Batman & Robin par Incertitudes
Cette fois-ci, Joel Schumacher semble seul maître à bord. Tim Burton, qui avait réalisé les deux premiers épisodes et produit le troisième, n'est plus là. Val Kilmer n'aura fait qu'un petit tour et puis s'en va, remplacé par George Clooney débarquant tout droit de la série Urgences.
Histoire d'aller droit au but, le pauvre George, interviewé au moment de la sortie du film, avait avoué ne s'être jamais senti à l'aise dans la peau de Batman. Sans blague. Aujourd'hui encore en rigolant, il reconnaît avoir failli faire sombrer la franchise. Chris O'Donnell, révélé dans Le temps d'un week-end avec Al Pacino et Les trois mousquetaires en 1993-1994, n'a plus fait grand chose depuis. Surtout, dans Batman Forever et Batman et Robin, il est tête à claques et on a envie que d'une seule chose : que Batman lui en mette une pour lui remettre les idées en place. Il n'a pas l'air meurtri par la mort de ses parents à cause de Double-Face mais plutôt d'un ado pourri gâté. Alicia Silverstone dans la peau de Batgirl ne sert à rien. Elle est moche et en plus de ça, comme son pote O'Donnell, elle n'a quasiment rien fait depuis.
Côté méchants, Schwarzenegger dans la peau de Mister Freeze se croit revenu dans les années 80 où, du temps de sa splendeur, il enchaînait les punchlines avec brio. Sauf que là, on est en 1997 et c'est juste...affligeant. A titre de comparaison, pendant que Schwarzy faisait ce nanar contre un cachet de vingt-cinq millions de dollars, Stallone, lui, tournait dans Copland pour soixante mille dollars.
De manière générale, ce sont tous les acteurs du film et les dialogues qui sont ridicules. Tous les jeux de mots autour du froid, que les scénaristes ont dû piquer dans les bonbons Carambar, y passent alors que Mister Freeze est avant tout un homme anéanti par la maladie de sa femme qu'il a placé en cryostase. Enfin Uma Thurman en Poison Ivy est peut-être la seule bonne trouvaille du film. Sexy dans son collant vert, en fait, il n'y a que ça.
En résumé, le souci de Batman et Robin, ce sont ses dialogues et son interprétation ridicules qui font penser à la série des années 60 avec Adam West. De deux choses l'une, soit Schumacher n'avait rien compris à l'univers de Batman, soit c'était délibéré de sa part. La Warner, satisfaite des chiffres, eut même l'audace de lui commander un troisième film qu'il eut le bon goût de refuser. Et dire qu'à l'époque, j'avais presque aimé...C'est d'autant plus triste.