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Saison 7 : L’avenir est un long passé

Black Mirror, depuis tant d’années, tombait peu à peu dans le lassant. Au départ une série aux intrigues novatrices et porteuses de sens, elle avait fini par succomber, selon moi, à la facilité des propos qu’elle dénonçait autrefois. Jusqu’à cette nouvelle saison qui est un véritable paradoxe à elle toute seule ! Black Mirror dénonçait autrefois le futur hypothétique, et c’est aujourd’hui une certaine nostalgie hypothétique qu’elle dénonce.


Chaque nouvel épisode de cette saison s’accapare un petit fragment du passé pour l’amener vers demain. Brooker voudrait-il refléter notre nostalgie permanente ? Peut-on encore inventer quelque chose qui ne soit pas l’héritage de quelque chose ayant déjà existé ? Je pense que c’est le fil noir de cette nouvelle saison, globalement réussie, même si quelques épisodes plus faibles auraient mérité un peu plus de profondeur.


Regardons ça de plus près, épisode par épisode :


1/ DES GENS ORDINAIRES


On commence très fort, ici… Le tire-larmes de la saison pour bien amorcer le tout ! Presque tout y est : dérive délirante de notre nouvelle société de consommation par l’abonnement et la hausse de tarifs dont on ne maîtrise plus rien, l’eugénisme y devient ici un produit marketing qui, tout comme une plateforme de streaming, joue sur notre dépendance pour mieux nous faire payer.


2/ BÊTE NOIRE


L’épisode commençait très bien, nous amenant dans une profonde réflexion sur le harcèlement et ses conséquences à long terme, puis… tout s’arrête vers la fin, en raison d’un climax bancal et une conclusion des plus bâclées… Belle déception, d’autant plus que les deux actrices principales sont excellentes !


3/ HÔTEL RÊVERIE


L’épisode que j’ai le moins apprécié. Très, trop long, ennuyeux et assez outsider, il répondra toutefois à la demande des férus de love-stories. Hormis un joli final (étonnant pour un Black Mirror), l’intelligence de l’univers déployé (IA, films, passé tout ça tout ça) et l’esthétique pourtant superbe ne parviennent pas à sauver le tout d’un réel intérêt malaisant propre à la série.


4/ DE SIMPLES JOUETS


Mon coup de cœur de la saison ! Il entre de suite dans le panthéon de mes épisodes favoris, tant l’intrigue est bien ficelée, intelligente, résonnante, et le tout, porté par le jeu brillant de Peter Capaldi ! J’ai été soufflé par son interprétation, sans jamais savoir de quel côté de la balance le positionner. Il m’a effrayé, fait de la peine, et convaincu en même temps. Un jeu de maître, tout simplement ! Et cette fin… Si ça vous donne pas envie d’aller écouter du The Future Sound of London, je n’y comprends plus rien ! - Vous lisez encore ? ALLEZ ÉCOUTER CE GROUPE.


5/ EULOGY


Épisode sympathique dont on voit arriver le plot twist assez vite, malheureusement. Cependant, le clivage entre deux époques est assez marquant à regarder, aussi bien d’un point de vue technologique que mémoriel. Pas le plus marquant, mais on ne peut s’empêcher de finir l’épisode en allant se perdre dans ses propres anciens clichés, histoire de tenter l’expérience…


6/ USS CALISTER : AU CŒUR D’INFINITY


Malgré le rappel, j’ai dû revoir USS CALISTER (Ep. 1 S.4) pour bien réintégrer le propos. Cette suite est un super divertissement dans lequel ils ont mis les grands moyens, mais on reste en deçà de l’épisode principal. Moins malsain, moins impactant, moins inquiétant, il reste néanmoins un excellent épisode au travail remarquable, dynamique et prenant (Jesse Plemons reste une fois encore frissonnant à souhait !)


Vous avez compris, en 6 épisodes, on surfe à chaque fois sur des vagues passéistes ! La promesse de retrouver sa vie d’avant, les douleurs du passé, les chef d’œuvres d’antan remis à neuf, la clé de l’avenir dans les codes d’un rétro-game, les souvenirs à revivre, et enfin un retour vers la solution qu’on fuyait, tout y est…


Finalement, comme le disait si bien Manau dans une vieille chanson désormais oubliée : « L’avenir est-il un long passé ? »

Le-Dank
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le 20 avr. 2025

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