Toujours pas sûr de savoir si le dernier film d'horreur de Cregger voulait vraiment dire quelque chose, ou s'il n'a pas simplement réussi à dépasser le stade d'une série épique (et certes bien ficelée) de sketchs horrifico-comiques bien typés, ce que la dimension chorale façon effet Rashomon encourage forcément dans une certaine mesure. Bon d'accord, on peut éventuellement arguer de la « bonne surprise » d'avoir un troisième acte radicalement (quoique pas vraiment radicalement en même temps) non-métaphorique (que Josh Lewis a appelé « occult-hagspoitation anedrochrome » dans sa critique en anglais sur Letterboxd), mais en même temps, ce fameux troisième acte est tellement décevant et convenu qu'on peut difficilement le considérer comme radical ou surprenant... De mon point de vue honnête et peut-être naïf de quelqu'un qui ne consomme pas d'horreur, Évanouis se résume à 1) un bon premier tiers de 40 minutes bien tendu avec un superbe needle drop surréaliste de George Harrison (Beware of Darkness - introduction dingue pour le film) suivi de deux perspectives intéressantes (et deux cauchemars bien glauques), celles de Justine incarnée par Julia Garner et d'Archer par Josh Brolin, et 2) une fin satirique plutôt réussie avec une vraie approche (un poil grotesque) de l'enfance/l'émancipation - sacrée boucherie - qui a marché pour moi. Mais coincé entre les deux, on a une tentative ratée de faire du film mystère dont le récit est pathétiquement disloqué pendant les 2/3 du métrage, avec un « twist » révélé trop tôt, esquissé de façon bien trop conventionnelle et paresseuse. Peut-être qu'un jour on aura quelque chose de vraiment neuf à l'intersection des genre(s) et thématiques avec lesquels Évanouis tente de jouer.