Cane : La vendetta
6.1
Cane : La vendetta

Série CBS (2007)

En lançant Cane : La vendetta en 2007, CBS semblait vouloir frapper fort : une saga familiale aux accents mafieux, ancrée dans une culture cubano-américaine rarement explorée à la télévision américaine, portée par un Jimmy Smits en pleine maîtrise de son registre. L’intention était ambitieuse. Le résultat, lui, l’est beaucoup moins.


Le véritable problème de Cane réside dans son incapacité à choisir sa voie. La série flirte avec le soap opera, la tragédie familiale, le thriller mafieux, mais sans jamais assumer totalement aucun de ces genres. Les conflits familiaux sont survolés, les magouilles économiques manquent d’enjeu, et les rivalités fratricides peinent à générer la tension dramatique qu’un tel sujet exigeait. On devine les enjeux, mais on ne les ressent jamais pleinement.


Là où Cane aurait pu briller, c’est dans la richesse de ses personnages. Malheureusement, chacun reste prisonnier de son archétype : le patriarche impitoyable mais protecteur, les enfants divisés, les ennemis tapis dans l’ombre. Jimmy Smits tient son rôle avec le professionnalisme qu’on lui connaît, mais son personnage manque cruellement de zones d’ombre ou de contradictions véritablement travaillées. Les relations entre les membres de la famille, censées être le cœur battant de l’intrigue, manquent de complexité et d’intensité.


Sur le plan visuel et technique, la série reste propre, mais fade. La mise en scène est fonctionnelle, sans audace esthétique ni moments de cinéma marquants. Même la bande sonore, qui aurait pu insuffler de la chaleur et de la tension latine, reste d’une discrétion presque frustrante.


Avec Cane, on a moins affaire à une série ratée qu’à une série inaboutie. Le potentiel est évident, les ingrédients sont là, mais la recette reste plate, comme si les scénaristes avaient constamment freiné leur audace pour rester dans un cadre formaté, sans froisser ni passionner. Mon 5.5/10 reflète cette déception : Cane n’est ni indigne, ni enthousiasmante. C’est avant tout une occasion manquée.

CriticMaster
6
Écrit par

Créée

le 12 juin 2025

Critique lue 6 fois

CriticMaster

Écrit par

Critique lue 6 fois

Du même critique

The Pervert's Guide to Ideology

The Pervert's Guide to Ideology

8

CriticMaster

2300 critiques

Voir ce qu’on croit : un vertige philosophique captivant

Aujourd’hui, je vous parle de The Pervert’s Guide to Ideology, un documentaire réalisé par Sophie Fiennes en 2013, avec le philosophe Slavoj Žižek. J’ai mis 8/10 à ce film, parce qu’il m’a...

le 30 avr. 2025

Après mai

Après mai

8

CriticMaster

2300 critiques

Les braises d’un idéal : la jeunesse en quête de sens dans Après mai

Dans son film Après mai (2012), Olivier Assayas dresse un portrait sensible et nuancé de la jeunesse française du début des années 1970, marquée par l'héritage de Mai 68. À travers le regard de...

le 30 avr. 2025

Battlestar Galactica

Battlestar Galactica

9

CriticMaster

2300 critiques

Le pouvoir sous pression : politique en apesanteur

Battlestar Galactica (2004) n’est pas seulement une série de science-fiction, c’est un laboratoire politique sous haute tension. Si je lui ai mis 9/10, c’est parce qu’elle réussit à conjuguer tension...

le 3 juin 2025