Après la carte blanche laissée à David Simon pour Treme à la suite du succès de The Wire, mais pour un succès d'audience limité, on sent qu'HBO lui a demandé de revenir aux fondamentaux de la marque : du sexe, de la violence et de la vulgarité.
C'est parti pour une plongée dans le New York bien sale des années 1970-1980, ses pimps, ses prostituées, ses flics pourris, ses mafieux, ses bars crasseux et toute l'industrie du porno naissante. En trois saisons, on couvre 15 ans de l'histoire du nettoyage de la ville par l'argent pour en chasser les indésirables un peu plus loin (we move the shit to another corner of the room) car aucune histoire racontée par David Simon n'a pas de message politique.
Encore une fois, c'est trop trop bien. La fresque prend complètement, on prend plaisir à suivre les histoires entremêlées de ce monde alternatif avec une émotion encore plus forte que dans les séries précédentes, bien portée par la déprime de l'arrivée du SIDA et du destin des pornstars vieillissantes. La dernière saison est particulièrement glauque, une vraie lente défaite pour quasiment tous les personnages. Belle et assez unique représentation des milieux LGBT, honnête et sans jugement.
Comme d'hab, super montage sonore, l'immersion est totale et donne la nostalgie joyeuse d'un monde qu'on ne connaît pas. Casting super avec plein d'inconnus, mais aussi Maggie Gyllenhaal et puis James Franco qui joue des jumeaux (pas essentiel d'ailleurs et les magic tricks sont pas super bien fait) ainsi qu'Emily Meade/Lori Maddison. Lawrence Gilliard Jr./D'Angelo du Simoncast ainsi que Wendell Pierce en cameo, Chris Coy de Treme, Gbenga Akinnagbe/Chris Partlow, Chris Bauer/Frank Sobotka. Egalement Tariq Trotter et Method Man en pimps.
Filmographie sans faute, j'adore cette ptn de télé.
Je choisis d'ignorer l'épilogue, grossier et sans saveur.