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Traverser les galaxies, réunir 1000 planètes pour découvrir que tous les aliens de la création ont l'humour de Luc Besson...
Foncer droit vers les étoiles, et tomber sur la cité d’Emile pas net.

Parfois, on en vient à se dire qu’une carrière ne tient pas à grand-chose. Imaginons deux secondes, par exemple, que Luc Besson ait toujours préféré faire un appel à un scénariste dont c’était (sinon le métier mais au moins) le talent, au lieu d’écrire à chaque fois ses histoires. Un certain vertige nous saisit. Une toute autre carrière serait alors possible.
Mais ceci aussitôt écrit, on est bien forcé de se reprendre et accepter l’évidence: on ne connaît aucun scénariste de 13 ans aussi doué que lui.

De cet entremêlement de constatations contradictoires empruntant une montagne russe de sentiments ambivalents, on devine l’immense talent du bonhomme: comme personne, il sait faire souffler le show et l’effroi.

Et puis, si on laisse enfin tomber ce lourd chargement d’aprioris et de mauvaise foi, le génie de l’artiste éclate.
Et l’on comprend alors pourquoi le réalisateur écrit, et du coup plutôt divinement bien. Connait-on un autre exemple d’engagement citoyen et écologique, un autre modèle de force contestataire subversive et de brûlot politique dans l’univers d’Hollywood actuel ? Les Redford et autre Michael Moore ne font-ils pas pâle figure au moment où la vérité nous inonde dans toute l’intensité de sa lumière ? Luc réussit le miracle d’une fusion magnifique et secrète, un mix jouissif et underground entre Mélenchon, Hulot (période pré- gouvernement) et Che Guevara.
En se faisant passer, ce génie, pour un créateur balourd et prospère. La couverture parfaite.

Ecolo, il l’est de manière éclatante, lorsque l’on déploie les deux heures parfaitement calibrées de son Valerian. Aucune seconde n’échappe à un recyclage brillant et iconoclaste. Les références sont légions, la compile exhaustive, garantie 100% sans création pure. Les allergiques à l’innovation ne s’y sont d’ailleurs pas trompé, célébrant massivement cet exploit inédit d’une industrie devenue responsable.

Subversif et contestataire, il ne peut pas plus le cacher, lorsque les spectateurs découvrent, outrés, les pulsions névrotiques du grand méchant (Clive Owen, le vil gars de mon titre) qui avoue avoir agi par peur des conséquences négatives de son geste sur l’équilibre économique de la galaxie. Quel impact sur les plus jeunes consciences, qui découvriront forcément trop tard les raisons de leur engagement politique dissident à venir !
On imagine désormais toutes les agences de renseignement et d’intelligence de la planète sur les dents, à l’idée du prochain projet de Luc Besson. Le sommet de Davos 2018 s’emparant de l’affaire. Le monde capitaliste en alerte.
Au moment où tant de forces de gauches, sur la planète, montrent l’essoufflement et la perte d’imagination de leurs formes de contestation vis-à-vis d’un monde qui se transforme parfois trop vite pour eux, Besson indique le chemin, trace la voie à suivre, en leader intellectuel modeste et incompris.

Un modèle pour le 21ème siècle, dont la grandeur n’a d’égale que l’humilité.
Pour autant, et c’est bien triste, ce surdoué de 13 ans coincé dans un corps de 58 n’est pas totalement dégagé de toute contrainte. Par exemple, avant son prochain combat (qui ne saurait être le dernier) on aimerait qu’il pense à ranger sa chambre.

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