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le 12 juin 2025
SuivreGal Cleaning
is pure chaotic fun wrapped in pastel colors and hygiene tips you probably shouldn't follow. It’s like someone mashed up a cleaning tutorial with a gyaru comedy—and honestly, it kinda works? The...
Cette légende – c’en est une dans son genre – débute ses chroniques dans l’ombre ; car on ne la soupçonne pas. Il faut dire que c’est exécrable ce qui nous vient. Et je vais pas me priver de le faire ; pire encore, de le démontrer.
Gal Cleaning est un de ces mangas qui… qui mangassent ? Qui m’agacent en tout cas. Il s’en compte des pléthores de ces œuvres à usage unique pourrait-on dire, du genre de celles qu’on ne lit jamais deux fois. De ces compositions, elles s’écrivent et se vendent par millions. Un contexte estudiantin, d’abord. Faut bien cibler la tranche d’âge la plus propice à l’achat. Puis les personnages archétypés, toujours, que ça ne prenne pas le risque de s’écrire convenablement, pensez donc, l’auteur devrait ensuite prendre ses responsabilités et s’appliquer. Nous ne voulons pas ça, enfin ! En tout cas, le lectorat manga moyen ne plébiscite par l’écriture ; eux, pour la plupart veulent engager un rapport sado-masochiste, dont ils seraient les victimes des sévices, ne réclamant que trop qu’on leur crache à la gueule. Gal Cleaning eut le tort de seulement leur garantir quelques postillons, d’où une déconsidération de l’œuvre et un prompt arrêt éditorial qu’on annonça au chapitre huit. Il a son importance, gardez-le sous le coude.
Ce manga est un de ces récits gentillets où deux personnages n’ayant rien à voir en apparence sont amenés à se côtoyer, en l’occurrence, une pimbêche à demi-délinquante et un binoclard asocial qui se rapprocheront à petits renforts de gags consolidant cette séduction induite entre eux. On ne dira pas que l’auteur transpose ici ses fantasmes lycéens en espérant que le plus grand nombre les partage. Ça part souvent de là, ce genre de postulat.
Pour être honnête, à tenir compte du registre de ce manga – ce qui est déjà faire preuve d’une infinie mansuétude – celui-ci n’est pas si mauvais. La narration est convenable, le dessin basique mais sans carence, la pagination correcte… pour qui attend une œuvre sans ambition ; un passe-temps, il faut admettre que le temps passe paisiblement en compagnie de l’œuvre présente et qu’on ne force pas sa lecture. Si elle fut annulée, cette parution-ci, ce fut injustement, je le crois au regard de ce que le milieu éditorial laisse perdurer en parallèle. Mais le public est seul juge, malheur à ceux qui comparaîtront devant le tribunal des attardés de ce monde. Shuwata Ramunemura fut l’un d’eux, et de cette expérience il en retira… JE CROIS, un semblant de rancœur après s’être prêté à leur jugement.
Ne mentionnons cependant pas encore l’heureux incident que fut celui de l’œuvre qui nous concerne. Pas encore, pas tout de suite ; il faut d’abord savoir savourer les préliminaires.
Kaji, par un concours de circonstance désespérément banal – sur le plan scriptural j’entends – entre dans la chambre d’une de ces pimbêches délinquantes, ces « Gal » qui se teignent les cheveux en blond, se maquillent et s’habillent comme des putes au point même de l’être à demi, voire au double. Celle-ci cependant est candide, car il faut bien ça pour appâter un lecteur qui fantasmerait sur ce genre de bestiaux. Entré dans cette chambre, il découvre un dépotoir, un syndrome de Diogène au cube et entreprend de l’aider à nettoyer après avoir été soumis à un chantage petit-bras ; ce qui suivra sera alors le cœur nucléaire du manga qui nous concerne.
J’admets que c’est inattendu et que je ne répugne pas à lire ce qui vient. Figurez-vous que l’œuvre regorge de petites astuces ménagères dispensées habilement le temps du récit qui nous parvient. Y'en avait de meilleure dans My Home Hero pour ôter l'odeur de cadavre d'une pièce, mais pour la présente comédie romantique, ça se mange. Faut avoir la dalle, ne rien avoir d’autre à faire ; il n’empêche que c’est comestible. Nous ne sommes pas sur du Love Hina ou je ne sais quel Shônen romantique qui vous fera glisser la bile jusqu’au fond de vos intestins. C’est pour tout le monde. Enfin… j’y reviendrai. Que j’ai hâte ; mais il faut savoir faire durer le suspense.
