sans attache, sans famille, sans travail, qui acquiert un des premiers robots humanoïdes. Ce nouveau compagnon va bouleverser sa vie et celle de sa compagne, mais plus qu'un roman d'aventure, Ian McEwan nous propose des réflexions très intéressantes liées à l'IA, la place des robots, à ce qui fait de nous des êtres humains et nous donne un aperçu de ce que pourrait être le futur. Avec tous les dilemmes éthiques qui vont avec et la difficulté de cohabiter. Le choix d'avoir fait un personnage principal très imparfait, plein de défauts apporte un joli contraste au personnage du robot, très lisse, très cartésien. C'était un livre très agréable et facile à lire.
Le Père Goriot (1835)
Sortie : 1835 (France). Roman
livre de Honoré de Balzac
jujupjt a mis 7/10.
Annotation :
Dans "Le père Goriot", la société parisienne de l'époque nous est présentée dans toute sa diversité (riches et pauvres) et sa médiocrité. Car quasiment aucun personnage n'est épargné par le vice de l'argent, l'avarie, l'hypocrisie et l'ambition dévorante de réussir. Seul le père Goriot semble avoir un cœur pur (quoiqu'un peu trop intense) ce qui lui coute très cher. Après un début de roman laborieux, l'intrigue s'emballe pour devenir un véritable page-turner avec le passage de Vautrin. La fin s'empâte alors de scènes interminables too much frôlant l'hystérie. Le mot de la fin prononcé par Rastignac me laisse à penser qu'il a enfin choisi son camp, lui qui a passé le roman à hésiter entre la vertu et la manipulation, ce qui fait finir le roman sur un note plutôt sombre. Côté style c'est très sophistiqué, parfois un peu lourd. J'ai trouvé un côté vieillot aussi bien dans la forme que dans le fond. Je ne sais pas si j'aurais envie de lire d'autres œuvres de Balzac...
De grandes espérances (1861)
Great Expectations
Sortie : 1861. Roman
livre de Charles Dickens
jujupjt a mis 10/10.
Annotation :
Recommandé par une amie et trouvé un peu par hasard dans un bouquiniste d'occasion, je n'avais pas de grandes espérances (haha) pour ce livre. Pourtant j'ai été happée par le récit, transportée au 19ème siècle dans les marais anglais, jusqu'aux rues crasseuses de Londres. Impossible de lâcher cette aventure de 700 pages qui m'ont paru durer moitié moins. Ce livre est profondément émouvant, souvent drôle et parfois triste. Ecrit à la 1ere personne, toute la jeunesse et la naïveté du narrateur ainsi que son évolution au fil du temps sont parfaitement retranscrits. Les rebondissements sont nombreux et nous tiennent en haleine. Les personnages sont aussi attachants que détestables pour certains. Un de ces romans qui nous font regretter d'être déjà arrivés à la fin.
La Collision (2025)
Sortie : 14 août 2025.
livre de Paul Gasnier
jujupjt a mis 7/10.
Annotation :
Dans ce livre témoignage de l'accident mortel de la mère de l'auteur, ce dernier décortique avec beaucoup de pudeur les faits et les parties prenantes 10 ans après. Dans un drame qui serait de nos jours récupéré par l'extrême droite tant il représente les clichés de notre société, l'auteur choisit de s'intéresser à l'humain. Celui qui a tué et celle qui a été tuée, pour tenter de comprendre ce qui a mené à cette collision, comprendre la part de déterminisme et celle du libre arbitre. C'est en fait la collision de deux mondes qui se joue devant nous. En ramenant cette histoire à deux parcours individuels, l'auteur évite les jugements trop rapides et replace le drame dans le contexte social du quartier de la Croix-Rousse. Sans jamais excuser, ce travail de mémoire permet sans doute à l'auteur de trouver cet entre-deux neutre exprimé par Cioran, dont il parle au début du livre : à mi-chemin entre la vengeance et le pardon.
