La Vague
6.8
La Vague

livre de Todd Strasser (1981)

Les écueils des adaptations de la Troisième vague (partie 1)


Avant-propos



La Troisième vague est une expérience réelle, ayant conduit à une réappropriation culturelle non pas massive, mais importante. Deux films, un roman, une BD et quelques transpositions théâtrales, le tout dans une perspective relativement vulgarisante, ayant permis une relative prise de conscience de certains mécanismes du fascisme.


Même si une vision romancée d’un fait réel prend souvent certaines libertés avec la matière d’origine (au niveau littéraire, prenez par exemple Le Rouge et le Noir, Madame Bovary ou De sang-froid entre autres), le piège en revient souvent à un défaut de restitution de l’intensité de cette matière. Un fait que l’on constate assez facilement dans les différentes adaptations de la Troisième vague, à différents degrés, pour lesquelles on serait presque tenté de faire un recoupage pour restituer ce qui en fait tout le sel.



Partie 1 : Le livre



Ainsi, Todd Strasser, s’il revendique son livre comme étant basé sur des faits réels, reconnaît le caractère purement fictionnel de sa Vague, ce qui ne le prive pas d’un certain nombre de maladresses à plusieurs niveaux.


On pourrait pardonner ces écueils en arguant le fait que nous avons affaire à un roman jeunesse (qualification assez arbitraire de la part des libraires au demeurant) ; cependant cela justifie-t-il l’absence de réel implication diégétique quant au déroulement des événements ? Non seulement le découpage du déroulement de l’expérience est assez mal fait et les journées ont relativement du mal à se dessiner dans ce qu’elles apportent, mais un flagrant manque d’intensité narrative dans chaque élément de l’intrigue donne une franche impression de légèreté et d’artificiel. On peine à voir une réelle expérience dans tout cela, et on se rapproche bien plus d’un jeu, ce qui est de bon ton de constater dans un premier temps, mais ce qui enlève tout potentiel dramatique à la fin du roman.


Fin par ailleurs bien trop versatile pour se donner la moindre impression de vraisemblance. À moins ces jeunes à peine abasourdis ne soient déjà habitués à ce genre de chocs, dans ce cas ils sont bien à plaindre. Avant cela, au cours de l’« expérience » proprement dite, peu d’éléments tirés de l’expérience de Ron Jones manquent, il est vrai, ceci dit ce qui est retenu manque de profondeur et d’amplitude dans les faits ; seuls les moments de questionnements de l’enseignant rétablissent l’équilibre, mais le discernement reste faible.


Si enfin on doit retenir que l’amour est un élément particulièrement efficace contre un système fascisant… Ça donne une idée assez pauvre de la chose.


Suite ici : https://www.senscritique.com/film/La_Vague/critique/92849599

Aldorus
4
Écrit par

Cet utilisateur l'a également ajouté à sa liste Les livres les plus appréciés à l'école

Créée

le 5 juin 2017

Critique lue 236 fois

Critique lue 236 fois

1

D'autres avis sur La Vague

La Vague

La Vague

4

No_Hell

117 critiques

Ni science ni conscience

La Vague est un livre culte, au programme, parait-il, de nombreuses écoles allemandes. A sa lecture, on devine assez vite pourquoi. Il relate de manière (trop) simple et facile à comprendre une...

le 14 janv. 2020

La Vague

La Vague

3

SuperLibraire

120 critiques

1.5 Millions de lecteurs pour ça?

Ben Ross, professeur d'histoire (qui ne maîtrise vraisemblablement pas son sujet), tente une expérience avec ses élèves. Alors qu'il aborde la question du nazisme et que ses élèves se demandent...

le 31 janv. 2012

La Vague

La Vague

7

Jack_Spade

115 critiques

Critique de La Vague par Jack_Spade

Le style de Todd Strasser concernant l'écriture en elle-même est discutable, très discutable. C'est écrit de façon relativement simpliste, entre autres pour que ce soit abordable, mais il y a...

le 14 janv. 2011

Du même critique

Madame Bovary

Madame Bovary

4

Aldorus

241 critiques

Emma la femme de mauvaise vie

Non non et non, rien à dire sur un style d’une perfection sans faille (j’aime les pléonasmes) dont on nous a rebattu les oreilles jusqu’à épuisement en classe de Terminale. Rien à dire sur le...

le 12 août 2016

Proanomie

Proanomie

5

Aldorus

241 critiques

L'indestructible

Et si, dans un genre lui-même terré au fin fond des abysses de la musique, existait encore un sous-genre si obscur que même les fonds marins n’auraient rien à lui envier en termes d’underground...

le 17 janv. 2018

La Conjugaison pour tous

La Conjugaison pour tous

1

Aldorus

241 critiques

LE PETIT GUIDE DE L'EMMERDEUR.

L’avis de Jean-Kevin, 17 ans, lycéen oisif malgré ses 2/20 de moyenne générale : « ouéééé c de la merd ce bouk1 lé gens arrète pas de nous emmerdé avc koi, jsais meme pa cke c se truc mai chaque foi...

le 26 févr. 2018