Un Lantern est un super héros qui possède une bague et une lanterne pour la recharger, qui lui permettent de matérialiser à peu près tout ce qu'il est capable d'imaginer. Juste l'objet matérialisé est vert, mais ça marche tout pareil. La puissance du Lantern se mesure donc principalement à ca capacité de représentation mentale, basé autant sur la créativité que les connaissances. Et chaque Lantern est assigné à un secteur de l'univers intergalactique, par exemple la Terre c'est le secteur 2814.
Condition numéro une pour être un Lantern : ne pas avoir peur. Jamais. De rien. C'est comme ça qu'on les sélectionne. Le problème des gens qui n'ont jamais peur, cela dit, c'est qu'ils n'ont probablement rien à perdre, et que leur donner un grand pouvoir implique qu'ils prennent des décisions pour des gens qui ont des choses à perdre, eux.
Pour aborder ce problème, la série prend le parti intelligent de raconter une transmission, entre l'ancien Lantern, choisi par la bague elle-même, et un nouveau Lantern sélectionné par les gardiens au cas où l'ancien viendrait à glisser dans les escaliers.
Le premier s'est affranchi de la peur suite à des traumatismes et la perte d'êtres chers, le second par l'entraînement (un seul épisode fait référence à la manière dont sa condition de noir-américain a participé à sa détermination, et cela a suffi pour certaines critiques sur ce site à crier au wokisme). Entraînement à la dure par des parents persuadés que c'est sa seule chance (et d'autres raisons plus égoïstes), et donc affranchissement de la peur chez un enfant qui parallèlement prend conscience de la violence du monde.
On est donc sur un duo mentor/apprenti relativement éculé : entre l'ancien désabusé voire désinvolte qui base tout sur ses "guts" (instinct), par ailleurs possessif de son pouvoir, et le nouveau très discipliné et procédurier, talentueux (il s'est beaucoup entraîné) et frustré de ne pas être reconnu. Relation conflictuelle où la complicité finit par se loger tout de même, comme une brèche à travers le bouclier de l'hostilité. Mais toujours sur le point d'être colmatée.
Dynamique éculée oui, mais qui permet une rupture inattendue en plein milieu de saison (spoil), le nouveau Lantern choisissant de rendre la bague après avoir constaté, en regardant son prédécesseur faire des choix aboutissants à un massacre, que la violence n'engendrait que la violence. L'ingéniosité est donc de diviser cette première saison en deux, donnant à chaque Lantern l'occasion d'appliquer sa méthode : une première moitié qui répondra plus ou moins aux attentes en terme de péripéties de super-héros, l'ancien Lantern étant plutôt du genre à secouer le cocotier et voir ce qui se passe ; et une deuxième partie plus dramatique au sein de laquelle l'apprenti règle le plus gros de l'histoire par la diplomatie (et à peine quelques coups de poing de légitime défense).
Un dernier épisode donc très surprenant, au climax qui déjoue les attentes. C'est en effet la première histoire de super-héros sur laquelle je tombe où le super-méchant se laisse finalement arrêter par le seul pouvoir de la conviction. Et le tout dans une petite ville paumée du Nebraska, ce qui ajoute au minimalisme (mis à part quelques brefs passages comme des digressions sur d'autres planètes).