Cool Dudes, awesome sweet fucks !
Bellflower est un film frustrant. Il laisse de trop nombreuses questions sans réponses.
Tentons de dégager de leur nombre les plus saillantes.
Comment des êtres humains peuvent-ils parvenir à l'âge adulte en employant moins de 50 mots de vocabulaire, parmi lesquels cinq (ceux du titre de ma petite chronique) squattent 80% des phrases employées ?
Est-ce en raison de cette même difficulté d'expression que ces jeunes mâles ne semblent être mus que par des fantasmes de pré-ados décérébrés ? ("wouais, on aurait une voiture qui cracherait des flammes et on descendrait de la voiture qui crache des flammes et on aurait un lance-flamme, et les gens nous regarderaient et on aurait l'air trop coooool, parce que les flammes, franchement, c'est cool !!")
Comment ces jeunes gens brillants trouvent-ils les moyens de réaliser leurs idées géniales ? Ils semblent de rien branler de leurs journées mais ne manquent jamais d'argent (sauf quand il s'agit d'échanger une voiture contre une moto parce que là c'est trop coooooool, dude, sweet, awesome, fuck !)
Quels sont exactement leurs problèmes dans la vie, au juste ?
Une nénette (plutôt mignonne, la biatch) largue son copain stupide (pourtant, ils ont mangé des cafards vivants ensemble, quoi, cool, sweet, awesome, dude, fuck !) sans véritable raison ("je vais te faire mal si on sort ensemble", "OK", "bon ben je vais me faire sauter par le coloc qui est un déchet mais c'est plus fort que moi, enfin c’est surtout bien pour le scénario" "OK, dude, sweet, cool, fuck"... ah pardon, j'oubliais: awesome !") Et donc, conséquence logique: soit on se suicide, soit on brûle tout et on souhaite la fin du monde (dude, sweet !), c'est ça ?
Ah dis donc, oui, quand même...
Et enfin, la dernière, mais pas la moindre:
Le réalisateur a-t-il voulu se moquer d'une génération à la dérive (mais alors ce ne serait pas sweet) ou a-t-il voulu au contraire la peindre dans ses inclinaisons cools (mais alors ce ne serait pas awesome) ???
Dude, fuck !