Underemployed
6.2
Underemployed

Série MTV (US) (2012)

Il est des séries qui, sans être mauvaises, peinent à laisser une empreinte. Underemployed, lancée par MTV en 2012, appartient à cette catégorie des œuvres à la fois sincères dans leur démarche et frustrantes dans leur exécution. Le point de départ était pourtant prometteur : suivre cinq jeunes idéalistes fraîchement diplômés, rêvant d’avenirs flamboyants et se heurtant de plein fouet aux murs invisibles d’une réalité décevante. Un thème d’une brûlante actualité, mais que la série effleure plus qu’elle ne pénètre.


Ce qui frappe dès les premiers épisodes, c’est cette volonté manifeste de capturer une génération en transition – entre l’insouciance de la jeunesse et la rudesse d’un monde adulte désenchanté. Mais très vite, l’enthousiasme s’émousse. L’écriture, parfois trop timorée, peine à donner chair à ses ambitions. L’intrigue s’éparpille, les enjeux restent en surface, comme si la série refusait d’exposer trop crûment les fêlures qu’elle prétend raconter. Là où l’on espérait une fresque vibrante, on se retrouve face à une esquisse inachevée.


Les personnages, bien qu’incarnés avec sincérité par des acteurs méritants, souffrent d’un manque de densité. Raviva, Lou, Sophia et les autres ne sont jamais déplaisants – parfois même touchants – mais rarement bouleversants. Ils évoluent dans des trajectoires trop prévisibles, portés par des dialogues souvent fonctionnels, rarement marquants. On aurait aimé les voir trébucher avec plus de fracas, aimer avec plus de désordre, rêver avec plus de feu.


Visuellement, la série porte la signature MTV : image léchée, bande-son actuelle, mise en scène dynamique. Ce vernis pop, s’il rend le visionnage plaisant, entre en dissonance avec le propos. Là où l’on attendait une certaine rugosité pour dire l’échec, on trouve une forme trop polie, presque publicitaire. Cette cohabitation entre fond désabusé et forme clinquante crée un malaise, comme si Underemployed n’osait jamais assumer pleinement sa mélancolie.


Il serait injuste de balayer Underemployed d’un revers de main. La série possède une certaine douceur, une volonté de bien faire, et quelques instants de vérité. Mais elle reste engluée dans une forme de tiédeur narrative. Elle ne prend pas de risques, ne creuse pas assez profond. Elle capte les contours d’un malaise générationnel sans jamais en percer le cœur. Ce n’est pas un échec, mais une occasion manquée.


Avec plus d’audace, Underemployed aurait pu devenir le miroir percutant d’une jeunesse en quête de sens. Elle se contente d’être un reflet flou, parfois attendrissant, mais trop souvent convenu. Une œuvre à mi-chemin, qui laisse une impression de presque – et un léger goût d’inachevé.

CriticMaster
5
Écrit par

Créée

le 8 avr. 2025

Critique lue 3 fois

CriticMaster

Écrit par

Critique lue 3 fois

D'autres avis sur Underemployed

Underemployed

Underemployed

5

apprentiemilitante

109 critiques

Critique de Underemployed par apprentiemilitante

Une série qui avait du potentiel! Une série sur une bande de cinq amis qui se font une promesse à la sortie de la fac: se retrouver cinq ans au sommet de la gloire. Seulement la réalité les a très...

le 2 sept. 2014

Underemployed

Underemployed

8

NathAlly

170 critiques

Critique de Underemployed par NathAlly

C'est frais sans être "gnian gnian"; marrant sans en faire des caisses; intelligent sans raclage de cerveau inutile; réel sans pathos vide; et - surtout - ça sent la voix d'une génération entière. La...

le 3 mars 2013

Du même critique

Battlestar Galactica

Battlestar Galactica

9

CriticMaster

2300 critiques

Le pouvoir sous pression : politique en apesanteur

Battlestar Galactica (2004) n’est pas seulement une série de science-fiction, c’est un laboratoire politique sous haute tension. Si je lui ai mis 9/10, c’est parce qu’elle réussit à conjuguer tension...

le 3 juin 2025

Antiviral

Antiviral

6

CriticMaster

2300 critiques

L’obsession sous perfusion

Note : 6/10Pour son premier long-métrage, Brandon Cronenberg livre avec Antiviral une dystopie clinique fascinante mais inégale. L’idée – vendre au public les maladies de célébrités comme objets de...

le 19 mai 2025

Greetings from Tim Buckley

Greetings from Tim Buckley

6

CriticMaster

2300 critiques

Entre ombre et lumière : un prélude mélancolique aux voix des Buckley

Note : 6.5/10Greetings from Tim Buckley évite les clichés du biopic musical en se concentrant sur un moment précis : la préparation de Jeff Buckley à un concert hommage pour son père, Tim. L’approche...

le 19 mai 2025