Aujourd’hui, je vais vous parler d’un film que j’ai vu récemment et qui m’a franchement laissé sur ma faim : 21 and Over, réalisé par Jon Lucas et Scott Moore en 2013. Pour tout vous dire, je lui ai mis un petit 3 sur 10, et je vais vous expliquer pourquoi — tout en restant honnête, respectueux, mais aussi critique.
Sur le papier, le film avait tout pour être un bon moment de comédie : une soirée d’anniversaire qui dégénère, des amis d’université, de l’alcool, des gaffes, des surprises... Bref, une sorte de Very Bad Trip version campus. Mais très vite, on sent que la formule est recyclée, sans réelle inspiration. C’est bruyant, parfois absurde — et pas dans le bon sens du terme.
Ce qui m’a le plus déçu, ce sont les personnages, et je vais m’y attarder un peu, parce que c’est là que le bât blesse vraiment.
On suit Jeff Chang, l’étudiant modèle qui se fait embarquer dans une nuit d’excès par ses deux amis, Casey et Miller. Le souci, c’est qu’aucun de ces trois-là n’évolue vraiment. Jeff est presque un prétexte — un objet scénaristique qu’on déplace de bar en bar — sans qu’il ait une voix, une volonté ou une épaisseur propre.
Et que dire de Casey, le "gentil" un peu coincé, et de Miller, l’archétype du fêtard irresponsable ? On les a déjà vus mille fois, et ici, ils n’apportent rien de nouveau. Leurs dialogues sonnent creux, leurs conflits paraissent fabriqués, et même leurs moments "d’émotion" semblent plaqués.
Il y avait pourtant matière à faire autre chose : à parler de la pression familiale, de la peur de grandir, des choix de vie. Mais tout ça est évacué au profit de gags lourds ou de scènes gratuites, qui n’aident en rien à enrichir la relation entre les personnages.
En fait, on ne croit jamais à leur amitié. On dirait trois figures de carton qui se côtoient parce que le scénario l’exige, pas parce qu’il y a une histoire commune entre eux. Et ça, dans une comédie centrée sur l’amitié, c’est franchement un gros raté.
Je ne vais pas dire que je n’ai pas souri du tout, ce serait malhonnête. Il y a quelques moments où l’absurdité fonctionne. Mais trop souvent, les blagues tombent à plat, soit parce qu’elles sont prévisibles, soit parce qu’elles vont trop loin sans raison. Et quand le rire devient mécanique ou gênant, c’est que le film a raté son virage.
Visuellement, c’est propre, rien à dire de ce côté-là. C’est rythmé, bien monté, mais ça manque cruellement de personnalité. La mise en scène ne raconte rien de plus que ce qu’on voit à l’écran. Il n’y a pas de regard, pas de touche personnelle. Et c’est un peu dommage quand on aborde un thème aussi riche que le passage à l’âge adulte.
21 and Over m’a laissé un goût amer. Ce n’est pas un film détestable — il se regarde, il s’oublie. Mais c’est justement ça le problème. Il est fade, sans relief, alors qu’il aurait pu être mordant, drôle, et même touchant.
En résumé : des personnages creux, un humour convenu, et une histoire qui tourne en rond. Voilà pourquoi je lui donne un 3 sur 10.
C’est un film qui manque sa cible… et qui m’a surtout donné envie de revoir Superbad, qui, lui, savait comment faire rire tout en restant sincère.