The Pitt
7.8
The Pitt

Série HBO Max (2025)

Voir la série

Critique de The Pitt – Une série brillante… jusqu’à ce qu’elle se prenne pour une croisade

Il y a beaucoup à saluer dans The Pitt. Forme sobre, tension constante, ambiance oppressante digne du réel : ici, pas de musique dramatique ni de plans glorieux, juste des visages fatigués, des corps abîmés et un hôpital en tension continue. Sur ce plan, la série est un tour de force : immersive, prenante, parfois bouleversante. Noah Wyle est exceptionnel, et plusieurs épisodes frôlent l’excellence.


Mais voilà : très vite, la série trahit le réalisme qu’elle s’était pourtant acharnée à construire.


The Pitt veut traiter de grands sujets — et c’est tout à son honneur. Violence, avortement, euthanasie, genre, immigration, justice sociale… sauf qu’au lieu de laisser les situations parler d’elles-mêmes, la série surécrit ses dilemmes pour en faire des démonstrations morales. Les médecins deviennent des juges, des détectives, voire des croisés idéologiques. Certains personnages n’agissent plus en soignants, mais en porte-voix politiques.


On a ainsi des scènes complètement invraisemblables : un médecin qui convainc une adolescente d’avorter en contournant la loi, une autre qui va menacer un patient intubé qu’elle soupçonne d’avoir agressé sa fille (!), ou encore un diagnostic “magique” d’une morsure d’araignée, confirmé par la capture de la bête dans une chaussure, façon Sherlock Holmes.


Et pendant ce temps, l’hôpital est censé crouler sous les urgences…


Le vrai problème, ce n’est pas qu’une série prenne position. C’est qu’elle sacrifie la cohérence professionnelle et humaine de ses personnages pour faire passer ses idées. Et dans une œuvre qui prétend s’ancrer dans le réel, ça ne passe pas. Cela brise le contrat implicite avec le spectateur : si tu me vends du naturalisme, ne m’impose pas du manichéisme.


Ce qui est frustrant, c’est que The Pitt aurait pu être une des grandes séries médicales de la décennie. Le talent est là, les enjeux sont réels, les acteurs sont habités. Il manquait juste une chose : faire confiance à la complexité du monde, sans la forcer à rentrer dans un scénario à message.

doojsmud
7
Écrit par

Créée

le 20 juin 2025

Critique lue 197 fois

doojsmud

Écrit par

Critique lue 197 fois

2

D'autres avis sur The Pitt

The Pitt

The Pitt

7

Sands-Tv

59 critiques

la rémission d'une gloire passée !

Souvenez vous de cette époque pas si lointaine ou les séries médicales étaient à leur prime de Dr House à Grey's Anatomy en passant par Nurse Jackie ou encore Scrubs, on peut dire que le genre...

le 24 janv. 2025

The Pitt

The Pitt

8

Erwan_o_gara

39 critiques

Sempiternel hopital

The Pitt, voilà une série qui a bien choisi son titre. "Pitt", tout d'abord, car l'intrigue se situe à Pittsburgh, en Pennsylvanie, mais il ne sera ici nullement question de la ville, ni de Mac...

le 25 janv. 2026

The Pitt

The Pitt

9

Fksanz

87 critiques

Tellement rythmé

Grand fan des séries hospitalières – même si je détourne le regard quand l’image devient trop réaliste – j’ai adoré the Pitt. Il y a d’abord le choix du réalisateur de caler la série sur 24h (oui...

le 19 avr. 2025

Du même critique

Poison City

Poison City

5

doojsmud

71 critiques

Un peu plus de complexité et de nuance n'auraient pas été de trop

Je ne vais pas y aller par quatre chemins. J'ai trouvé ce manga très simpliste et du coup très manichéen dans sa façon de traiter le sujet. En gros nous avons les gentils créateurs dessinateurs...

le 24 mars 2016

Une demi-heure pour decouvrir le revisionnisme

Une demi-heure pour decouvrir le revisionnisme

8

doojsmud

71 critiques

Le Grand Méchant Loup est parmi nous...

Humm !! Le révisionnisme, ce mot barbare qui rime, presque automatiquement, avec complotisme ou même conspirationnisme. En somme, tout est mis en place pour détourner les esprits de l’idée, et...

le 22 nov. 2014

L'Incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pèlerinage

L'Incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pèlerinage

5

doojsmud

71 critiques

Il est temps de changer de recette

Je pense que Murakami, ou son éditeur, a un vrai talent : celui de choisir les bons titres. En effet, l’idée la plus juste qu’on peut se faire de ce nouveau roman c’est qu’il est fade, sans la...

le 25 janv. 2015