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le 16 juil. 2025
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Quand le réel est devenu une mauvaise farce continuelle, quel rôle peut encore jouer la satire ? La question avait déjà commencé à émerger en compétition à Cannes 2024, avec The Apprentice d’Ali...
Perturbé. C’est un euphémisme pour qualifier mon état en sortant de la salle de projection.
L’absence de mention « Inspiré d’une histoire vraie » est la seule indication m’ayant permis de comprendre qu’il s’agissait d’une pure fiction. Ça et le dénouement un brin rocambolesque.
Entre l’influence des réseaux sociaux et les dangers d’internet plus globalement, la montée du complotisme et les dérives gouvernementales, ou encore le renforcement des extrêmes qui engendre des atrocités innommables, ce western moderne vient piocher dans les éléments brutaux de notre histoire récente pour nous plonger dans un univers dérangeant et criant de vérités.
Le film n’a pas peur de pousser les curseurs au maximum pour proposer des scènes surprenantes mais toujours crédibles.
Les personnages sont superbement écrits, les enjeux de chacun sont limpides. Même si on n’adhère clairement pas aux systèmes de pensées de la plupart d’entre eux (pour ne pas dire de tous), on les comprend.
Tous les acteurs et actrices sont à la hauteur de leurs palmarès respectifs. Ça ne surprendra personne, mais Joaquin Phoenix délivre une nouvelle masterclass. Le rôle du fou poussé au crime par une société décadente lui sied toujours aussi bien.
La structure narrative du film mérite d’être mentionnée. Particulièrement concernant l’arc qui mène Joe Cross (le protagoniste) d’opposant au projet de complexe technologique au sein de la ville d’Eddington, à porte-parole de celui-ci. Dans sa frénésie politique, il a non seulement dû tirer un trait sur sa motricité et sur sa famille, mais aussi sur ses valeurs.
Le crescendo de violence est justifié par cette intrigue structurée, même dans les extrêmes, à tel point qu’on se questionne sur l’aspect fictif des évènements. Il s’agit là, sans aucun doute, de la mission principale du film et de sa plus grande force. Il nous questionne et nous pousse à réagir face à l’intolérance grandissante et au trop plein d’informations qui finit par embrumer l’essentiel, et par là même, nous invite à remettre l’écoute - la vraie - au cœur de nos préoccupations.
Créée
le 18 août 2025
Critique lue 5 fois
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