En toute logique, je fais donc la connaissance de Stefan Zweig... avec sa dernière œuvre. Son regard sur les atrocités nazies (psychologiques, en l'occurrence) n'en est que plus troublant, et ce alors que nous ne sommes qu'en 1942 lorsqu'il le termine. Ce qui est également fort, c'est que le récit fait une centaine de pages mais que tout est dit, expliqué sans paraître didactique ou lourdaud. Au contraire, il est étonnant de voir à quel point l'auteur opte pour un style simple, accessible, tout en restant extrêmement soigné, vif, immersif.
J'avais vraiment l'impression de voir l'histoire se dérouler devant moi, remarquablement illustré tout en évitant la linéarité, les longs flashbacks pouvant déconcerter avant d'observer à quel point ils s'intègrent parfaitement, éclairant le récit de façon aussi concise qu'instructive. Rien de trop, donc, dans ce récit où tout est subtil : la narration, le cadre et surtout les personnages, remarquablement dessinés : de quoi nous rester en mémoire longuement après lecture.