Ça reste téléphoné, et avec un mauvais réseaux. Kaji se retrouve à vivre avec Iega dès le chapitre trois pour une obscure histoire de dette contractée par son père l’ayant conduit à être évincé de leur appartement et, ô surprise, l’ami chez lequel il le confie se trouve être le père de Iega. Ami dont n’avait jamais entendu parler Kaji, et nous encore moins.
Faut aller à ce genre de lecture avec les idées larges et le pardon facile, car l’œuvre aura effectivement bien des facilités à se reprocher. N’étant pas très porté sur les vertus des Évangiles, j’ai le pardon laborieux ; l’excuse de « N’en fais pas toute une histoire, c’est une comédie romantique sans prétention » n’a strictement aucune prise sur moi. Je considère – et je ne crois pas que ce soit un tort – que toute œuvre, malgré la portée de sa thématique, peut se targuer de prétentions d’ambitions en sachant les raisonner.
L’ecchi y est débridé. On aura beau dire ou chercher à me persuader du contraire, c’est bien le fantasme d’un auteur qui s’exhibe chaque fois que Iega commence à montrer plus de peau qu’il n’est nécessaire d’en apercevoir. Aucun sens de l’érotisme ou du désir, c’est du déballage immature qui s’accomplit devant nos yeux médusés.
Ce n’est pas un mystère si Gal Cleaning fut contraint de terminer ses œuvres aussi prématurément. Chaque nouveau chapitre était une itération du précédent, excepté que la surface à nettoyer n’était plus la même. Du reste, ledit nettoyage avait fini de s’occasionner en trois pages de temps pour être ponctué d’une frasque ecchi. Le manga n’avait que son synopsis pour lui, ça n’aurait pas pu durer très longtemps, même à supposer qu’il trouva son lectorat. Comment aurait-il pu en être autrement alors que le ciment de leur relation tient à une affaire de nettoyage ? Et si l’humour n’a aucun effet sur les zygomatiques, à ne reposer que sur des courbes cambrées et des « Dondake » répétés ad nauseam, l’œuvre appelait à sa conclusion chaque fois qu’elle persistait vainement à exister.
Puis, comme ce fut aussi prévisible qu’inévitable, on mit fin à la série. Ce genre de chose ne se passe jamais abruptement, et il est ainsi permis à l’auteur de finir prestement, en un tome peut-être, ce qu’il avait encore à raconter. Tite Kubo avait fait traîner son préavis pendant bien cinq tomes avant que la Shueisha fit tomber le couperet ; mais Shuwata Ramunemura n’avait pas droit à ce privilège.
Ainsi, quelque chose d’étrange se passe, le chapitrage, qui, comme de bien entendu, suivait une série numérique de nombres entiers (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7 et 8), vira à la décimale. Aussi les chapitre devinrent 8,5, 8,6… poussant le vice jusqu’au centième. On ne sait pas trop d’où ça part, gardez en tête que ce non-événement, pour curieux qu’il est, s’avère être moins un choix narratif ou éditorial qu’il n’est plutôt le symptôme d’une affliction mentale.
Il a pété un boulon.
Mais, vraiment. L’annonce de la clôture de sa série engagea l'auteur à se saboter sans ménagement et avec une énergie rare pour ce qu’elle avait d’enragée. C’est de la pure politique de la terre brûlée qui nous vient alors. Gal Cleaning ? Une comédie romantique axée sur le nettoyage domestique ? Plus vraiment.
Pour avoir été estomaqué par la série animée Neon Genesis Evangelion ou encore, pour avoir joué à Saya no Uta, j’en ai tiré des conclusions : un Japonais, il faut le faire déprimer pour en ressortir quelque chose de nouveau. Les auteurs des œuvres précitées s’étaient commis à leur création en pleine dépression pour donner lieu à ce qui fut des compositions marquantes car marquées de leurs tourments. Elles avaient une âme, leurs créations, car ils y avaient mis d’eux-mêmes ; s’étaient livrés vulnérables et meurtris à qui voudrait être spectateur des résidus de leur souffrance psychique. Il faut faire déprimer des Japonais aux abords du suicide pour créer un grain de folie chez eux. Quand bien même l’irruption du procédé est dommageable, au moins il se passe quelque chose.
Gal Cleaning participe un peu de ça passé le chapitre huit. Excepté qu’au lieu de nous faire parvenir une œuvre partie d’une affliction ; de donner forme et vie à une meurtrissure qu’ils avaient au cœur, Shuwata Ramunemura puisa dans une rage mesquine et rancunière d’avoir été ainsi éconduit. Ce qu’il convient d’appeler la deuxième partie de Gal Cleaning – qui fonda la légende – est une revanche aigrie, celle d’un môme vexé et en colère qui n’avait que sous la main un crayon et du papier afin d’accomplir sa vengeance. On ne sait alors trop de qui il s’est vengé, de ses éditeurs – sans doute mécontent d’avoir eu à publier la suite – de ses lecteurs, ou bien de ses œuvres. Le fait est qu’il n’a pas exactement fait les choses à moitié ni même au huitième.
