Un chien loyal, un maître menacé, et un mal invisible tapi dans l’ombre… Ben Leonberg signe avec Good Boy un thriller horrifique qui tente de gratter sous la surface du lien homme-animal pour y déterrer quelque chose de plus sombre, plus primal. L’intention est belle, mais la morsure manque un peu de venin.
Dès les premières minutes, le film installe une atmosphère lourde, presque suffocante. La caméra s’attarde sur les gestes du chien, sur les silences de son maître — une mise en scène minimaliste, presque hypnotique, qui évoque les films d’angoisse à l’ancienne. Leonberg sait cadrer, sait faire monter la tension sans trop en montrer, et cette retenue fonctionne… jusqu’à ce qu’elle devienne frustration. On voudrait que le film aboie plus fort, qu’il morde franchement, mais il se contente souvent de grogner.
Shane Jensen, dans le rôle du maître, livre un jeu tout en nervosité contenue — un regard perdu entre amour et paranoïa. Arielle Friedman (Vera) apporte une touche d’humanité fragile, bien que son personnage manque de consistance. Et Larry Fessenden, toujours excellent en figure inquiétante, impose une présence magnétique dès qu’il apparaît à l’écran.
La musique, elle, se glisse comme un souffle glacé derrière chaque scène : nappes électroniques et cordes étouffées, parfaites pour renforcer ce sentiment que quelque chose, quelque part, observe. C’est peut-être le meilleur atout du film son ambiance sonore, plus oppressante que les rares jump scares.
Mais malgré quelques éclats, Good Boy donne la sensation d’un film qui hésite : trop sage pour le pur cauchemar, trop abstrait pour la vraie émotion. Il intrigue, fascine par moments, mais ne parvient pas à mordre durablement.