Romero est un type intelligent ; derrière l'horreur il y a toujours un discours, un message, des convictions. Et ce Bruiser n'échappe pas à la règle. Et je trouve ça dommage d'ailleurs que ses films mineurs soient parfois moins appréciés que des films contemporains tellement plus formatés et inoffensifs.
Alors, non, ne vous méprenez pas, ce 'Bruiser' n'est pas un plaidoyer virulent de quoi que ce soit, mais Romero parle de couple, de la société, de la façon dont on gère l'image et ce bien avant que Facebook n'explose.
Le récit est un peu maladroit dans la mise en place et déçoit surtout sur la fin avec un empêtrement narratif, mais il reste des séquences plutôt sympas et surtout, et ça je ne m'y attendais pas, le point de vue du tueur conservé tout du long. Ce n'est pas très horreur, c'est plus un thriller mais le concept général a tout de même quelque chose d'horrifique.
La mise en scène fonctionne bien, avec un découpage posé et efficace, un montage bien rythmé ; le masque est vraiment bien foutu, et le fait qu'il puisse servir de base pour du maquillage permet d'aller plus loin. Les acteurs sont bons, offrent de bonnes performances. On appréciera l'ambiance par l'image surtout, avec une chouette photographie.
Bref, c'est sans doute un film un peu timide et maladroit, mais il y a de bonnes choses dedans, assez pour passer un moment sympathique.