Si les premières scènes du film transpirent une ambiance épique et grandiose qui m'a fait espérer brièvement, 90% du film est plat, sans saveur et sans originalité. Histoire vue et revue 1000 fois, sans traitement intéressant ni de la narration ni des personnages, ni au final de l'esthétique, on se demande un peu ce qu'il y a à regarder dans ce "Dracula" de Besson. Le sentiment principal qui nous étreint est l'ennui dans cette adaptation assez bas de gamme. C'est d'autant plus dommage qu'elle survient 8 mois après le Nosferatu de Robert Eggers qui raconte sensiblement la même chose mais avec des partis pris beaucoup plus radicaux et admirables (sans pour autant être un chef d’œuvre selon moi).
Il y avait pourtant des pistes intéressantes à explorer, par exemple l'inversion des rôles qui est suggérée à un moment en voulant brièvement se place du point de vue de Vlad et d'en faire une victime de l'histoire. Il est pourtant bien vite ramené à son statut de méchant égoïste pour justifier la boucherie finale sans queue ni tête, pas même fun à regarder et essayer d'amener un twist final minable supporté par deux phrases de Christoph Waltz qui a vraiment du mal à sortir de ses rôles clichés de manipulateur intouchable. Le film se perd ensuite entre deux morales opposées où il ne saura faire un choix, s’empêtrant dans ses propres références et nous servant l'entrée en même temps que le dessert. Et dans la même assiette qui plus est. Nan mais cette histoire de réincarnation qui n'en est pas une... qu'allait il faire dans cette galère?
Le film aurait tellement gagné, par exemple, à se dérouler intégralement à l'époque des conquêtes ottomanes, seule partie du film un tant soit peu prenante. Mais, me direz-vous, on ne raconte plus vraiment l'histoire de Bram Stoker alors, et bien oui, mais peut être alors aurions nous eu un film à minima sympa à regarder, surtout à une époque où les films à composante "épique" sont fort rares...