Désirer la violence (2024)
Ce(ux) que la pop culture nous apprend à aimer
Sortie : 24 avril 2024. Essai, Cinéma & télévision
livre de Chloé Thibaud
jujupjt a mis 6/10.
Annotation :
Quiconque un tant soit peu sensibilisé aux questions du sexisme et des violences sexuelles ne sera pas trop surpris par cet essai qui recense les chiffres désespérants mais habituels sur le sujet. Il n'est pas inintéressant de se replonger dans les oeuvres cinématographiques de notre adolescence et celles malheureusement encore trop récentes pour réaliser que dans de nombreux cas, les relations homme-femmes, l'image de la femme et la manière dont elles sont traités devant et derrière la caméra sont loin d'être acceptables. Les violences prennent des formes diverses et variées et le sexisme passe parfois presque inaperçu tant certains clichés ont été intégrés à nos schémas relationnels. Mais plutôt que de recenser avec moultes exemples tous les cas, j'aurais aimé que l'analyse soit menée un peu plus loin notamment sur l'impact psychologique sur les femmes et nous donne des clés pour répondre aux questions qui découlent de cette lecture : peut-on continuer à regarder ces films qui nous rendent pour la plupart nostalgiques de notre adolescence/enfance ou doit-on les renier totalement à partir du moment où nous en faisons une lecture avec un regard féministe ?
Cet essai reste néanmoins une belle entrée en matière pour ceux qui découvriraient le sujet.
Madame Hayat (2021)
Sortie : 1 septembre 2021 (France). Roman
livre de Ahmet Altan
jujupjt a mis 6/10.
Annotation :
En attendais-je un peu plus ou un peu trop de ce roman chaudement recommandé ? L'intrigue navigue entre relations amoureuses formatrices et climat politique répressif et ne semble jamais trancher vraiment pour l'un ou l'autre pour plutôt mêler ces deux aspects au récit. Il y a de très beaux passages sur la vie et la mort, la peur de mourir, l'instant présent comme seul moyen de vivre libre ou encore l'amour aussi beau que douloureux. Pourtant j'en attendais plus de l'ensemble du livre, je n'ai pas ressenti beaucoup d'empathie pour le narrateur que je trouve un brin toxique dans sa manière d'envisager ses relations amoureuses (beaucoup de possessivité et de violence, là où lui-même est en faute en mentant aux 2 femmes qu'il prétend aimer). Je ne sais pas ce qu'il faut en retirer de moral à l'issue de la lecture, si ce n'est une quête de liberté.
L'Homme qui rit (1869)
Sortie : 1869 (France). Roman
livre de Victor Hugo
jujupjt a mis 8/10.
Annotation :
Ce livre est une véritable tragédie. Victor Hugo a ce don de produire des histoires puissantes, des passages tout bonnement fulgurants dans ce qu'ils nous font ressentir et dans leur universalité. Tout le chapitre sur le naufrage est incroyable : cette lente montée en puissance, inexorable vers le drame. Il y aussi le monologue de Gwynplaine devant les lords qui résonne encore de justesse même de nos jours.
Entre ces passages forts, se glissent des chapitres assez compliqués à lire comme celui sur le fonctionnement de la monarchie en Angleterre, qui nous font un peu sortir du récit et décourageront certains lecteurs. On a parfois l'impression de lire des histoires indépendantes les unes des autres, ainsi le récit est bizarrement proportionné puisque la première moitié du livre sert "juste" à installer des éléments cruciaux de l'intrigue à suivre.
Malgré ces défauts, c'est un grand livre, superbement écrit, rempli d'amour et de tristesse, qui nous rappelle que le bonheur est souvent déjà là devant nos yeux.
À l'Ouest, rien de nouveau (1929)
Im Westen nichts Neues
Sortie : 1929 (France). Roman
livre de Erich Maria Remarque
jujupjt a mis 9/10.


























