C’est le premier film de David Lynch, et ça se voit :
rien n’a de sens, tout fait peur, et il y a une femme qui vit dans un radiateur avec des furoncles sous les pieds.
Henry, le héros, a :
une coupe de cheveux qui semble alimentée par le stress nucléaire,
une dégaine de technicien de surface dans un rêve post-apocalyptique,
et une vie qui consiste à errer dans une ville faite de fumées, de murs suintants et de gens qui parlent comme s’ils avaient oublié comment articuler.
Un jour, sa copine lui annonce qu’elle a eu un bébé.
Sauf que le bébé en question… eh bien… disons que même H.R. Giger aurait dit : “Euh non, trop chelou.”
C’est une dinde dépiautée avec des yeux globuleux, le cri d’un modem 56k, et le mucus émotionnel d’un alien dépressif.
Ce film, c’est un peu comme si Kafka avait tourné Télétubbies après un bad trip
La bande-son ? De la musique industrielle jouée par une chaudière suicidaire
Pas de mélodie. Pas de répit. Juste :
BZZZZZZZZZZZZZZ
Et le cri du bébé, qui semble tout droit sorti de l'enfer, mixé par un DJ dysfonctionnel.
Moi je pense que c’est un cauchemar capturé à l’état pur.
Un film :
plus angoissant que la maternité sous anxiolytiques,
plus étrange qu’un vinyle d’incantations norvégiennes joué à l’envers,
Regarder Eraserhead, c’est comme plonger tête la première dans ton inconscient pendant qu’il te hurle :
“TU N’ES PAS PRÊT À ÊTRE PÈRE !”