Je ne connaissais pas le sujet qui est, évidemment, fort, pour user d'un euphémisme. Pour autant le livre ne m'a pas convaincu. J'ai notamment été déconcerté par le mélange entre des scènes très violentes, très dramatisées (la prison, le procès, les massacres) et l'extrême distanciation de la narration, comme si toutes les voix pouvaient se confondre dans l'indistinction de l'horreur. Cela m'a paru assez artificiel et fabriqué. D'une façon générale, j'ai trouvé le texte à la limite de la complaisance par moments, lorsqu'on suit les rescapés par exemple ou quand l'autrice explique dans l'épilogue sa motivation à raconter cette histoire et le lien (extrêmement ténu) qu'elle entretient avec certains de ses protagonistes, à peine esquissés d'ailleurs. Cependant c'est indéniablement de la littérature de bonne tenue. Mais c'est peut-être en partie le problème que j'essaie d'exprimer : trop de ficelles.