Good Boy
5.8
Good Boy

Film de Ben Leonberg (2025)

Un concept original, un résultat... correct.

"Good Boy" de Ben Leonberg est un film d'horreur qui, par son concept unique, mérite amplement l'attention, mais dont l'exécution, malgré une prouesse technique et émotionnelle, montre certaines limites qui l'empêchent d'atteindre l'excellence.

Les Points Forts : L'Originalité et l'Émotion Un Concept de Mise en Scène Génial (Le Point de Vue Canin) ​C'est la raison d'être du film. Le choix de raconter une histoire de maison hantée intégralement à hauteur de chien est une idée simple qui frôle le génie. La caméra est constamment au ras du sol, les humains sont souvent coupés au niveau du cou, devenant des torses anonymes ou des présences floues. Ce parti pris crée une immersion sensorielle fascinante, faisant du spectateur le compagnon canin de Todd, se concentrant sur les sons, les ombres et les odeurs. C'est audacieux et parvient réellement à renouveler un genre très codifié.​ Indy, le propre chien du réalisateur, est la star incontestée et l'ancre émotionnelle du film. Le réalisateur Ben Leonberg (son maître) a réussi à filmer des réactions naturelles et une véritable alchimie. L'instinct, l'inquiétude, la peur et surtout la loyauté inébranlable d'Indy traversent l'écran avec une sincérité dévastatrice. Le film devient une histoire poignante de dévotion. On tremble pour le chien, on comprend ses signaux d'alarme, et c'est ce lien viscéral qui porte l'émotion et l'horreur.

Une Atmosphère Stylisée et Oppressante

​Le film utilise ingénieusement les ombres, les bruits sourds et une lumière souvent faible (ou très contrastée) pour bâtir une tension psychologique. Même sans terreur frontale constante, la peur s'installe dans l'attente et la perception hypersensible d'Indy. Le film est visuellement soigné, prouvant qu'un micro-budget peut être exploité avec inventivité.

​Les Points Faibles : Un Souffle Narratif Limité

Le Récit "Étiré"

​Bien que sa courte durée (environ 73-78 minutes) soit un choix intelligent, le film donne parfois l'impression d'être une idée de court-métrage étirée pour devenir un long. Le scénario, au-delà du concept de la "maison hantée vue par le chien", manque de substance. Les éléments surnaturels ou l'histoire de la maison (concernant le grand-père et les entités) sont effleurés et restent vagues, ce qui peut laisser le spectateur sur sa faim en termes de mythologie.

Répétitivité et Rythme Inégal

​Le maintien constant du point de vue canin, bien que brillant, conduit inévitablement à des moments dits "languides" ou "mondains", où Indy se promène, renifle, ou observe. Après une heure, le dispositif commence à s'essouffler et l'attente de l'action ou de l'horreur peut devenir frustrante. Le rythme est parfois inégal, alternant des pics de tension réussis et des séquences plus lentes qui peinent à remplir le format long-métrage.

Les Personnages Humains Sont Sacrifiés

​Par nécessité du concept, les personnages humains, y compris Todd, sont relégués à des rôles périphériques. Cela limite la profondeur émotionnelle des interactions humaines et rend difficile de s'attacher pleinement à la situation de Todd au-delà du lien avec son chien. Les performances humaines sont forcément un peu rigides ou inégales, car les acteurs sont des éléments de décor pour Indy plutôt que des personnages à part entière.

Conclusion : Un Joli "Good Boy", Mais Pas un "Great Boy"

​"Good Boy" est une œuvre conceptuelle réussie qui restera dans les mémoires pour sa perspective audacieuse et l'interprétation remarquable de son acteur canin, Indy.

​Il est à voir pour : son audace formelle, son atmosphère horrifique viscérale et le portrait incroyablement touchant de la loyauté canine.

​​Il décevra ceux qui : recherchent un scénario d'horreur riche en rebondissements, une explication claire des entités, ou une profondeur dans le développement des personnages humains.

​Note finale : 6/10. C'est un film d'horreur original et émouvant qui exploite brillamment son gimmick, mais qui ne parvient pas à transcender les limites narratives que ce même gimmick lui impose. Il s'agit d'une expérience unique et d'un beau film sur la relation homme-chien, mais d'un thriller surnaturel un peu mince.

DirtyVal
6
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le 13 oct. 2025

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DirtyVal

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8

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