« The Night Of » est moins une série cernant un meurtre que les fantômes de New-York. Car c'est exactement ce que l'on trouve dès le sublime générique. Entre « Les Sopranos » et sa mort, James Gandolfini n'a cessé de collaborer avec HBO, sur de nombreux projets de séries, et « The Night Of » était sa préférée. Il a contribué à l'écriture, avec le célèbre scénariste Steven Zaillan, mais à également obtenu les droits de la série anglaise originale de Peter Moffatt : « Criminal Justice ». Et enfin, le rôle de John Stone, incarné par John Turturo, à été conçu pour l'interprète de Tony Soprano, malheureusement décédé en 2013, trois ans avant la diffusion de la série. Et « The Night Of » est pleine à craquer de ces détails, tissant presque à eux seuls la force tranquille englobant ces huit épisodes dans lesquels s'attarde un rêve éveillé. En somme, il s'agit d'un faux ami de « New-York Police Judiciaire », autre série explorant le système judiciaire en pleine grosse pomme. Cependant « The Night Of » est plus lente, distante, et certainement pas aussi accessible tant elle aborde sans hésitation des sujets complexes, comme notamment le New-York post 9/11.
Un détail presque évident de « The Night Of » qui n'a pourtant pas été vu par un grand nombre de spectateurs, c'est que l'histoire de la série, celle d'un meurtre puis d'une enquête classique, n'est qu'un prétexte. La série ne cherche pas à nous montrer le fonctionnement interne des institutions, mais à nous faire croiser ces hommes et ces femmes qui, à l'image de leur monde, son indifférent et seul. Aucun personnage de la série ne semble avoir d'amis, et certainement pas le présumé coupable « Naz » (référence au rappeur new-yorkais ?), seul jusque dans son combat et dont le charisme perd de l'importance au fur-à-mesure que la série avance. L'enfer carcéral dans lequel Naz s'enfonce fait froid dans le dos tant il est représenté avec réalisme, par une mise en scène cinématographique, laissant la part belle aux regards et aux détails, interprétant chacun une intrigue et une maitrise ahurissante des artifices. Infatigable et inéluctable quête de la vérité, cette série naturaliste nous montre des hommes qui doutent, des actions, des apparences, la vérité où le mensonge. La justice s'empresse de statufier un coupable en une nuit, dont seul le regard pourra suffire à faire la différence. « The Night Of », où quand HBO revient à ses sources, dévoilant une série classique, mais percutante, dont on retiendra un subtile traitement entre le vrai et le faux, mais aussi des acteurs au sommet de leur classe et une réalisation léchée. Une série hantée, qui n'a pas finit de nous habiter.