Thèse
La rhétorique est inutile, il faut plutôt apprendre la justice, pour le salut de son âme et celui de la cité.
Arguments principaux
La rhétorique influence les croyance sans faire savoir ce qu'est l'injustice :
La rhétorique ne peut convaincre que ceux qui en savent moins que celui qui parle, elle n'a de force de persuasion que sur les ignorants.
Socrate explique que un discours sur la médecine convainc par le savoir en médecine, idem pour l'arithmétique, la gymnastique, etc
- Les orateurs n'en savent pas plus que les experts dans leur domaine respectif
La rhétorique n'a pas de rapport avec la justice :
Pour devenir médecin, on apprend la médecine. Pour devenir musicien, on apprend la musique, etc. Donc pour devenir juste, on apprend la justice.
- L'orateur juste connait donc la justice
- Qui connait la justice n'agit pas injustement
- Or Gorgias explique qu'on peut mal se servir de la rhétorique
La rhétorique n'a pour objectif que le plaisir et les apparences
Socrate commence par exprimer que la rhétorique est une partie de la flatterie
- Il définit la flatterie : Falsification d'un vrai art, n'ayant pour but que le plaisir et les apparences. Elle est constituée de quatre parties. La cuisine falsifie la médecine, la rhétorique pour la politique, esthétique pour la gymnastique et sophistique pour la législation
Le bien et le beau c'est la même chose :
Toute chose est considérée belle en fonction de l'ordre, de la mesure et de l'harmonie qu'elle manifeste (principe de l'ordre ou kosmos). Le Bien est défini comme l'ordre et l'harmonie.
Donc, le Beau est la même chose que le Bien.
Il est pire de commettre l'injustice plutôt que la subir :
Commettre l'injustice est plus laid que la subir. Le beau est pareil que le bien.
Donc, commettre l'injustice est pire que la subir
Le bonheur est un produit de la vertu :
L'âme est plus importante que le corps.
Réussir sa vie dépend plus du bien de l'âme que du corps
Réussir sa vie c'est acquérir le bonheur.
Le bien de l'âme dépend de la justice et la tempérance.
Donc, être juste et tempérant c'est acquérir le bonheur
Socrate est le seul vrai politicien
la politique, c'est d'abord prendre soin de l'âme des citoyens, puis s'occuper du confort matériel
Périclès a rendu les athéniens paresseux, lâches et cupides.
Périclès n'a donc pas mené une bonne politique. Idem pour Thémistocle, Miltiade, etc.
Personne n'a eu une bonne politique
Critique
1) La première et la plus fondamentale des critique c'est celle liée à l'âme, la plupart des arguments présents dans ce texte tombent à l'eau si on ne croit pas en l'existence d'une âme telle que Platon la décrit. Je sais qu'il était commun à son époque de supposer que les âmes existent, mais par honnêteté intellectuelle il serait peut être intéressant de, au moins, poser cette existence comme axiome.
2) L'orateur qui connait la justice ne commet pas l'injustice. C'est tout simplement faux ! De la même manière que celui qui connait la médecine peut faire une erreur, pareil pour celui connait la justice. Cependant l'argument tient quand même la route, la rhétorique n'a quand même aucun rapport avec la justice
3) Le concept de flatterie : Pourquoi la flatterie n'aurait-elle que 4 parties ? Et puis la manière dont elle est expliquée est trop alambiquée. Pourquoi ne pas simplement dire que certains arts (ou plutôt savoir-faire ) s'occupent plus du plaisir que de la rationalité ? Au lieu de parler de contrefaçon d'une partie de la politique ? Pourquoi compliqué ce qui aurait pu être si simple à comprendre ? Gros point noir de l'argument contre la rhétorique.
4) Beau = Bien : l'argument est plus intéressant qu'il n'y parait, il est basé sur le fait que le beau et le bien sont liés par le Kosmos. Le problème c'est que ce n'est pas explicité au moment ou Socrate énonce l'argument, on est obligé de le reconstituer par nous même. A l'époque le kosmos était surement un concept commun ce qui explique cela, mais c'est quand même un manque pour l'argument, d'un point de vue de la pure logique, il manque quelque chose à ce moment précis. la force de l'argument est amoindrie selon moi.
5) Un objet qui fait subir donne ses caractéristiques à l'objet qui subit : cet argument est trop "intuitif", il manque de rigueur. Platon se base beaucoup trop sur l'observation immédiate pour expliquer ce phénomène.
6) Toute la partie censée démontrer que le bonheur est un produit de la vertu est profondément indigeste, surtout quand on voit à quel point l'argument est simple au final
7) La nage et le pilotage (de navires) sauvent des vies mais ne sont pas considérés comme des activités nobles. Elles ne sont pas nobles car elles ne changent pas l'âme : ici on voit bien que Platon accorde trop d'importance à l'âme et pas assez au corps, au matériel. La nage et le pilotage peuvent très bien être (en tout cas au XXI ème siècle) considérés comme noble, de part les qualités physiques (et mentales !) requises pour les pratiquer
8) Socrate seul vrai politicien : Cette affirmation vient du fait que la politique serait d'abord le fait de prendre soin des citoyens et après s'occuper du confort matériel. Encore et toujours Platon dénigre le matériel pour le spirituel. Je veux bien qu'on considère Périclès comme un politicien incomplet car il n'a pas amélioré le corps et l'âme des citoyens, mais aller jusqu'à dire qu'il n'est même pas vrai politicien, c'est un jugement trop dur.