Le Elephant autrichien

Avis sur 71 fragments d'une chronologie du hasard

Avatar Fatpooper
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Je savais bien qu'il faudrait m'accrocher avant de lancer ce Haneke. J'aime bien ses films habituellement, mais cette fois, ce sera sans moi.

C'est un peu le même problème que pour 'Le septième continent', c'est inutilement long. Haneke déclare dans une interview que quand on joue au billard, c'est mieux de faire les bandes plutôt que de taper les boules directement, il fait cette allusion pour que l'on comprenne sa façon de filmer ; seulement voilà, les bandes, il ne faut pas non plus en abuser. Les plans sont longs, les séquences ne racontent pas grand choses ; ainsi la première heure aurait pu être amputée de sa moitié. En fait, Haneke propose un regard sur sa société, pourquoi pas ? Le problème ce n'est pas forcément la froideur avec laquelle il filme, bien que cette mise à distance a tendance à neutraliser toute forme de tension dans un conflit, c'est plutôt qu'on a vite compris où il voulait en venir, qu'il en fait trop, et que finalement son film n'est pas plus subtil qu'un gros blockbuster.

Ca n'empêche pas quelques belles scènes qui se suffisent d'ailleurs en elle-même, en tant que fragment justement. Je pense notamment à la scène de repas où le mari, bourré, dit "je t'aime" à sa femme qui aussitôt suspecte que ce soit hypocrite, elle se prend alors une giffle. Des petits moments délicieux comme ça, sur les problème de communication de notre société, il y en a plusieurs, mais ne font pas la majorité de ce film.

En voyant le film, je ne pus m'empêcher de faire un parallèle avec Elephant de Gus Van Sant ; on y retruove en effet quelques points similaires, des différences mais c'est surtout dans la mise en scène que les films s'opposent. Gus propose d'entrer émotivement dans la vie de ses personnages, de montrer que la vie est aussi belle qu'hasardeuse, tandis que Haneke, dans son expérimentation, se ferme à la vie, et consacre plus d'énergie à la routine machinique de la société, à la mort. En soi son point de vue pessimiste ne me dérange pas, c'est juste que sa narration est plus pauvre, et qu'il n'y a plus grand chose à manger une fois le message saisi.

Bref, 71 fragments d'une chronologie du hasard aurait dû être un moyen métrage ou encore mieux être vendu sous forme de mini métrages.

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