D’abord, l’ecchi se prononce de beaucoup, mais pas encore de trop. On s’embarque dans un arc narratif où Iega s’en va à l’école sans culotte et où toute la narration n’est plus tournée qu’autour de cet événement. Quelque chose de curieux se passe. On ne sent jamais trop les séismes de magnitude un, mais ils vous laissent à l’esprit quelque chose de suspect ; comme un mauvais pré-sentiment.
Puis survient ce que les vétérans appellent encore l’arc du casier. Iega et Kaji, suite aux événements de l’arc sans-culotte, se retrouvent tous les deux piégés dans un casier de rangement au lycée, collés l’un contre l’autre.
Alors, parce que Kaji ne pose pas ses mains où il faut, il la fait jouir. Et c’est là que les haussements de sourcils circonspects soulignèrent des yeux écarquillés. On n’était plus à « un » sur l’échelle de Richter.
Le début de chacun des chapitres décimaux – d’un format très court pour faire durer la parution le plus possible avant de compléter le tome – s’entamaient avec ces pages de présentation, où le titre était écrit par-dessus le vagin d’une Iega toute guillerette. Même Hiroya Oku n’avait jamais été jusque là.
Iega n’étant que peu disposée à l’interaction du casier – notez la réserve – permet ainsi au récit de nous apprendre que ce qu’elle subit le temps de la malencontreuse « gaudriole », n’est ni plus ni moins qu’un viol perpétré au format Shônen. Vous pensiez que Go Nagai avait été loin ? L’infini était encore devant lui, et nous l'arpentons ici en dénivelé.
Ca c’est pas fini !
La présidente des élèves – personnage sorti d’absolument nulle part – leur demande ce qu’ils faisaient dans le casier, et le « quiproquo » fait ressurgir chez elle des souvenirs. Des souvenirs… d’un viol qu’elle a subi.
Ça surgit du récit aussi aléatoirement que ce que je vous raconte-là, sans nous priver des effusions graphiques que cela suppose. Voilà qu’arrive le flash-back du viol. En trois chapitres décimaux ; s’il vous plaît. Car on ne se refuse rien en plein sabordage.
D’autant que le Japonais moyen, faut jamais le pousser trop fort pour que le viol lui vienne au bout du pinceau. À croire qu’ils ont tous en eux des flash-backs du Tonkin par procuration héréditaire ; la symbiose folle de l'atavisme et de l'érotisme.
L’équipe de scantrad, car je lisais le manga en ligne, s’est même fendue d’un message horrifié pour prévenir ses lecteurs. Je n’avais jamais vu ça auparavant. Le plus drôle étant qu’eux, étaient sincèrement épris du manga originel dont le déroulé s’était accompli dans des tons très bon enfant. Et hop, un viol bien graphique pour tout le monde. Je ne comprends pas que les éditeurs aient laissé passer ça. Mieux valait une rupture de contrat trop brusquée que de faire paraître ce genre de contenu qui ne pouvait que faire tomber sur eux le discrédit. Mais ils ont édité la suite ces cons-là.
Avec Gal Cleaning, je vous le dis, y’a pas que le nettoyage qui se sera fait à sec.
Je n’ai pas ri si franchement devant une scène de viol depuis ma lecture de Kyoko. La gratuité du procédé et l’histoire de rancœur en coulisse font que le ridicule, imbibé de l’atrocité qui advient devant nos yeux, en deviendrait hilarante tant elle est pathétique au sens premier de la définition. Pour ce genre de coup de pute vicieux, je l’ai trouvé touchant, cet auteur, de ne pas hésiter à exhiber autant d’immaturité sous son nom propre.
Vous ai-je précisé qu’il n’a plus jamais écrit de manga depuis ? On ne laisse jamais une deuxième chance aux génies incompris. Je peux comprendre que quelques éditeurs se soient sentis frileux à lui tendre la main par la suite. Il n’empêche… j’aurais donné cher pour voir la tête de son responsable éditorial chaque fois qu’il lui apporta les nouvelles planches.
