Eddington
6.2
Eddington

Film de Ari Aster (2025)

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J’ai vu le film en VO.ST car cgr ne le diffuse pas dans ma ville et je ne regrette pas.

J’adore. Paysage western. Ville isolée. Sentiment d’anxiété. Une année d’élection municipale et de mesures sanitaires dues au Covid. Des rancœurs murées dans le silence jusqu’à ce qu’elles s’expriment et explosent dans les réseaux sociaux…

Quand les relations humaine se forgent à travers les communications sur les réseaux sociaux, les décisions prises «sur un coup de tête» nous éloignent du monde de la réflexion nécessaire pour appréhender le monde dans lequel on vit. Le «don’t make me think, post it» plonge le personnage du shérif dans la contradiction, l’angoisse et la paranoïa jusqu’à l’amener vers l’horreur.


Les personnages de Eddington sont ambitieux et peu sûrs, fragiles, instables. Ces caractéristiques accentuent le sentiment d’impuissance et leurs préjugés (racisme, complotisme, secte, wokisme…) mais elles révèlent des non-dits inquiétants qui précipitent les uns vers l’incompréhension, les autres vers la paranoïa.

Tout commence par un conflit entre deux personnes : le shérif et le maire (candidat à son 2ème mandat). Bien sûr, c’est un cliché, il faut chercher la femme pour comprendre ce conflit. Leurs relations s’enveniment à travers les réseaux sociaux : immédiateté, atteinte à la vie privée et à la réputation, insultes, mensonges, addiction … A cela s’ajoute le contexte du Covid qui restreint physiquement les relations humaines, les actions du mouvement « Black Lives Matter» (dont la militante est quelque peu égratignée au passage tant elle est agressive) qui gagne cette petite ville d’Eddington, un discours pro et anti écolo, l’ omniprésence de la belle mère complotiste ET du gourou (Austin Butler) juste de passage à Eddington mais un passage dévastateur.


Il n’y a ni bons ni méchants dans ce «western moderne». Il n’y a que des gens inquiétants. Il n’y a que des relations humaines basées sur la désinformation, les jalousies, les ignorances, les manques de repères, l’intolérance et le racisme... Elles veulent expliquer, imposer (?) soit une vision passéiste soit une vision progressiste du monde (présent ou à venir). C’est avec beaucoup de perspicacité, d’ironie et de sarcasme que Ari Aster établit son propos. Et petit à petit il crée la stupeur, l’effroi et l’horreur. J’ai adoré la scène où le spectateur est tel le shooter d’un jeu vidéo (la réalité rejoint la fiction).

Je suis sortie de la séance secouée, impressionnée par la « polysémie » du propos d’ Ari Aster, la beauté des paysages dans un lieu haineux, paranoïaque, malade (?) et ambitieux, la profondeur et richesse des personnages. C’est bien un regard acerbe, sans compassion et très pessimiste que Ari Aster porte sur sur nos sociétés, magnifiquement servi par tous les acteurs.

sofantaisie
10
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le 21 juil. 2025

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