J'étais resté sur le quai du Train pour Busan, ayant trouvé le film insipide et soporifique, loin d’adhérer à la hype qui voulait en faire l’un des plus importants films d’horreur de la décennie. Je m'étais épargné sa suite mais par une inconséquente curiosité, je me suis laissé tenter par Colony, le dernier « zombie flick » de Yeon Sang-ho. Une invasion d’infectés dans un immeuble, ça m’évoquait un peu le dyptique Raid/Dredd alors pourquoi pas ? Voila, j’aurais dû faire preuve d’un peu plus de jugeote, alors je n’ai à m’en prendre qu’à moi-même.
C’est nul de bout en bout. Qu’il s’agisse de l’apparat scientifique, bâclé à la va-vite, reposant sur une idée pas idiote mais très pauvrement exploitée. Qu’il s’agisse des velléités sociales ou politiques que ces âneries font semblant de convoquer, histoire de filer du beurre à ceux qui aiment tartiner, ou qu’il s’agisse de la mise en scène ou, pire, de son interprétation, c’est un calvaire. Même en faisant abstraction du reste du film pour se reposer sur les scènes d’action, on tire la gueule. Je ne sais pas pourquoi je m’attendais à autre chose qu’une shaky cam ringarde et de la violence tout public ; peut-être que, par ignorance, j’ai tendance à me dire que le cinéma asiatique, ou sud coréen en l’occurrence, est une promesse d’hystérie et jusqu’au boutisme radical… Parce que ce Colony, c’est complet repassé, du DTV fauché, torché et kitch à mort. Ces infectés à la con, démantibulés et qui se tortillent sur une bande son de craquements rigolos, qui ça peut encore distraire ? On disait avant que c’était du cinéma de fast food, aujourd’hui on appellerait ça du cinéma de chatGPT.
L’absurdité générale de cette histoire à la con, la façon dont le film gère ses concepts éculés sans jamais s’intéresser à leur cohérence en jouant à saute-cliché rend le film particulièrement laborieux à enfiler. Mais le pire, c’est la capacité qu’ont les auteurs de cette merde à traiter leurs personnages comme des demeurés, visant visiblement un public pas concerné, pas concentré et un peu lent, ce qui rend le film particulièrement horripilant, voire insultant.
Seul point positif, pour tenter de sauver quelque chose de ce naufrage : à mi chemin, le film tente une diversion de dix minutes en balançant une horde de singes incontrôlables en CGI. L’astuce, déjà utilisée par James Gray pour tenter de sauver l’un de ses derniers nanards, est grossière, mais appréciée.