Car il le fait durer ce satané viol, Ramunemura nous frotte bien le nez dedans pour qu’on ressente jusqu’à la plus petite bribe de son acrimonie vengeresse. Je ne riais que plus fort en glanant ici et là les réactions déconfites de ses lecteurs. Je crois que cet homme devait être le dernier Kamikaze ; que son sacrifice soit loué pour ce qu’il avait de dévastateur.
Poussant le vice encore plus loin et violemment, la présidente des élèves, astreint au régime qui est le sien, s’exclame intérieurement « que quelqu’un nettoie mon corps souillé », pour rattacher fébrilement cette « intrigue » à la thématique du nettoyage. Et moi qui osais dire que Gal Cleaning ne faisait rire personne, que d’excuses ai-je a proférer désormais pour laver mon erreur. Faut simplement avoir un sens de l’humour bien particulier, avec ce qu’il faut de cynisme pour vraiment apprécier ce sabotage sublime. Là, même Kaji ne pourra pas nettoyer la réputation de son auteur.
Qu’il chercha ensuite à rendre potache le fait que Kaji la sauva en la cachant dans une poubelle n’ajoute que de l’infamie à la disgrâce, et le potentiel hilarant en est de ce fait centuplé. Traiter quelque chose d’aussi grave avec tant de désinvolture, y’a là quelque chose qui confinerait presque au génie.
Allez quoi, faites pas la tête vous qui avez apprécié le Gal Cleaning des débuts ; vous n’avez qu’à vous dire que c’est une nouvelle à chute pareille aux histoires de Shamalan. Sauf que la chute est rude dans le cas présent, glissée sans vaseline de surcroît.
Et comme si de rien n’était, on repart sur une histoire de comédie romantique avec une conclusion sirupeuse comme on en connaît des millions.
Vous pensez que vous pouvez enfin souffler, que le pire est derrière vous ? Il a fait une fin alternative ce bougre de salaud, reprenant ses chapitres en changeant les dialogues.
Alors que la présidente du conseil de classe se faisait violer, que Kaji venait à elle pour la secourir, celui-ci, plutôt que de l’aider comme il le fit dans la version initiale de ces joyeuses péripéties, adressa aux violeurs des conseils de nettoyage pour se débarrasser du sperme, de la cyprine et du sang faisant suite à leurs polissonneries. Et ces conseils se dispensent en de longs paragraphes d’une violence inouïe pour la cruelle nonchalance joviale avec laquelle il les adresse, prenant à la légère et avec humour le viol qui se passe devant lui.
Il va même jusqu’à donner des conseils juridiques aux violeurs. Un mois plus tard, la présidente du conseil des élèves lui annonce qu’elle est enceinte et lui demande de « nettoyer son utérus », achevant l’œuvre sur un « le nettoyage ne finit jamais ».
Pour moi qui suis friand d’humour noir, j’avais fait bombance pour le mois.
Une explosion nucléaire. C’est ce à quoi on a ici assisté. Tout le monde batifolait gaiement dans la clairière et soudain, parce que quelqu’un a appuyé sur le bouton fatidique, un champignon atomique est apparu dans le paysage, et tout aura été rasé et calciné à des centaines de kilomètres à la longue. Dieu c’est que c’est immonde, une dévastation de cet ordre là, et pourtant, on est nombreux à avoir voulu voir des vidéos de ces explosions pour ce qu’elle avaient d’impressionnantes.
Alors oui, Gal Cleaning est assez radioactif malgré le nettoyage scrupuleux qui y fut accompli, mais pour qui a envie de voir une de ces œuvres trop propres, gentillettes, étriquées par le système éditorial actuel, adresser un tonitruant « Allez vous faire foutre » à ce milieu-ci, Gal Cleaning n’est alors pas un cri du cœur, mais un hymne enragé qui se chante à pleins poumons. Seulement, la plèbe, vile et assoiffée d’ignorance, l’a honni cet homme-ci, pour avoir été irrévérencieux. Et pour ça, parce qu’il n’a pas hésité à tout calciner, quitte à périr dans ses œuvres, je respecte son caca nerveux qui, de loin, supplante des myriades d’œuvres infiniment trop respectées pour ce qu’elles sont.
Au milieu de l’averse de crachat, monsieur Ramunemura, sachez que vous avez l’estime de lecteurs n’étant que trop fatigués de se faner des œuvres préfabriquées et qu’un sursaut de colère comme celui-ci aurait dû attiser la sympathie plutôt que l’inimitié. Mais on n’empêchera pas la plèbe d’être la plèbe. C'est ce qu'elle sait faire de mieux, et donc aussi mal.
Respect. J’espère qu’où que ce soit cet auteur, la fortune et la félicité lui viendront. Il la mérite, ne serait-ce que pour mieux faire hurler les cons.
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