Del Toro signe un Frankenstein somptueux, profondément mélancolique et violemment humain. Fidèle à son esthétique romantique et gothique, ancrée dans le 19e siècle, il transforme le mythe en une fresque visuelle bouleversante, où chaque plan ressemble à un tableau vivant. Plutôt que d’accentuer la monstruosité physique, le cinéaste choisit d’humaniser la créature pour mieux révéler celle du véritable monstre : un Victor Frankenstein rongé par le rejet et l’obsession. Cette approche plus intime, presque psychologique, recentre l’histoire sur la filiation, la solitude et la responsabilité de “donner la vie”.
Oscar Isaac impressionne en savant mégalo, mais Jacob Elordi lui vole presque la vedette avec une créature fragile, touchante et tragique.
Un conte noir, d’une beauté à couper le souffle, où Del Toro signe peut-être son film le plus subtil.