Ma note : 7/10
Lancée en 2009 sur HBO, Hung s’inscrit dans une période où la télévision américaine multiplie les séries aux anti-héros complexes, souvent pris dans des tourments socio-économiques. Ici, le point de départ est atypique : Ray Drecker, professeur de sport au bord de la faillite, décide d’exploiter son avantage physique pour devenir escort masculin. Un postulat original qui permet à la série d’explorer des thèmes rarement abordés de cette manière.
L’une des forces majeures de Hung réside dans sa capacité à lier la crise économique à une crise identitaire. Ray n’est pas seulement un homme en difficulté financière, il est aussi confronté à une remise en question de sa masculinité, de son rôle de père, et de sa place dans une société où les repères traditionnels vacillent. La série propose ainsi une réflexion fine sur les effets déstabilisants de la récession de 2008, non seulement sur le plan matériel, mais également sur les dynamiques personnelles et familiales.
Sur le plan narratif, Hung privilégie une approche minimaliste et intimiste. Les épisodes avancent souvent à petits pas, explorant davantage les interactions humaines que les rebondissements spectaculaires. Cette volonté de privilégier la nuance et le quotidien des personnages crée une ambiance particulière, entre comédie dramatique et chronique sociale. Cependant, ce choix narratif entraîne aussi certaines longueurs : l’intrigue principale peine parfois à se renouveler et certaines sous-intrigues s’essoufflent avant d’avoir réellement trouvé leur place.
La performance des acteurs, en particulier Thomas Jane et Jane Adams, contribue grandement à la réussite de la série. Thomas Jane campe un Ray crédible, à la fois digne et pathétique, tandis que Jane Adams apporte à Tanya une fragilité et une sincérité qui évitent la caricature. Leur duo fonctionne comme un contrepoint subtil aux thèmes plus sombres sous-jacents.
La mise en scène reste sobre et fonctionnelle, fidèle à la tradition HBO de l’époque : pas de démonstration stylistique, mais une réalisation qui laisse la priorité à l’écriture et aux personnages. De même, la bande-son accompagne discrètement les scènes sans jamais chercher à surligner l’émotion.
En définitive, Hung n’est pas une série sans défauts. Son rythme parfois inégal et son refus de pousser certaines thématiques à leur paroxysme la privent d’une plus grande portée dramatique. Mais son regard original sur la précarité, la sexualité et les relations humaines en fait une œuvre singulière et pertinente, qui mérite d’être redécouverte. Mon 7/10 reflète cette appréciation nuancée : un projet audacieux et intéressant, même s’il reste perfectible dans sa forme.